Votez Pour Moi

Sujets .:. Expérience scientifique

Sujet clôturé

Expérience scientifique

avatar gameknight
De gameknight
Le 22/04/22 à 10:20:01

Aller au contenu
Afficher?/?masquer la barre latérale

Wikipédial'encyclopédie libre
Rechercher sur Wikipédia
Créer un compte

Outils personnels

ArticleDiscussion
LireModifierModifier le codeVoir l’historique
Accueil
Portails thématiques
Article au hasard
Contact
Contribuer
Débuter sur Wikipédia
Aide
Communauté
Modifications récentes
Faire un don
Outils
Pages liées
Suivi des pages liées
Téléverser un fichier
Pages spéciales
Lien permanent
Informations sur la page
Citer cette page
Élément Wikidata
Modifier les liens interlangues
Imprimer?/?exporter
Créer un livre
Télécharger comme PDF
Version imprimable
Dans d’autres projets
Wikimedia Commons
Wikispecies
Langues
Sur cette version linguistique de Wikipédia, les liens interlangues sont placés en haut à droite du titre de l’article.
Aller en haut.

Ailurus fulgens
Petit panda, Panda éclatant, Panda roux

(Redirigé depuis Panda roux)
Page d’aide sur l’homonymie
Pour les articles homonymes, voir Panda.

Ailurus fulgens
Description de cette image, également commentée ci-après
Un individu en captivité.
Classification selon MSW
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Cohorte Placentalia
Ordre Carnivora
Sous-ordre Caniformia
Famille Ailuridae
Genre

Ailurus
F.G. Cuvier, 1825
Espèce

Ailurus fulgens
F.G. Cuvier, 1825
Statut CITES

Sur l'annexe I de la CITES Annexe I , Rév. du 16-2-1995
Statut de conservation UICN

(EN)
ENA2cde+3cde+4cde : En danger

Répartition géographique

Description de cette image, également commentée ci-après
En rouge sur la carte.
Le Petit panda ou Panda roux (Ailurus fulgens), parfois appelé « Panda fuligineux » ou « Panda éclatant », est un mammifère protégé et en danger d'extinction de la famille des Ailuridés. Le panda roux est originaire de l'Himalaya et du Sud-Ouest de la Chine et préfère vivre dans les forêts montagneuses mixtes tempérées de la région, riches en bambou.

Le panda roux a une fourrure brun rougeâtre, une longue queue hirsute et une démarche dandinante en raison de ses pattes avant plus courtes ; il est à peu près de la taille d'un chat, bien que son corps soit plus long. Il est arboricole et a un régime alimentaire omnivore, essentiellement végétarien et riche en bambous, alors qu'il appartient à l'ordre des carnivores. C'est un animal solitaire, principalement actif du crépuscule à l'aube, et il est largement sédentaire pendant la journée.

Le panda roux est le seul membre vivant du genre Ailurus et de sa famille des Ailuridés. Malgré son nom, il n'est pas proche du panda géant. Il a déjà été placé dans les familles du raton laveur et de l'ours, mais les résultats de l'analyse phylogénétique appuient fortement sa classification taxonomique dans sa propre famille, Ailuridae, qui fait partie de la superfamille des mustéloïdes avec les familles de la belette, du raton laveur et de la mouffette. Traditionnellement, les biologistes pensaient qu'il comportait deux sous-espèces. Cependant, les résultats des analyses génétiques indiquent qu'il existe probablement deux espèces distinctes de panda roux, le panda roux chinois et le panda roux de l'Himalaya, qui ont divergé génétiquement il y a environ 250 000 ans.

Il est inscrit en tant qu'espèce menacée sur la liste rouge de l'UICN, car la population sauvage est estimée à moins de 10 000 individus matures et continue à décliner en raison de la perte et de la fragmentation de son habitat, du braconnage et de la consanguinité.


Sommaire
1 Étymologie et dénominations
1.1 Étymologie
1.2 Noms
2 Morphologie et anatomie
3 Comportement
3.1 Sociologie et comportements territoriaux
3.2 Alimentation
3.3 Reproduction
3.4 Communication
4 Écologie
4.1 Régime alimentaire
4.2 Maladies et parasites
4.3 Ennemis et concurrents
5 Biogéographie
5.1 Habitat
5.2 Répartition
6 Taxonomie et évolution
6.1 Historique
6.2 Phylogénétique
6.3 Évolution
6.4 Espèces ou sous-espèces ?
7 L'espèce et l'humain
7.1 Statut de protection
7.1.1 Menaces
7.1.2 Protection
7.2 Initiatives in situ
7.3 En captivité
7.4 Domestication
7.5 Le petit panda dans la culture
7.5.1 Dans les pays de son aire de répartition
7.5.2 Dans la culture occidentale
7.5.3 Petit panda et Firefox
8 Annexes
8.1 Bibliographie
8.2 Articles connexes
8.3 Références taxonomiques
8.4 Liens externes
9 Notes et références
9.1 Notes
9.2 Références
Étymologie et dénominations
Étymologie
Le terme panda en français a été créé en 1825 par Frédéric Cuvier quand il a identifié l’espèce Ailurus fulgens1, le Panda éclatant et le genre Panda, Ailurus. Son nom occidental provient probablement d'une langue de l'Himalaya, peut-être le népalais, mais sa signification reste incertaine. Selon une théorie, le mot « panda » serait une anglicisation de poonya qui signifie le « mangeur de bambou ». Son nom chinois ??? (xi?oxióngm?o) s'analyse morphologiquement comme « petit chat-ours»note 1.

Ce petit animal est parfois appelé firefox en anglais, une traduction de son surnom chinois moins utilisé h?o hú (??), littéralement « renard de feu » également par référence à sa couleur2.

Le nom scientifique Ailurus est une latinisation du grec ancien ailuros, désignant le chat et signifiant littéralement « balance-queue » (aiol + ouros). Quant à fulgens, il signifie éclatant, brillant (comme un éclair)3.

Noms
Nom scientifique valide : Ailurus fulgens F.G. Cuvier, 18254,
Noms vulgaires (vulgarisation scientifique) recommandés ou typiques en français : Petit panda5,6,7,8,9 ou Panda éclatant10,6,7,8 (vieilli8),
Autres noms vulgaires ou noms vernaculaires (langage français courant) pouvant désigner éventuellement d'autres espèces : Panda roux6,7,11, Panda rouge12, Panda doré8, Renard de feu10 ou encore Panda fuligineux13,11.
En anglais : lesser panda5, red panda5, cat-bear5, small panda13, firefox.

Les sous-espèces sont nommées :

Ailurus fulgens fulgens - Petit panda de l'Inde14 ou Panda fuligineux11 ;
Ailurus fulgens styani - Petit panda de Styan14,11.
Noms locaux et autochtones pour Ailurus fulgens
Morphologie et anatomie

Panda roux descendant un arbre tête la première.

Crâne de petit panda.

Le Petit panda est capable de se tenir debout.
Le panda roux fait de 50 à 64 cm de long pour la tête et le corps tandis que sa queue fait de 28 à 59 cm. Les mâles pèsent de 3,7 à 6,2 kg et les femelles de 3 à 6,0 kg16,17,18.

L'espèce a une fourrure longue, douce, brun rougeâtre sur les parties supérieures, une fourrure noirâtre sur les parties inférieures, et un visage clair avec des marquages faciaux en forme de larmes ainsi que des caractéristiques dentaires cranio-dentaires robustes (en). Le visage clair a des insignes blancs semblables à ceux d'un raton laveur, mais chaque individu peut avoir des marques distinctives. La tête arrondie a des oreilles droites de taille moyenne, un nez noir et des yeux noirâtres. Sa longue queue touffue avec six anneaux ocre transversaux alternés19 et une pointe noire[réf. nécessaire] fournit un équilibre et un excellent camouflage pour leur habitat d'arbres recouverts de mousse et de lichen. Les jambes sont noires et courtes avec une fourrure épaisse sur la plante des pattes. Cette fourrure sert d'isolation thermique sur les surfaces enneigées ou glacées et dissimule les glandes olfactives qui sont également présentes sur l'anus19.

Le panda roux est spécialisé dans l'alimentation au bambou avec des griffes fortes, courbes et semi-rétractiles16 pour saisir les branches d'arbres étroites, les feuilles et les fruits. Comme le panda géant, il a un « faux pouce » qui est une extension de l'os du poignet. Quand il descend un arbre tête la première, le panda roux tourne sa cheville pour contrôler sa descente, ce qui en fait une des rares espèces grimpantes à en être capable20.

Comportement
Sociologie et comportements territoriaux
0:08
Sons d'un panda roux en train de gazouiller.
Le panda roux est territorial ; il est solitaire sauf pendant la saison de reproduction. Il est généralement calme, à l'exception de certains gazouillis, piaillements et sifflements de communication. On a signalé qu'il est à la fois nocturne et crépusculaire, dormant sur les branches d'arbres ou dans les creux des arbres pendant la journée et augmentant son activité en fin d'après-midi et en début de soirée16. Il dort allongé sur une branche avec les membres pendantes lorsqu'il fait chaud, et recroquevillé avec sa queue sur la face lorsqu'il fait froid. Il est très sensible à la chaleur, avec une température de « bien-être » optimale entre 17 et 25 °C21.

Peu après leur réveil, le panda roux nettoie sa fourrure un peu comme le ferait un chat, en léchant ses pattes avant puis en se frottant le dos, le torse et les flancs. Il frotte aussi son dos et son ventre le long des arbres ou des rochers. Puis il patrouille son territoire, le marquant avec de l'urine et une sécrétion faiblement musquée de leurs glandes anales. Il cherche de la nourriture en courant sur le sol ou dans les arbres. Le panda roux peut utiliser ses pattes avant en alternance pour porter la nourriture à sa gueule, ou bien la placer directement dans sa gueule16.

Alimentation
Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue ! Comment faire ?
Individu en train de grignoter du bambou.
Les pandas roux sont d'excellents grimpeurs et se nourrissent surtout dans les arbres. Ils mangent surtout du bambou et peuvent se nourrir de petits mammifères, d'oiseaux, d'œufs, de fleurs et de baies. En captivité, ils ont été observés en train de manger des oiseaux, des fleurs, des feuilles d'érable et de mûrier, de l'écorce et des fruits de l'érable, du hêtre et du mûrier16.

Reproduction
Article détaillé : Cycle de vie du panda roux.
Cette section a besoin d'être recyclée (29 mars 2018).
Une réorganisation et une clarification du contenu sont nécessaires. Améliorez-le ou discutez des points à améliorer.

Petits pandas en copulation au Zoo d'Asahiyama, au Japon.
La reproduction du Panda roux est encore mal comprise des biologistes. Il reste ainsi des questions non résolues, telles si la femelle peut avoir une ovulation induite (en), entre en chaleurs une ou plusieurs fois pendant la saison des amours, et si oui ou non l'implantation de l'embryon dans l'utérus est différée (en). Déchiffrer les particularités de la reproduction de l'espèce permettrait de recréer des environnements fidèles au milieu naturel, pour réduire la mortalité à la naissance des individus captifs puis réintroduire des pandas roux à l'état sauvage22.

Dans la nature, le Panda roux vit probablement en solitaire la plupart du temps et ne se trouve en petits groupes que pendant la saison de reproduction23. Elle correspond à la période typique d'activité des gonades dans l'espèce. Selon les individus élevés en captivité, la période d'œstrus de la femelle s'étale sur la fin de l'hiver, soit de janvier à mars dans l’hémisphère nord et de juin à août dans l'hémisphère sud23. Cela permet aux petits de naître au printemps, lorsque la disponibilité de la nourriture, des matériaux de nidification et la sécurité des autres prédateurs à la mise bas sont favorables à leur survie23.

La gestation dure en moyenne 135 jours et la femelle met en général deux petits au monde mais il peut y en avoir trois ou quatre. À la naissance, les petits ont déjà une fourrure (grise qui devient rousse en grandissant), ne mesurent que 6 cm et ne pèsent que 100 grammes. Ils sont d'abord aveugles et n'ouvrent les yeux qu'au bout de 18 jours. Dépendants, ils ne sortent de la tanière qu'après 90 jours et vivent avec leur mère jusqu'à la période de reproduction suivante. Ils sont sevrés après 5 mois. Ils atteignent leur maturité sexuelle entre 18 et 20 mois[réf. nécessaire].


Mère en train de s'occuper de son petit.
Les pandas roux peuvent se reproduire vers l'âge de 18 mois et atteignent leur pleine maturité à l'âge de deux ou trois ans. Les adultes interagissent rarement dans la nature, sauf pour s'accoupler. Les deux sexes peuvent s'accoupler avec plus d'un partenaire pendant la saison des amours, de la mi-janvier au début mars. Quelques jours avant la naissance, les femelles commencent à rassembler des matériaux, comme des broussailles, de l'herbe et des feuilles, pour construire un nid, qui se trouve normalement dans un arbre creux ou une fissure rocheuse. Après une période de gestation de 112 à 158 jours, la femelle donne naissance, de la mi-juin à la fin juillet, de un à quatre (habituellement 1 à 2) petits aveugles et sourds pesant de 110 à 130 g chacun16.

Après la naissance, la mère nettoie les petits et peut reconnaître chacun d'eux par son odeur. Au début, elle passe de 60 % à 90 % de son temps avec les petits. Après la première semaine, la mère commence à passer plus de temps à l'extérieur du nid, revenant toutes les quelques heures pour allaiter et toiletter les petits. Elle déplace fréquemment les jeunes parmi plusieurs nids, qu'elle garde propres. Les petits commencent à ouvrir les yeux vers l'âge de 18 jours. À environ 90 jours, ils ont atteint la pleine fourrure d'adulte et la coloration, et commencent à s'aventurer hors du nid. Ils commencent aussi à manger des aliments solides à ce moment-là, en se sevrant vers l'âge de six à huit mois. Les petits restent avec leur mère jusqu'à ce que la prochaine portée naisse l'été suivant. Les mâles aident rarement à élever les jeunes, et seulement s'ils vivent en paires ou en petits groupes16.

À l'état sauvage, la durée de vie typique d'un panda roux se situe entre huit et dix ans, mais peut aller jusqu'à 14 ans24. En captivité, l'espérance de vie est d'en moyenne 13,4 ans24, et un individu a réussi à atteindre l'âge de 19 ans25.

Communication
Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue ! Comment faire ?
En fonction de son état émotionnel, le panda aboie, couine ou émet d'autres sons.

Écologie
Régime alimentaire

Le panda roux se nourrit principalement de bambou, même si son régime n'est pas totalement herbivore.

Un panda roux se nourrissant du fruit de saison du Sorbus wardii, dans la région de l'Himalaya.

panda roux qui va manger du bambou
Comme le panda géant, le petit panda ne peut pas digérer la cellulose et doit donc consommer un grand volume de bambou pour survivre. Leur régime alimentaire se compose d'environ deux tiers de bambou, de préférence les feuilles et jeunes pousses, mais ils mangent aussi des champignons, des racines, des glands, des lichens et des graminées. À l'occasion, ils complètent leur alimentation avec des poissons, des insectes26,27, des oiseaux16 ou de petits mammifères28.

Les pousses de bambou sont plus faciles à digérer que les feuilles, présentant la digestibilité la plus élevée en été et en automne, intermédiaire au printemps et la plus faible en hiver. Ces variations sont liées à la teneur en nutriments du bambou. Les pandas roux transforment mal le bambou, en particulier la cellulose et les composants de la paroi cellulaire. Cela sous-entend que la digestion microbienne ne joue qu'un rôle mineur dans leur stratégie digestive. Pour survivre avec ce régime alimentaire de mauvaise qualité, ils doivent manger les sections de haute qualité de la plante de bambou, comme les feuilles et les pousses tendres, en grande quantité, soit plus de 1,5 kg de feuilles fraîches et 4 kg de pousses fraîches par jour. Cet aliment traverse le tube digestif assez vite (environ 2 à 4 heures) afin de maximiser l'apport quotidien en nutriments29. Les petits pandas peuvent détecter le goût d'édulcorants artificiels comme l'aspartame, et sont les seuls non-primates connus à pouvoir le faire30.

Maladies et parasites
Au Japon, ont été rapportés un cas de petit panda souffrant de schistosomiase japonaise, un cas de douve pulmonaire ayant causé la mort du sujet par pneumonie et des cas d'infections à Dirofilaria immitis31,32,33.

Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue ! Comment faire ?
Ennemis et concurrents

Panda roux aux aguets.
Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue ! Comment faire ?
Les prédateurs du panda roux sont notamment la Panthère des neiges (Panthera uncia), les mustélidés et les humains. S'il se sent menacé ou perçoit un danger, il peut essayer de s'échapper en grimpant à une pile de rochers ou à un arbre. S'ils ne peuvent plus fuir, ils se tiennent sur leurs pattes arrière pour paraître plus grands et utilisent les griffes acérées de leurs pattes avant pour se défendre[réf. nécessaire].

Biogéographie
Habitat
A Red panda lies sleeping on a branch high in a tree, with tail stretched out behind and legs dangling on each side of the branch
Un petit panda en train de dormir.
Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue pour ajouter des informations sur l'habitat de repos de l'espèce !
Le petit panda vit entre 2 200 et 4 800 m d'altitude et habite des zones aux températures modérées entre 10 et 25 °C avec peu de variations annuelles. Il préfère les forêts montagneuses mixtes de feuillus et de conifères, surtout celles avec de vieux arbres et des sous-bois denses de bambou16,34.

Répartition
Le panda roux est endémique des forêts tempérées de l'Himalaya, et des chaînes de piedmont du Népal à l'Ouest et de la Chine à l'Est34. Sa limite la plus à l'Est est la chaîne des Monts Qinling de la province du Shaanxi en Chine. Sa répartition inclut le Tibet méridional, le Sikkim et Assam en Inde, le Bhoutan, les montagnes septentrionales de Birmanie, et le Sud-Ouest de la Chine, dans les Monts Hengduan de la province du Sichuan, ainsi que les monts Gongshan de la province du Yunnan. Il peut également vivre au Sud-Ouest du Tibet et au Nord de l'Arunachal Pradesh, mais cela n'a pas été documenté. Les lieux comportant la plus grande densité de pandas roux incluent une aire de l'Himalaya supposée avoir été le refuge d'un ensemble d'espèces endémiques durant le Pléistocène. L'aire de répartition du panda roux doit être considérée comme constituée d'aires séparées plutôt que comme un ensemble continu16. Une population relique distincte pourrait habiter les forêts sous-tropicales du plateau du Meghalaya, au Nord-Est de l'Inde35, mais des investigations plus poussées sont nécessaires pour confirmer sa présence36.

Lors d'une étude durant les années 1970, des signes de présence de pandas roux ont été trouvés dans la réserve de chasse de Dhorpatan, au Népal37. Leur présence a été confirmée au printemps 2007 lorsque quatre individus ont été observés à des altitudes allant de 3 220 à 3 610 m38. La limite orientale de l'espèce se trouve dans le parc national de Rara, situé à l'ouest de la réserve de chasse de Dhorpatan39 Leur présence a été confirmée en 200840.

Les populations de panda roux dans la province du Sichuan sont plus importantes et plus stables que celle du Yunnan, laissant penser à une expansion vers le Sud, depuis le Sichuan vers Yunnan durant l'Holocène41.

Le panda roux a été extirpé des provinces chinoises du Guizhou, Gansu, Shaanxi, et Qinghai42.

Taxonomie et évolution
Historique

Thomas Hardwicke est le premier Occidental à décrire scientifiquement le Panda roux sous le nom « Wha ».
La première trace écrite connue sur le Petit panda se trouve dans un rouleau chinois du xiiie siècle qui représente une scène de chasse entre des chasseurs et le Panda roux43,44.

La présentation en 1821 par le major-général Thomas Hardwicke d'un article intitulé « Description d'un nouveau genre de mammifères de la classe Mammalia, de la chaîne des collines de l'Himalaya entre le Népal et les montagnes enneigées »note 2 à la Linnean Society of London est souvent considérée comme le moment où le Panda roux est devenu une espèce authentique dans la science occidentale. Hardwicke a proposé le nom « wha » et expliqué : « Il est fréquemment découvert par son cri ou son appel, ressemblant au mot « Wha », répétant souvent le même : c'est pourquoi il est dérivé d'un des noms locaux par lesquels il est connu. Il est aussi appelé Chitwa. »note 3 Le document d'Hardwicke n'a pas été publié avant 1827, où Frédéric Cuvier avait alors publié sa description et une figure. Le nom taxonomique proposé à l'origine par Hardwicke a été retiré de la publication de son article en 1827 avec sa permission, et le nom est maintenant attribué à Cuvier45,46.


Panda roux en captivité.
Frédéric Cuvier avait reçu le spécimen qu'il a décrit du beau-fils de son frère, Alfred Duvaucel, qui l'avait envoyé « des montagnes du nord de l'Inde ». Il a été le premier à utiliser le nom binomial Ailurus fulgens et le nom vernaculaire panda dans sa description de l'espèce publiée en 1825 dans l'Histoire naturelle des mammifères1. Ailurus est adopté du mot grec ancien ???????? (ailouros), qui signifie « chat »47. L'épithète spécifique fulgens signifie « brillant » en latin48. Panda (en) est une déesse romaine de la paix et des voyageurs qui était appelée avant de commencer un voyage difficile49. On ignore s'il s'agit de l'origine du nom vernaculaire français panda[réf. nécessaire]. Des publications ultérieures affirment que le nom a été adopté à partir d'une langue himalayenne[réf. nécessaire].

En 1847, Hodgson a décrit un panda roux sous le nom d'Ailurus ochraceus. Pocock a conclu qu'il représente le même type qu'Ailurus fulgens car la description des deux est très proche. Il a subordonné les deux types à la sous-espèce de panda roux de l'Himalaya Ailurus fulgens fulgens19.

Phylogénétique

Petits pandas au zoo d'Amnéville.
Article principal : Ailuridae.
La classification taxonomique du panda roux fait l'objet de controverses dès sa découverte. Le zoologiste français Frédéric Cuvier a d'abord décrit le panda roux en 1825 et l'a classé comme un proche parent du raton laveur (Procyonidae), bien qu'il lui ait donné le nom de genre Ailurus, (du grec ancien ????????, « chat ») en se basant sur des similitudes superficielles avec les chats domestiques. L'épithète spécifique est l'adjectif latin fulgens (« brillant »)50.

L'espèce a été placée à différents moments dans les Procyonidae, dans les Ursidae avec Ailuropoda (panda géant) chez les Ailuropodinae (jusqu'à ce que cette famille soit déplacée dans les Ursidae), puis dans sa propre famille, les Ailuridae. Cette incertitude vient de la difficulté à déterminer si certaines caractéristiques d'Ailurus sont phylogénétiquement conservatrices ou si elles sont dérivées et convergentes avec des espèces aux habitudes écologiques similaires16.


Panda roux rongeant un buisson de bambou exfolié.
Les preuves basées sur les fossiles, la sérologie, la caryologie, le comportement, l'anatomie et la reproduction reflètent des affinités plus étroites avec les Procyonidae qu'avec les Ursidae. Cependant, des spécialisations écologiques et de fourrageage, ainsi qu'une distribution géographique distincte par rapport aux Procyonidés modernes soutiennent la classification dans la famille distincte des AiluridésMammal Species of the World (version 3, 2005) (26 novembre 2020)4,16,51.

Des recherches ADN systématiques moléculaires récentes placent également le panda roux dans sa propre famille, les Ailuridae, une partie de la grande super-famille Musteloidea qui comprend également la mouffette, le raton laveur et la belette51,52,53. Il serait la seule espèce encore vivante de la famille.

It is not a bear, nor closely related to the giant panda, nor a raccoon, nor a lineage of uncertain affinities. Rather it is a basal lineage of musteloid, with a long history of independence from its closest relatives (skunks, raccoons, and otters/weasels/badgers).

— Flynn et al., Whence the Red Panda53 p. 197

« Ce n'est ni un ours, ni un proche parent du panda géant, ni un raton laveur, ni une lignée d'affinités incertaines. Il s'agit plutôt d'une lignée basale de mustéloïdes, avec une longue histoire d'indépendance par rapport à ses parents les plus proches (mouffettes, ratons laveurs, loutres, belettes et blaireaux). »

— Whence the Red Panda53 p. 197

Évolution
Le panda roux est considéré comme un fossile vivant et seulement très vaguement apparenté au panda géant (Ailuropoda melanoleuca), car il est naturellement plus proche des autres membres de la super-famille Musteloidea à laquelle il appartient. L'ancêtre commun des deux pandas était aussi un ancêtre pour tous les ours vivants, les pinnipèdes comme les phoques et les morses, et les membres de la famille Musteloidea comme les belettes et les loutres. Il peut être retracé jusqu'à la période du Tertiaire Inférieur il y a des dizaines de millions d'années, avec une répartition importante à travers l'Eurasie.

Des fossiles du panda roux éteint Parailurus anglicus ont été déterrés de la Chine à l'Est jusqu'à la Grande-Bretagne à l'ouest54. En 1977, une dent seule de Parailurus a été découverte dans la Formation pliocène de Ringold, au Washington. Ce premier signalement nord-américain est presque identique aux spécimens européens et révèle l'immigration de cette espèce en provenance d'Asie55. En 2004, la dent d'une espèce de panda roux jamais vue auparavant en Amérique du Nord a été découverte sur le site de fossiles de Gray (en), dans le Tennessee. La dent date d'il y a 4,5 à 7 millions d'années. Cette espèce, décrite sous le nom Pristinailurus bristoli, indique qu'une deuxième lignée ailurine plus primitive habitait l'Amérique du Nord pendant le Miocène. L'analyse cladiste suggère que Parailurus et Ailurus sont des taxons frères54,56. D'autres fossiles de Pristinailurus bristoli ont depuis été découverts sur le site de fossiles de Gray en 201057 et en 201258. La fréquence à laquelle on trouve des fossiles de panda sur le site de fossiles de Gray suggère que l'espèce a joué un rôle important dans l'écosystème global de la région[réf. nécessaire].

La découverte en Espagne des restes post-crâniens (en) de Simocyon batalleri, un parent du panda roux vivant au Miocène, soutient l'hypothèse d'une relation de groupes frères entre pandas roux et ours. Cette découverte suggère que le « faux pouce » du panda roux est une adaptation à la locomotion arboricole, indépendante de l'adaptation du panda géant pour manipuler le bambou. Il s'agit en zoologie d'un des cas les plus remarquables de convergence évolutive chez les vertébrés59.

Espèces ou sous-espèces ?
La classification du panda roux en deux espèces ou deux sous-espèces est débattue dans la communauté scientifique. Dans l'ouvrage de référence de 2011 Red Panda, Colin Groves affirme à partir de comparaisons crâniennes, d'analyses des éléments extérieurs et de génétique moléculaire faites sur différents spécimens qu'il existe deux espèces distinctes. Ainsi, le panda roux peut être divisé en Panda roux himalayen (Ailurus fulgens) et en Panda roux de Styan (Ailurus styani). Il fait aussi remarquer l'absence de données sur de grandes parties de l'aire de répartition d'Ailurus. Cela laisse ouvert la possibilité qu'il existe d'autres espèces ou sous-espèces de panda roux60,61.

En outre, le nom Ailurus fulgens refulgens est parfois utilisé à tort pour A. f. styani. Il s'agit d'un lapsus réalisé par Henri Milne-Edwards dans son article de 1874 « Recherches pour servir à l'histoire naturelle des mammifères comprenant des considérations sur la classification de ces animaux »62, faisant de A. f. refulgens un nomen nudum19,63. L'édition la plus récente de la base de données Mammal Species of the World (littéralement en français « Les espèces de mammifères du monde ») nomme toujours la sous-espèce A. f. refulgens4. Cela a été corrigé dans des ouvrages plus récents, notamment dans A guide to the Mammals of China et dans l'encyclopédie papier Handbook of the Mammals of the World, Volume 1 : Carnivores64.

En 2020, les résultats d'une analyse phylogénétique d'échantillons de pandas roux ont montré que les pandas roux de Chine et de l'Himalaya ont été séparés par le fleuve Salouen il y a environ 250 000 ans. Les deux sous-espèces pourraient être traitées comme des espèces distinctes. Les échantillons analysés ont montré des niveaux élevés de structuration de la population dans toute l'aire de répartition du panda roux65. Cependant, les résultats de cette recherche doivent être traités avec prudence en raison de l'écart d'échantillonnage de plus de 500 km entre les deux espèces proposées, et de l'absence d'analyses morphométriques et d'analyse d'isolement par la distance. En outre, l'utilisation du concept d'espèce phylogénétique pour la délimitation des espèces chez les mammifères a été associée à la division inutile des sous-espèces en espèces66,67.

L'espèce et l'humain
Statut de protection
Menaces
Les principales menaces qui pèsent sur les pandas roux sont la capture directe dans la nature, vivants ou morts, la compétition avec le bétail domestique entraînant la dégradation de l'habitat et la déforestation conduisant à la perte ou la fragmentation de l'habitat. L'importance relative de ces facteurs varie d'une région à l'autre et n'est pas bien comprise34. Par exemple, en Inde, la plus grande menace semble être la perte d'habitat suivie du braconnage, alors qu'en Chine, les plus grandes menaces semblent être la chasse et le braconnage6. Une diminution de 40 % des populations de panda roux a été signalée en Chine au cours des 50 dernières années, et les populations des régions occidentales de l'Himalaya sont considérées comme étant plus réduites42.

La déforestation entrave la propagation des pandas roux et aggrave le morcellement naturel de la population par la topographie et l'écologie, ce qui provoque une grave fragmentation de la population sauvage restante. Moins de 40 animaux de quatre groupes distincts partagent les ressources avec les humains dans le Parc national de Langtang au Népal, où seulement 6 % de ses 1 710 km2 est l'habitat préféré du panda roux. Même si la concurrence directe pour la nourriture avec le bétail domestique n'est pas significative, ce bétail peut ralentir la croissance du bambou en le piétinant68.

Les petits groupes d'animaux ayant peu de possibilités d'échange entre eux sont confrontés au risque de consanguinité, de diminution de la diversité génétique et même d'extinction. En plus, la coupe rase pour le bois de chauffage ou l'agriculture, y compris le terrassement à flanc de colline, enlève les vieux arbres qui fournissent des tanières aux mères et diminue la capacité de certaines espèces de bambou à se régénérer34.

Dans le sud-ouest de la Chine, les pandas roux sont chassés pour leur fourrure, surtout pour leurs queues touffues très appréciées pour produire des toques. Dans ces régions, la fourrure est souvent utilisée pour les cérémonies culturelles locales. Dans les mariages, le marié porte traditionnellement la peau. Les chapeaux « porte-bonheurs » à queue de panda roux sont également utilisés par les jeunes mariés locaux42. Cette pratique est probablement assez ancienne car le panda roux semble être représenté dans un parchemin chinois du xiiie siècle à l'encre de Chine montrant une scène de chasse. Il n'existe peu ou pas de mention du panda roux dans la culture et le folklore népalais43.

Dans le passé, les pandas roux étaient capturés et vendus aux zoos. Angela Glatston, conservatrice au zoo de Rotterdam, a indiqué qu'elle avait personnellement géré 350 pandas roux en 17 ans69.

En raison de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction, ces captures pour les zoos ont considérablement diminué ces dernières années, mais le braconnage se poursuit et les pandas roux sont souvent vendus à des collectionneurs privés à des prix exorbitants. Dans certaines parties du Népal et de l'Inde, les pandas roux sont gardés comme animaux de compagnie70.

Le panda roux a un taux de natalité naturellement bas (généralement une naissance simple ou jumelée par an), et un taux de mortalité élevé dans la nature[réf. nécessaire].

Protection

Vue rapprochée d'un petit panda.

Panda roux, au zoo d'Auckland.
Le Petit panda est inscrit à l'Annexe I de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction71. L'espèce est classée en danger dans la Liste rouge de l'UICN depuis 2008 parce que la population mondiale est estimée à environ 10 000 individus, avec une tendance à la baisse de la population, et parce qu'il n'y a qu'environ la moitié de la superficie totale de l'habitat potentiel de 142 000 km2 qui est effectivement utilisée par l'espèce. En raison de leur nature timide et secrète, et de leurs habitudes largement nocturnes, l'observation des pandas roux est difficile. Par conséquent, les chiffres de population à l'état sauvage sont déterminés par des estimations de la densité de population et non par des comptages directs6.


Panda roux au repos sur un arbre.
Les estimations de la population mondiale varient de moins de 2 50072 pour l'estimation basse à entre 16 000 et 20 000 individus35 pour l'estimation haute. En 1999, la population totale en Chine était estimée entre 3 000 et 7 000 pandas roux42. En 2001, la population sauvage en l'Inde était estimée entre 5 000 et 6 000 individus35. Les estimations pour le Népal n'indiquent que quelques centaines d'individus73. Il n'existe aucun chiffre pour le Bhoutan ou la Birmanie.

Il est difficile de trouver des chiffres de population fiables, en partie parce que d'autres animaux ont été confondus avec le panda roux. Par exemple, un rapport de Birmanie indique que les pandas roux sont encore assez fréquents dans certaines régions ; cependant, la preuve photographique du « panda roux » qui l'accompagne est en fait une espèce de civette74.

Le panda roux est protégé dans tous les pays de son aire de répartition et sa chasse est illégale6. Au-delà, les efforts de protection sont très variables d'un pays à l'autre :

La Chine compte 35 aires protégées, couvrant environ 42,4 % de l'habitat du panda roux6.
L'Inde compte 20 aires protégées avec des populations connues ou possibles de panda roux dans le Sikkim, l'Arunachal Pradesh et le Bengale-Occidental, comme le parc national de Khangchendzonga, le parc national de Namdapha et le parc national de Singalila, et une politique de protection coordonnée pour le panda roux6.
Au Népal, on trouve des populations connues dans le parc national de Langtang, le parc national de Sagarmatha, le parc national de Makalu Barun, le parc national de Rara, l'aire de conservation de l'Annapurna, l'aire de conservation du Kanchenjunga et la réserve de chasse de Dhorpatan75.
Le Bhoutan compte cinq zones protégées qui abritent des populations de panda roux6.
La Birmanie compte 26 aires protégées (en), dont au moins une abrite des populations de panda roux6.
Initiatives in situ
Une forêt gérée par la communauté dans le district d'Ilam, dans l'est du Népal, abrite 15 pandas roux qui génèrent des revenus pour les ménages locaux grâce à des activités touristiques, y compris des séjours à domicile. Les villageois des zones de haute altitude de l'Arunachal Pradesh ont formé l'Alliance pour la conservation du panda roux de Pangchen (« Pangchen Red Panda Conservation Alliance »), qui comprend cinq villages avec une zone forestière communautaire de 200 km2 à une altitude entre 2 500 et plus de 4 000 m76.

En captivité
Une tête pelucheuse entre le chien et le chat, des oreilles blanches, un museau roux avec quelques tâches blanches sur le nez ou les joues, des moustaches blanches, un air vif.
Un ailurus fulgens au zoo de Karlsruhe, en 2019.
Le petit roux s'adapte bien à la vie en captivité et est commun dans les zoos du monde entier. En 1992, plus de 300 naissances avaient eu lieu en captivité et plus de 300 individus vivaient dans 85 institutions à travers le monde77 . En 2001, 182 individus se trouvaient dans les seuls zoos nord-américains78. En 2006, le stud-book international répertoriait plus de 800 individus dans les zoos et les parcs du monde entier. Dans ce nombre, 511 individus de la sous-espèce A. f. fulgens étaient gardés dans 173 institutions79 et 306 individus de la sous-espèce A. f. styani étaient gardés dans 81 institutions80.

Le stud-book international est actuellement géré au zoo de Rotterdam aux Pays-Bas. En coopération avec l'International Red Panda Management Group, ils coordonnent le programme américain pour les espèces menacées en Amérique du Nord, le Programme européen pour les espèces menacées et d'autres programmes d'élevage en captivité en Australie, en Inde, au Japon et en Chine80,81. En 2009, Sarah Glass, conservatrice des pandas roux et des expositions spéciales au zoo de Knoxville (en), à Knoxville au Tennessee, a été nommée coordonnatrice du North American Red Panda Species Survival Plan. Le zoo de Knoxville compte le plus grand nombre de naissances de panda roux en captivité dans l'hémisphère occidental (101 en août 2011). Seul le zoo de Rotterdam a eu plus de naissances en captivité dans le monde entier79,80.

Le parc zoologique himalayen de Padmaja Naidu (en) à Darjeeling, en Inde, a relâché avec succès quatre pandas roux élevés en captivité dans la nature en août et novembre 200381.

Domestication

Panda roux sur un ginkgo.
Un exemple notable de pandas roux gardé comme animaux de compagnie est le cas de l'ancienne Première ministre indienne Indira Gandhi. Les pandas ont été présentés à sa famille en tant que cadeau, avant d'être ensuite hébergés dans « une maison spéciale dans un arbre »82.

Le petit panda dans la culture
Dans les pays de son aire de répartition
Le panda roux est considéré comme l'animal symbole du Sikkim depuis le début des années 199083 et a été la mascotte du Darjeeling Tea Festival43.

Dans la culture occidentale
En 2005, Babu, un panda roux mâle du Birmingham Nature Centre à Birmingham, au Royaume-Uni, s'est échappé et est devenu brièvement une célébrité médiatique84,85 avant d'être recapturé. Il a ensuite été élu « Brummie (en) de l'année », devenant ainsi le premier animal à recevoir cet honneur84,85. Rusty, un panda roux mâle au zoo national de Washington DC, a également attiré l'attention des médias lorsqu'il s'est brièvement échappé en 201386,87.

En fiction, Bambou, personnage principal dans la série d'animation Bambou et Compagnie, est un panda roux[réf. nécessaire]. L'animal-totem de Li Xiong Mao88, dans Freaks' Squeele, une série de bande dessinée entamée en 2008 de Florent Maudoux ; Maître Shifu est un panda roux anthropomorphe professeur de kung fu, dans le film Kung Fu Panda de 2008 ainsi que dans les autres histoires se déroulant dans le même univers89. Le panda roux Futa a inspiré le personnage de Pabu, le « furet de feu » accompagnant le groupe de héros (principalement de Bolin) dans la série télévisée animée américaine La Légende de Korra90.

Petit panda et Firefox
Article détaillé : Mozilla Firefox#Identité visuelle.
Le petit panda donne son nom au navigateur web Firefox, dérivé de la suite logicielle libre Mozilla. En effet, le mot « firefox » est en anglais un surnom du panda roux91,92. Cependant, l'animal montré dans le logo est un renard stylisé93. La Fondation Mozilla a adopté, en décembre 2010, deux bébés panda roux pendant quelques mois94.

Le mot anglais Firefox (renard de feu) est souvent annoncé comme étant une traduction littérale du mot Chinois pour Red Panda95,96,97,98,99. Cependant le mot chinois ?? dont il est question concerne100,101,102 le logiciel Mozilla Firefox et non l'animal qui se dit ???103 et ???104.

Annexes
Sur les autres projets Wikimedia :

Ailurus fulgens, sur Wikimedia Commons
Ailurus fulgens, sur Wikispecies
Bibliographie
(en) Angela R. Glatston (dir.), The Red Panda, Olingos, Coatis, Raccoons, and Their Relatives, Union internationale pour la conservation de la nature, 1994, 59 p. (ISBN 2-8317-0046-9, lire en ligne [archive] [PDF])
(en) Angela R. Glatston (dir.), Red Panda : Biology and Conservation of the First Panda, William Andrew, 2010, 488 p. (ISBN 9781437778137, OCLC 690641639, présentation en ligne [archive], lire en ligne [archive])
Articles connexes
Panda géant
Références taxonomiques
(en) Référence Mammal Species of the World (3e éd., 2005) : Ailurus fulgens F. G. Cuvier, 1825 [archive]
(en) Référence Brainmuseum [archive] : Ailurus fulgens [archive]
(en) Référence Tree of Life Web Project : Ailurus fulgens [archive]
(fr) Référence Catalogue of Life : Ailurus fulgens F. G. Cuvier, 1825 [archive]
(fr+en) Référence ITIS : Ailurus fulgens F. G. Cuvier, 1825 [archive]
(en) Référence Animal Diversity Web : Ailurus fulgens [archive]
(en) Référence NCBI : Ailurus fulgens [archive] (taxons inclus [archive])
(en) Référence UICN : espèce Ailurus fulgens F.G. Cuvier, 1825 [archive]
(fr+en) Référence CITES : espèce Ailurus fulgens F. G. Cuvier, 1825 [archive] (+ répartition [archive]) (sur le site de l’UNEP-WCMC)
(fr) Référence CITES : taxon Ailurus fulgens [archive] (sur le site du ministère français de l'Écologie)
Liens externes
Notices d'autorité : Bibliothèque du CongrèsGemeinsame NormdateiBibliothèque nationale de la DièteBibliothèque nationale d’Israël
Ressources relatives au vivant : (en) Animal Diversity Web [archive](en) ARKive [archive](cs + en) BioLib [archive](en) Paleobiology Database [archive](en) Global Biodiversity Information Facility [archive](en) iNaturalist [archive](en) Interim Register of Marine and Nonmarine Genera [archive](en) Invasive Species Compendium [archive](en) Mammal Species of the World [archive](en) Species+ [archive](en) Système d'information taxonomique intégré [archive](en) Union internationale pour la conservation de la nature [archive]
Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste : Encyclopædia Britannica [archive]
(fr) (en) Référence Fonds documentaire ARKive [archive] : Ailurus fulgens [archive]
(fr) Petit panda ou panda roux [archive] sur le site dinosoria.com [archive]
Notes et références
(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Red panda » (voir la liste des auteurs).
Notes
En chinois, le nom déterminé est à la fin du groupe nominal, c'est donc « chat avec des caractères d'ours », alors que ce n'est pas un félin. L'origine de cette erreur tiendrait à une erreur de sens de lecture à une époque où le chinois se lisait de droite à gauche.
(en) « Description of a new Genus of the Class Mammalia, from the Himalaya Chain of Hills Between Nepaul and the Snowy Mountains ».
(en) « It is frequently discovered by its loud cry or call, resembling the word ‘Wha’, often repeating the same: hence is derived one of the local names by which it is known. It is also called Chitwa. »
Références
Étienne Geoffroy Saint-Hilaire et Frédéric Cuvier, Histoire naturelle des mammifères : avec des figures originales, coloriées, dessinées d'après des animaux vivans, t. 5, Paris, A. Belin, juin 1825 (lire en ligne [archive]), « Panda. », p. 242-246
« FIREFOX EST-IL UN PANDA ROUX OU UN RENARD DE FEU ? » [archive], sur Univers de Panda (consulté le 14 mars 2022)
« DicoLatin - Correspondance pour FULGENS » [archive], sur www.dicolatin.com (consulté le 14 mars 2022)
Mammal Species of the World (version 3, 2005), consulté le 26 novembre 2020
Meyer C., ed. sc., 2009, Dictionnaire des Sciences Animales. consulter en ligne [archive]. Montpellier, France, Cirad.
Nom en français d'après l'UICN sur le site de la liste rouge de l'UICN [archive].
Nom en français d'après idRef [archive].
Panda [archive] sur Le Trésor de la Langue Française Informatisé [archive] (TLFI).
(en) Murray Wrobel, Elsevier's dictionary of mammals : in Latin, English, German, French and Italian [« Dictionnaire des mammifères d'Elsevier : en latin, anglais, allemand, français et italien »], Elsevier, 2007, 857 p. (ISBN 9780444518774, OCLC 155850983, lire en ligne [archive]), p. 10.
Meyer C., ed. sc., 2015, Dictionnaire des Sciences Animales. [lire en ligne [archive]]. Montpellier, France, Cirad. [12 mai 2015].
Le panda roux, Firefox ! [archive] sur le site du zoo de la Palmyre.
Nom en français d'après Dictionary of Common (Vernacular) Names sur Nomen. [lire en ligne [archive]].
(en) Nom en français d’après Animal Word List [archive], Liste d’animaux du monde (français, latin, anglais, suédois).
(en) Murray Wrobel, 2007. Elsevier's dictionary of mammals: in Latin, English, German, French and Italian. Elsevier, 2007. (ISBN 0444518770), 9780444518774. 857 pages. Rechercher dans le document numérisé [archive].
A.R. Glatston et A. Gebauer, 2011, p. 12.
(en) Miles S. Roberts et John L. Gittleman, « Ailurus fulgens », Mammalian Species, The American Society of Mammalogists, no 222,? 14 novembre 1984, p. 1-8 (ISSN 0076-3519, OCLC 46381503, lire en ligne [archive], consulté le 22 août 2012).
Red panda (Ailurus fulgens) [archive]. arkive.org.
(en) David Burnie (dir.) et Don E. Wilson (dir.), Animals : The Definitive Visual Guide to the World's Wildlife, Londres/New York, Dorling Kindersley, 2001, 1re éd., 624 p. (ISBN 0-7894-7764-5 et 978-0-7894-7764-4).
Pocock, R.I., Fauna of British India, including Ceylon and Burma. Mammalia. – Volume 2., London, Taylor and Francis, 1941 (lire en ligne [archive]), p. 250–264.
Fisher, R. E., Adrian, B., Clay, E. et Hicks, M., « The phylogeny of the red panda (Ailurus fulgens): evidence from the hindlimb », Journal of Anatomy, vol. 213, no 5,? 2008, p. 607–28 (PMID 19014366, PMCID 2667555, DOI 10.1111/j.1469-7580.2008.00987.x).
(en) Yuxiang Fei, Rong Hou, James R. Spotila, Frank V. Paladino, Dunwu Qi et Zhihe Zhang, « Metabolic rate of the red panda, Ailurus fulgens, a dietary bamboo specialist », PLOS ONE, vol. 12, no 3,? 17 mars 2017, e0173274 (ISSN 1932-6203, PMID 28306740, PMCID 5356995, DOI 10.1371/journal.pone.0173274, Bibcode 2017PLoSO..1273274F, lire en ligne [archive])
A.R. Glatston (dir.), Lesley E. Northrop et Nancy Czekala, 2011, p. 137.
A.R. Glatston (dir.), Lesley E. Northrop et Nancy Czekala, 2011, p. 131-132.
(en) « Ailurus fulgens (red panda) » [archive], sur Animal Diversity Web (consulté le 10 juin 2018).
(en) « Red panda (Ailurus fulgens) longevity, ageing, and life history » [archive], sur genomics.senescence.info (consulté le 10 juin 2018).
« Red Panda – Diet » [archive du 28 juin 2015], Rochester Institute of Technology (consulté le 6 septembre 2016).
« Red Panda » [archive], Birmingham Zoo (consulté le 6 septembre 2016).
(en) « Red panda » [archive], sur Smithsonian's National Zoo, 22 avril 2016 (consulté le 2 octobre 2019).
(en) Wei, F, Feng, Z., Wang, Z., Zhou, A. et Hu, J., « Use of the nutrients in bamboo by the red panda Ailurus fulgens », Journal of Zoology, vol. 248, no 4,? 1999, p. 535–541 (DOI 10.1111/j.1469-7998.1999.tb01053.x).
« Pandas opt for low-cal sweeteners », BBC News,? 16 avril 2008 (lire en ligne [archive], consulté le 8 mai 2008).
(ja) « Constatations anatomiques pathologiques » [archive].
(ja) « Infestation de vers filamenteux de chien » [archive].
(ja) « Un cas d'autopsie de Lesser Panda » [archive].
Glatston 1994, p. 20.
(en) Anwaruddin Choudhury, « An overview of the status and conservation of the red panda Ailurus fulgens in India, with reference to its global status », Oryx, Flora & Fauna International, vol. 35, no 3,? 20 décembre 2001, p. 250–259 (DOI 10.1046/j.1365-3008.2001.00181.x).
(en) Angela R. Glatston (dir.) et J. W. Duckworth, Red panda : biology and conservation of the first panda [« Le Panda roux : Biologie et conservation du premier panda »], Londres, William Andrew, 2010, 488 p. (ISBN 9781437778137, 1437778135 et 9781437778144, OCLC 690641639, DOI 10.1016/C2009-0-20348-5, lire en ligne [archive]), chap. 24 (« Records and Reports of Red Pandas Ailurus fulgens from Areas with Warm Climates »), p. 426-131.
Wegge, P. (1976) Himalayan shikar reserves: surveys and management proposals. Field Document No. 5. FAO/NEP/72/002 Project, Kathmandu.
Sharma, H.P., Belant, J.L., « Distribution and observations of Red Pandas Ailurus fulgens fulgens in Dhorpatan Hunting Reserve, Nepal », Small Carnivore Conservation, vol. 40,? 2009, p. 33–35 (lire en ligne).
Bolton, M. (1976) Lake Rara National Park management plan. Working Document No. 3. FAO/UNDP National Parks and Wildlife Conservation Project, Nepal.
Sharma, H. P. (2008) Distribution and conservation status of Red Panda (Ailurus fulgens) in Rara National Park, Nepal. Final Report to People’s Trust for Endangered Species, London, Royaume-Uni.
Bing Su, Yunxin Fu, Wang, Y., Li Jin et Chakraborty, R., « Genetic Diversity and Population History of the Red Panda (Ailurus fulgens) as Inferred from Mitochondrial DNA Sequence Variations », Molecular Biology and Evolution, vol. 18, no 6,? 2001, p. 1070–1076 (PMID 11371595, DOI 10.1093/oxfordjournals.molbev.a003878).
F. Wei, Z. Feng, Z. Wang et J. Hu, « Current distribution, status and conservation of wild red pandas Ailurus fulgens in China », Biological Conservation, vol. 89, no 89,? 1999, p. 285–291 (DOI 10.1016/S0006-3207(98)00156-6).
Glatston 1994, p. 8.
M. Roberts, « Red Panda: The Fire Cat » [archive du 15 octobre 2009], 1992 (consulté le 26 novembre 2009).
(la + en) Hardwicke, T., « Description of a new Genus of the Class Mammalia, from the Himalaya Chain of Hills between Nepaul and the Snowy Mountains », Linnean Society of London, vol. XV,? 1827, p. 161–165 (DOI 10.1111/j.1095-8339.1826.tb00113.x, lire en ligne [archive]).
Glatston 2010, p. 3
Perseus Digital Library. Greek Dictionary ???????? [archive] Headword Search Result.
Perseus Digital Library. Latin Dictionary fulgens [archive] Headword Search Result.
Larousse, P. (1866–77) Grand dictionnaire universel du xixe siècle : français, historique, géographique, mythologique, bibliographique, littéraire, artistique, scientifique Panda ou Pantica [archive] Larousse et Boyer, Paris.
Simpson DP, Cassell's Latin Dictionary, London, Cassell Ltd., 1979, 5e éd. (ISBN 0-304-52257-0).
Flynn, J. A. Finarelli, S Zehr, J Hsu et M. A. Nedbal, « Molecular phylogeny of the carnivora (mammalia): assessing the impact of increased sampling on resolving enigmatic relationships », Systematic Biology, vol. 54, no 2,? 2005, p. 317–337 (PMID 16012099, DOI 10.1080/10635150590923326).
J. J. Flynn et M. A. Nedbal, « Phylogeny of the Carnivora (Mammalia): Congruence vs incompatibility among multiple data sets », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 9, no 3,? 1998, p. 414–426 (PMID 9667990, DOI 10.1006/mpev.1998.0504).
J. J. Flynn, M. A. Nedbal, J. W. Dragoo et R. L. Honeycutt, « Whence the Red Panda? », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 17, no 2,? 2000, p. 190–199 (PMID 11083933, DOI 10.1006/mpev.2000.0819, lire en ligne [archive], consulté le 23 septembre 2009).
Darrin Naish, « The once mighty red panda empire » [archive du 2 septembre 2009], Tetrapod Zoology, 5 avril 2008 (consulté le 9 janvier 2010).
Tedford, R.H. et Gustafson, E.P., « First North American record of the extinct panda Parailurus », Nature, vol. 265, no 5595,? 1977, p. 621–623 (DOI 10.1038/265621a0, Bibcode 1977Natur.265..621T).
Steven C. Wallace et Xiaoming Wang, « Two new carnivores from an unusual late Tertiary forest biota in eastern North America », Nature, vol. 431, no 7008,? 30 septembre 2004, p. 556–559 (PMID 15457257, DOI 10.1038/nature02819, Bibcode 2004Natur.431..556W).
(en) « Exclusive: Traces of Red Panda Found in Tennessee » [archive], sur aolnews.com, 9 août 2010 (consulté le 13 janvier 2020).
(en) Barber, Rex (25 mai 2012). Second red panda skeleton uncovered at Gray Fossil Site [archive]. Johnson City Press. Consulté le 25 mai 2012.
Manuel J. Salesa, Antón Mauricio, Stéphane Peigné et Jorge Morales, « Evidence of a false thumb in a fossil carnivore clarifies the evolution of pandas », PNAS, vol. 103, no 2,? 2006, p. 379–382 (PMID 16387860, PMCID 1326154, DOI 10.1073/pnas.0504899102, Bibcode 2006PNAS..103..379S).
A.R. Glatston (dir.), Colin Groves, 2011, p. 101-121.
A.R. Glatston (dir.), 2011, p. 450.
Milne-Edwards, H., « Recherches pour servir à l'histoire naturelle des mammifères comprenant des considérations sur la classification de ces animaux », G. Masson, Paris, vol. 11, no 285,? 1874, p. 394 (DOI 10.1038/011463a0, Bibcode 1875Natur..11..463.).
Glover, A. M., The Mammals of China and Mongolia, New York: Muséum américain d'histoire naturelle, 1938 (lire en ligne [archive]), p. 314–317.
Wilson, Don E. (dir.) et Mittermeier, Russell A. (dir.), Handbook of the Mammals of the World, Volume 1: Carnivores, Lynx Edicions, 2009 (ISBN 978-84-96553-49-1), p. 503.
Y. Hu, A. Thapa, H. Fan, T. Ma, Q. Wu, S. Ma, D. Zhang, B. Wang, M. Li, L. Yan et F. Wei, « Genomic evidence for two phylogenetic species and long-term population bottlenecks in red pandas », Science Advances, vol. 6, no 9,? 2020, eaax5751 (PMID 32133395, PMCID 7043915, DOI 10.1126/sciadv.aax5751, Bibcode 2020SciA....6.5751H, lire en ligne [archive])
F. E. Zachos, « Species splitting puts conservation at risk », Nature, vol. 494, no 7435,? 2013, p. 35 (PMID 23389532, DOI 10.1038/494035c)
F. E. Zachos et S. Lovari, « Taxonomic inflation and the poverty of the phylogenetic species concept – a reply to Gippoliti and Groves », Hystrix, vol. 24, no 2,? 2013, p. 142–144 (DOI 10.4404/hystrix-24.1-8849, CiteSeerx 10.1.1.935.6918)
Yonzon, P. B., Hunter Jr., M. L., Shobrak et Habibi, « Conservation of the red panda Ailurus fulgens », Biological Conservation, vol. 58, no 57,? 1991, p. 85 (DOI 10.1016/0006-3207(91)90046-C).
Glatston 1994, p. 11.
World Wildlife Fund, « I'm a good luck charm. That's my bad luck. » [archive du 17 décembre 2009] (consulté le 26 septembre 2009).
(en) « Appendices I, II and III » [archive], sur cites.org, 4 octobre 2017 (consulté le 29 avril 2018).
(en) R. M. Nowak, Walker’s Mammals of the World, vol. 2, Baltimore, Johns Hopkins University Press, 1999, 6e éd. (ISBN 0-8018-5789-9), p. 695–696.
Massicot, P., « Animal Info: Red Panda » [archive], 2006 (consulté le 2 septembre 2008).
Glatston 1994:viii.
Bhuju, U.R., Shakya, P.R., Basnet, T.B., Shrestha, S. (2007) Nepal Biodiversity Resource Book. Protected Areas, Ramsar Sites, and World Heritage Sites. International Centre for Integrated Mountain Development, Ministry of Environment, Science and Technology, in cooperation with United Nations Environment Programme, Regional Office for Asia and the Pacific. Kathmandu, (ISBN 978-92-9115-033-5) pdf [archive].
Headlines Himalaya, vol. 138, 2010, « Red Pandas from Choyatar ».
(en) Miles S. Roberts, « Red Panda: The Fire Cat », 1992 (consulté le 26 novembre 2009).
ARKive, « Red Panda » [archive], 2008 (consulté le 2 septembre 2008).
(en) Angela Glatston, Red Panda International Studbook - Ailurus fulgens fulgens held in zoos in 2006, Zoo de Rotterdam, 2007 (lire en ligne [archive] [PDF]).
(en) Angela Glatston, Red Panda International Studbook - Ailurus fulgens styani held in zoos in 2006, Zoo de Rotterdam, 2007 (lire en ligne [archive] [PDF]).
Srivastav, Anupam et al., « National Studbook of Red Panda (Ailurus fulgens) Data till May 2009 » [archive], Wildlife Institute of India, juillet 2009 (consulté le 26 septembre 2009).
Mahesh Rangarajan, « Striving for a balance: Nature, power, science and India's Indira Gandhi, 1917–1984 », Conservation and Society, vol. 7, no 4,? 2009, p. 299–312 (DOI 10.4103/0972-4923.65175, lire en ligne [archive]).
« The Official Website of the Government of Sikkim » [archive], Government of Sikkim (consulté le 15 novembre 2010).
« Red panda boosts visitor numbers », BBC Online,? 24 janvier 2006 (lire en ligne [archive], consulté le 12 janvier 2011).
Jon Bounds, « Brummie of the Year 2005 » [archive], Birmingham: It's Not Shit (consulté le 12 janvier 2011).
T. Gabriel, « A Panda Escapes From the Zoo, and Social Media Swoop In With the Net », New York Times,? 24 juin 2013 (lire en ligne [archive], consulté le 25 juin 2013).
P. K. Day, « Rusty the red panda went missing and ABC News was on the case », Los Angeles Times,? 24 juin 2013 (lire en ligne [archive], consulté le 25 juin 2013).
« Li Xiong Mao (Freaks’ Squeele) » [archive], sur Otakia » Tests et articles de livres, objets, séries et produits dérivés (consulté le 21 septembre 2020).
James Gorman, « Red Pandas Are Adorable and in Trouble », The New York Times,? 17 août 2015 (lire en ligne [archive], consulté le 8 novembre 2017).
Bryan Konietzko, « Years ago, on the Avatar production, ... » [archive], 28 septembre 2012 (consulté le 29 septembre 2012).
(en) F.A.Q. Firefox, l'explication de la fondation Mozilla [archive].
« Red panda » [archive], BBC Nature (consulté le 20 août 2014).
(en) « Branding Firefox » [archive], sur hicksdesign.co.uk, 9 février 2004 (consulté le 7 octobre 2017).
(en) « Meet the Newest (and Cutest) Mozillians » [archive], sur blog.mozilla.com, 3 décembre 2010.
Garrity, S., Markham, G., Goodger, B., Decrem, B. et al. 1998–2011 What's a Firefox? — A "Firefox" is another name for the red panda. [archive] Mozilla.org.
(en) « Red Panda Network: Fun facts » [archive], Red Panda Network, 2008 (consulté le 18 décembre 2009).
(en) « Red Pandas » [archive], Wellington Zoo, 2008 (consulté le 18 décembre 2009).
(en) « Animals & Exhibits: Red Panda » [archive], Lincoln Children's Zoo (consulté le 18 décembre 2009).
(en) Species Survival Commission, Raccoons and their Relatives, IUCN - The World Conservation Union, 1995 (ISBN 978-2-8317-0051-9), p. 4.
(en) « ?? » [archive], MDBG Chinese-English Dictionary,? 2011.
(en) « Chinese-English Talking Dictionary » [archive], YellowBridge (consulté le 5 décembre 2009).
(en) « English / Chinese / English Online Dictionary » [archive], CIN, 2008 (consulté le 5 décembre 2009).
(en) « ??? » [archive], MDBG Chinese-English Dictionary,? 2011.
(en) « ??? » [archive], MDBG Chinese-English Dictionary,? 2011.

[masquer]
v · m
Les différents genres vivants et fossiles d'Ailuridés
Règne : Animal · Embranchement : Chordé · Classe : Mammifère · Ordre : Carnivore · Sous-ordre : Caniformia
Ailurinés Ailurus (Petit panda) · †Magerictis · †Parailurus · †Pristinailurus
†Amphictinae †Amphictis
†Simocyoninae †Actiocyon · †Alopecocyon · †Protursus · †Simocyon
icône décorative Portail des mammifères icône décorative Portail de la conservation de la nature icône décorative Portail de la Chine icône décorative Portail du Tibet icône décorative Portail du Népal icône décorative Portail de la Birmanie icône décorative Portail de l’Inde
Catégories?: CITES annexe IStatut UICN En dangerCarnivore (nom scientifique)Ailuridae[+]
La dernière modification de cette page a été faite le 1 avril 2022 à 17:01.
Droit d'auteur : les textes sont disponibles sous licence Creative Commons attribution, partage dans les mêmes conditions ; d’autres conditions peuvent s’appliquer. Voyez les conditions d’utilisation pour plus de détails, ainsi que les crédits graphiques. En cas de réutilisation des textes de cette page, voyez comment citer les auteurs et mentionner la licence.
Wikipedia® est une marque déposée de la Wikimedia Foundation, Inc., organisation de bienfaisance régie par le paragraphe 501(c)(3) du code fiscal des États-Unis.
Politique de confidentialitéÀ propos de WikipédiaAvertissementsContactVersion mobileDéveloppeursStatistiquesDéclaration sur les témoins (cookies)Wikimedia FoundationPowered by MediaWiki
avatar gameknight
De gameknight
Le 22/04/22 à 10:21:35

Bon bah visiblement 60000 caractères ça passe, voilà c'est la fin de l'expérience, évidemment ne lisez pas ce truc, si vous voulez en savoir plus sur le panda roux (animal passionnant) allez sur wikipédia direct : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ailurus_fulgens
avatar gameknight
De gameknight
Le 22/04/22 à 10:22:49

Aller au contenu
Afficher?/?masquer la barre latérale

Wikipédial'encyclopédie libre
Rechercher sur Wikipédia
Créer un compte

Outils personnels

ArticleDiscussion
LireModifierModifier le codeVoir l’historique
Accueil
Portails thématiques
Article au hasard
Contact
Contribuer
Débuter sur Wikipédia
Aide
Communauté
Modifications récentes
Faire un don
Outils
Pages liées
Suivi des pages liées
Téléverser un fichier
Pages spéciales
Lien permanent
Informations sur la page
Citer cette page
Élément Wikidata
Modifier les liens interlangues
Imprimer?/?exporter
Créer un livre
Télécharger comme PDF
Version imprimable
Dans d’autres projets
Wikimedia Commons
Wikispecies
Langues
Sur cette version linguistique de Wikipédia, les liens interlangues sont placés en haut à droite du titre de l’article.
Aller en haut.

Ailurus fulgens
Petit panda, Panda éclatant, Panda roux

(Redirigé depuis Panda roux)
Page d’aide sur l’homonymie
Pour les articles homonymes, voir Panda.

Ailurus fulgens
Description de cette image, également commentée ci-après
Un individu en captivité.
Classification selon MSW
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Cohorte Placentalia
Ordre Carnivora
Sous-ordre Caniformia
Famille Ailuridae
Genre

Ailurus
F.G. Cuvier, 1825
Espèce

Ailurus fulgens
F.G. Cuvier, 1825
Statut CITES

Sur l'annexe I de la CITES Annexe I , Rév. du 16-2-1995
Statut de conservation UICN

(EN)
ENA2cde+3cde+4cde : En danger

Répartition géographique

Description de cette image, également commentée ci-après
En rouge sur la carte.
Le Petit panda ou Panda roux (Ailurus fulgens), parfois appelé « Panda fuligineux » ou « Panda éclatant », est un mammifère protégé et en danger d'extinction de la famille des Ailuridés. Le panda roux est originaire de l'Himalaya et du Sud-Ouest de la Chine et préfère vivre dans les forêts montagneuses mixtes tempérées de la région, riches en bambou.

Le panda roux a une fourrure brun rougeâtre, une longue queue hirsute et une démarche dandinante en raison de ses pattes avant plus courtes ; il est à peu près de la taille d'un chat, bien que son corps soit plus long. Il est arboricole et a un régime alimentaire omnivore, essentiellement végétarien et riche en bambous, alors qu'il appartient à l'ordre des carnivores. C'est un animal solitaire, principalement actif du crépuscule à l'aube, et il est largement sédentaire pendant la journée.

Le panda roux est le seul membre vivant du genre Ailurus et de sa famille des Ailuridés. Malgré son nom, il n'est pas proche du panda géant. Il a déjà été placé dans les familles du raton laveur et de l'ours, mais les résultats de l'analyse phylogénétique appuient fortement sa classification taxonomique dans sa propre famille, Ailuridae, qui fait partie de la superfamille des mustéloïdes avec les familles de la belette, du raton laveur et de la mouffette. Traditionnellement, les biologistes pensaient qu'il comportait deux sous-espèces. Cependant, les résultats des analyses génétiques indiquent qu'il existe probablement deux espèces distinctes de panda roux, le panda roux chinois et le panda roux de l'Himalaya, qui ont divergé génétiquement il y a environ 250 000 ans.

Il est inscrit en tant qu'espèce menacée sur la liste rouge de l'UICN, car la population sauvage est estimée à moins de 10 000 individus matures et continue à décliner en raison de la perte et de la fragmentation de son habitat, du braconnage et de la consanguinité.


Sommaire
1 Étymologie et dénominations
1.1 Étymologie
1.2 Noms
2 Morphologie et anatomie
3 Comportement
3.1 Sociologie et comportements territoriaux
3.2 Alimentation
3.3 Reproduction
3.4 Communication
4 Écologie
4.1 Régime alimentaire
4.2 Maladies et parasites
4.3 Ennemis et concurrents
5 Biogéographie
5.1 Habitat
5.2 Répartition
6 Taxonomie et évolution
6.1 Historique
6.2 Phylogénétique
6.3 Évolution
6.4 Espèces ou sous-espèces ?
7 L'espèce et l'humain
7.1 Statut de protection
7.1.1 Menaces
7.1.2 Protection
7.2 Initiatives in situ
7.3 En captivité
7.4 Domestication
7.5 Le petit panda dans la culture
7.5.1 Dans les pays de son aire de répartition
7.5.2 Dans la culture occidentale
7.5.3 Petit panda et Firefox
8 Annexes
8.1 Bibliographie
8.2 Articles connexes
8.3 Références taxonomiques
8.4 Liens externes
9 Notes et références
9.1 Notes
9.2 Références
Étymologie et dénominations
Étymologie
Le terme panda en français a été créé en 1825 par Frédéric Cuvier quand il a identifié l’espèce Ailurus fulgens1, le Panda éclatant et le genre Panda, Ailurus. Son nom occidental provient probablement d'une langue de l'Himalaya, peut-être le népalais, mais sa signification reste incertaine. Selon une théorie, le mot « panda » serait une anglicisation de poonya qui signifie le « mangeur de bambou ». Son nom chinois ??? (xi?oxióngm?o) s'analyse morphologiquement comme « petit chat-ours»note 1.

Ce petit animal est parfois appelé firefox en anglais, une traduction de son surnom chinois moins utilisé h?o hú (??), littéralement « renard de feu » également par référence à sa couleur2.

Le nom scientifique Ailurus est une latinisation du grec ancien ailuros, désignant le chat et signifiant littéralement « balance-queue » (aiol + ouros). Quant à fulgens, il signifie éclatant, brillant (comme un éclair)3.

Noms
Nom scientifique valide : Ailurus fulgens F.G. Cuvier, 18254,
Noms vulgaires (vulgarisation scientifique) recommandés ou typiques en français : Petit panda5,6,7,8,9 ou Panda éclatant10,6,7,8 (vieilli8),
Autres noms vulgaires ou noms vernaculaires (langage français courant) pouvant désigner éventuellement d'autres espèces : Panda roux6,7,11, Panda rouge12, Panda doré8, Renard de feu10 ou encore Panda fuligineux13,11.
En anglais : lesser panda5, red panda5, cat-bear5, small panda13, firefox.

Les sous-espèces sont nommées :

Ailurus fulgens fulgens - Petit panda de l'Inde14 ou Panda fuligineux11 ;
Ailurus fulgens styani - Petit panda de Styan14,11.
Noms locaux et autochtones pour Ailurus fulgens
Morphologie et anatomie

Panda roux descendant un arbre tête la première.

Crâne de petit panda.

Le Petit panda est capable de se tenir debout.
Le panda roux fait de 50 à 64 cm de long pour la tête et le corps tandis que sa queue fait de 28 à 59 cm. Les mâles pèsent de 3,7 à 6,2 kg et les femelles de 3 à 6,0 kg16,17,18.

L'espèce a une fourrure longue, douce, brun rougeâtre sur les parties supérieures, une fourrure noirâtre sur les parties inférieures, et un visage clair avec des marquages faciaux en forme de larmes ainsi que des caractéristiques dentaires cranio-dentaires robustes (en). Le visage clair a des insignes blancs semblables à ceux d'un raton laveur, mais chaque individu peut avoir des marques distinctives. La tête arrondie a des oreilles droites de taille moyenne, un nez noir et des yeux noirâtres. Sa longue queue touffue avec six anneaux ocre transversaux alternés19 et une pointe noire[réf. nécessaire] fournit un équilibre et un excellent camouflage pour leur habitat d'arbres recouverts de mousse et de lichen. Les jambes sont noires et courtes avec une fourrure épaisse sur la plante des pattes. Cette fourrure sert d'isolation thermique sur les surfaces enneigées ou glacées et dissimule les glandes olfactives qui sont également présentes sur l'anus19.

Le panda roux est spécialisé dans l'alimentation au bambou avec des griffes fortes, courbes et semi-rétractiles16 pour saisir les branches d'arbres étroites, les feuilles et les fruits. Comme le panda géant, il a un « faux pouce » qui est une extension de l'os du poignet. Quand il descend un arbre tête la première, le panda roux tourne sa cheville pour contrôler sa descente, ce qui en fait une des rares espèces grimpantes à en être capable20.

Comportement
Sociologie et comportements territoriaux
0:08
Sons d'un panda roux en train de gazouiller.
Le panda roux est territorial ; il est solitaire sauf pendant la saison de reproduction. Il est généralement calme, à l'exception de certains gazouillis, piaillements et sifflements de communication. On a signalé qu'il est à la fois nocturne et crépusculaire, dormant sur les branches d'arbres ou dans les creux des arbres pendant la journée et augmentant son activité en fin d'après-midi et en début de soirée16. Il dort allongé sur une branche avec les membres pendantes lorsqu'il fait chaud, et recroquevillé avec sa queue sur la face lorsqu'il fait froid. Il est très sensible à la chaleur, avec une température de « bien-être » optimale entre 17 et 25 °C21.

Peu après leur réveil, le panda roux nettoie sa fourrure un peu comme le ferait un chat, en léchant ses pattes avant puis en se frottant le dos, le torse et les flancs. Il frotte aussi son dos et son ventre le long des arbres ou des rochers. Puis il patrouille son territoire, le marquant avec de l'urine et une sécrétion faiblement musquée de leurs glandes anales. Il cherche de la nourriture en courant sur le sol ou dans les arbres. Le panda roux peut utiliser ses pattes avant en alternance pour porter la nourriture à sa gueule, ou bien la placer directement dans sa gueule16.

Alimentation
Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue ! Comment faire ?
Individu en train de grignoter du bambou.
Les pandas roux sont d'excellents grimpeurs et se nourrissent surtout dans les arbres. Ils mangent surtout du bambou et peuvent se nourrir de petits mammifères, d'oiseaux, d'œufs, de fleurs et de baies. En captivité, ils ont été observés en train de manger des oiseaux, des fleurs, des feuilles d'érable et de mûrier, de l'écorce et des fruits de l'érable, du hêtre et du mûrier16.

Reproduction
Article détaillé : Cycle de vie du panda roux.
Cette section a besoin d'être recyclée (29 mars 2018).
Une réorganisation et une clarification du contenu sont nécessaires. Améliorez-le ou discutez des points à améliorer.

Petits pandas en copulation au Zoo d'Asahiyama, au Japon.
La reproduction du Panda roux est encore mal comprise des biologistes. Il reste ainsi des questions non résolues, telles si la femelle peut avoir une ovulation induite (en), entre en chaleurs une ou plusieurs fois pendant la saison des amours, et si oui ou non l'implantation de l'embryon dans l'utérus est différée (en). Déchiffrer les particularités de la reproduction de l'espèce permettrait de recréer des environnements fidèles au milieu naturel, pour réduire la mortalité à la naissance des individus captifs puis réintroduire des pandas roux à l'état sauvage22.

Dans la nature, le Panda roux vit probablement en solitaire la plupart du temps et ne se trouve en petits groupes que pendant la saison de reproduction23. Elle correspond à la période typique d'activité des gonades dans l'espèce. Selon les individus élevés en captivité, la période d'œstrus de la femelle s'étale sur la fin de l'hiver, soit de janvier à mars dans l’hémisphère nord et de juin à août dans l'hémisphère sud23. Cela permet aux petits de naître au printemps, lorsque la disponibilité de la nourriture, des matériaux de nidification et la sécurité des autres prédateurs à la mise bas sont favorables à leur survie23.

La gestation dure en moyenne 135 jours et la femelle met en général deux petits au monde mais il peut y en avoir trois ou quatre. À la naissance, les petits ont déjà une fourrure (grise qui devient rousse en grandissant), ne mesurent que 6 cm et ne pèsent que 100 grammes. Ils sont d'abord aveugles et n'ouvrent les yeux qu'au bout de 18 jours. Dépendants, ils ne sortent de la tanière qu'après 90 jours et vivent avec leur mère jusqu'à la période de reproduction suivante. Ils sont sevrés après 5 mois. Ils atteignent leur maturité sexuelle entre 18 et 20 mois[réf. nécessaire].


Mère en train de s'occuper de son petit.
Les pandas roux peuvent se reproduire vers l'âge de 18 mois et atteignent leur pleine maturité à l'âge de deux ou trois ans. Les adultes interagissent rarement dans la nature, sauf pour s'accoupler. Les deux sexes peuvent s'accoupler avec plus d'un partenaire pendant la saison des amours, de la mi-janvier au début mars. Quelques jours avant la naissance, les femelles commencent à rassembler des matériaux, comme des broussailles, de l'herbe et des feuilles, pour construire un nid, qui se trouve normalement dans un arbre creux ou une fissure rocheuse. Après une période de gestation de 112 à 158 jours, la femelle donne naissance, de la mi-juin à la fin juillet, de un à quatre (habituellement 1 à 2) petits aveugles et sourds pesant de 110 à 130 g chacun16.

Après la naissance, la mère nettoie les petits et peut reconnaître chacun d'eux par son odeur. Au début, elle passe de 60 % à 90 % de son temps avec les petits. Après la première semaine, la mère commence à passer plus de temps à l'extérieur du nid, revenant toutes les quelques heures pour allaiter et toiletter les petits. Elle déplace fréquemment les jeunes parmi plusieurs nids, qu'elle garde propres. Les petits commencent à ouvrir les yeux vers l'âge de 18 jours. À environ 90 jours, ils ont atteint la pleine fourrure d'adulte et la coloration, et commencent à s'aventurer hors du nid. Ils commencent aussi à manger des aliments solides à ce moment-là, en se sevrant vers l'âge de six à huit mois. Les petits restent avec leur mère jusqu'à ce que la prochaine portée naisse l'été suivant. Les mâles aident rarement à élever les jeunes, et seulement s'ils vivent en paires ou en petits groupes16.

À l'état sauvage, la durée de vie typique d'un panda roux se situe entre huit et dix ans, mais peut aller jusqu'à 14 ans24. En captivité, l'espérance de vie est d'en moyenne 13,4 ans24, et un individu a réussi à atteindre l'âge de 19 ans25.

Communication
Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue ! Comment faire ?
En fonction de son état émotionnel, le panda aboie, couine ou émet d'autres sons.

Écologie
Régime alimentaire

Le panda roux se nourrit principalement de bambou, même si son régime n'est pas totalement herbivore.

Un panda roux se nourrissant du fruit de saison du Sorbus wardii, dans la région de l'Himalaya.

panda roux qui va manger du bambou
Comme le panda géant, le petit panda ne peut pas digérer la cellulose et doit donc consommer un grand volume de bambou pour survivre. Leur régime alimentaire se compose d'environ deux tiers de bambou, de préférence les feuilles et jeunes pousses, mais ils mangent aussi des champignons, des racines, des glands, des lichens et des graminées. À l'occasion, ils complètent leur alimentation avec des poissons, des insectes26,27, des oiseaux16 ou de petits mammifères28.

Les pousses de bambou sont plus faciles à digérer que les feuilles, présentant la digestibilité la plus élevée en été et en automne, intermédiaire au printemps et la plus faible en hiver. Ces variations sont liées à la teneur en nutriments du bambou. Les pandas roux transforment mal le bambou, en particulier la cellulose et les composants de la paroi cellulaire. Cela sous-entend que la digestion microbienne ne joue qu'un rôle mineur dans leur stratégie digestive. Pour survivre avec ce régime alimentaire de mauvaise qualité, ils doivent manger les sections de haute qualité de la plante de bambou, comme les feuilles et les pousses tendres, en grande quantité, soit plus de 1,5 kg de feuilles fraîches et 4 kg de pousses fraîches par jour. Cet aliment traverse le tube digestif assez vite (environ 2 à 4 heures) afin de maximiser l'apport quotidien en nutriments29. Les petits pandas peuvent détecter le goût d'édulcorants artificiels comme l'aspartame, et sont les seuls non-primates connus à pouvoir le faire30.

Maladies et parasites
Au Japon, ont été rapportés un cas de petit panda souffrant de schistosomiase japonaise, un cas de douve pulmonaire ayant causé la mort du sujet par pneumonie et des cas d'infections à Dirofilaria immitis31,32,33.

Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue ! Comment faire ?
Ennemis et concurrents

Panda roux aux aguets.
Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue ! Comment faire ?
Les prédateurs du panda roux sont notamment la Panthère des neiges (Panthera uncia), les mustélidés et les humains. S'il se sent menacé ou perçoit un danger, il peut essayer de s'échapper en grimpant à une pile de rochers ou à un arbre. S'ils ne peuvent plus fuir, ils se tiennent sur leurs pattes arrière pour paraître plus grands et utilisent les griffes acérées de leurs pattes avant pour se défendre[réf. nécessaire].

Biogéographie
Habitat
A Red panda lies sleeping on a branch high in a tree, with tail stretched out behind and legs dangling on each side of the branch
Un petit panda en train de dormir.
Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue pour ajouter des informations sur l'habitat de repos de l'espèce !
Le petit panda vit entre 2 200 et 4 800 m d'altitude et habite des zones aux températures modérées entre 10 et 25 °C avec peu de variations annuelles. Il préfère les forêts montagneuses mixtes de feuillus et de conifères, surtout celles avec de vieux arbres et des sous-bois denses de bambou16,34.

Répartition
Le panda roux est endémique des forêts tempérées de l'Himalaya, et des chaînes de piedmont du Népal à l'Ouest et de la Chine à l'Est34. Sa limite la plus à l'Est est la chaîne des Monts Qinling de la province du Shaanxi en Chine. Sa répartition inclut le Tibet méridional, le Sikkim et Assam en Inde, le Bhoutan, les montagnes septentrionales de Birmanie, et le Sud-Ouest de la Chine, dans les Monts Hengduan de la province du Sichuan, ainsi que les monts Gongshan de la province du Yunnan. Il peut également vivre au Sud-Ouest du Tibet et au Nord de l'Arunachal Pradesh, mais cela n'a pas été documenté. Les lieux comportant la plus grande densité de pandas roux incluent une aire de l'Himalaya supposée avoir été le refuge d'un ensemble d'espèces endémiques durant le Pléistocène. L'aire de répartition du panda roux doit être considérée comme constituée d'aires séparées plutôt que comme un ensemble continu16. Une population relique distincte pourrait habiter les forêts sous-tropicales du plateau du Meghalaya, au Nord-Est de l'Inde35, mais des investigations plus poussées sont nécessaires pour confirmer sa présence36.

Lors d'une étude durant les années 1970, des signes de présence de pandas roux ont été trouvés dans la réserve de chasse de Dhorpatan, au Népal37. Leur présence a été confirmée au printemps 2007 lorsque quatre individus ont été observés à des altitudes allant de 3 220 à 3 610 m38. La limite orientale de l'espèce se trouve dans le parc national de Rara, situé à l'ouest de la réserve de chasse de Dhorpatan39 Leur présence a été confirmée en 200840.

Les populations de panda roux dans la province du Sichuan sont plus importantes et plus stables que celle du Yunnan, laissant penser à une expansion vers le Sud, depuis le Sichuan vers Yunnan durant l'Holocène41.

Le panda roux a été extirpé des provinces chinoises du Guizhou, Gansu, Shaanxi, et Qinghai42.

Taxonomie et évolution
Historique

Thomas Hardwicke est le premier Occidental à décrire scientifiquement le Panda roux sous le nom « Wha ».
La première trace écrite connue sur le Petit panda se trouve dans un rouleau chinois du xiiie siècle qui représente une scène de chasse entre des chasseurs et le Panda roux43,44.

La présentation en 1821 par le major-général Thomas Hardwicke d'un article intitulé « Description d'un nouveau genre de mammifères de la classe Mammalia, de la chaîne des collines de l'Himalaya entre le Népal et les montagnes enneigées »note 2 à la Linnean Society of London est souvent considérée comme le moment où le Panda roux est devenu une espèce authentique dans la science occidentale. Hardwicke a proposé le nom « wha » et expliqué : « Il est fréquemment découvert par son cri ou son appel, ressemblant au mot « Wha », répétant souvent le même : c'est pourquoi il est dérivé d'un des noms locaux par lesquels il est connu. Il est aussi appelé Chitwa. »note 3 Le document d'Hardwicke n'a pas été publié avant 1827, où Frédéric Cuvier avait alors publié sa description et une figure. Le nom taxonomique proposé à l'origine par Hardwicke a été retiré de la publication de son article en 1827 avec sa permission, et le nom est maintenant attribué à Cuvier45,46.


Panda roux en captivité.
Frédéric Cuvier avait reçu le spécimen qu'il a décrit du beau-fils de son frère, Alfred Duvaucel, qui l'avait envoyé « des montagnes du nord de l'Inde ». Il a été le premier à utiliser le nom binomial Ailurus fulgens et le nom vernaculaire panda dans sa description de l'espèce publiée en 1825 dans l'Histoire naturelle des mammifères1. Ailurus est adopté du mot grec ancien ???????? (ailouros), qui signifie « chat »47. L'épithète spécifique fulgens signifie « brillant » en latin48. Panda (en) est une déesse romaine de la paix et des voyageurs qui était appelée avant de commencer un voyage difficile49. On ignore s'il s'agit de l'origine du nom vernaculaire français panda[réf. nécessaire]. Des publications ultérieures affirment que le nom a été adopté à partir d'une langue himalayenne[réf. nécessaire].

En 1847, Hodgson a décrit un panda roux sous le nom d'Ailurus ochraceus. Pocock a conclu qu'il représente le même type qu'Ailurus fulgens car la description des deux est très proche. Il a subordonné les deux types à la sous-espèce de panda roux de l'Himalaya Ailurus fulgens fulgens19.

Phylogénétique

Petits pandas au zoo d'Amnéville.
Article principal : Ailuridae.
La classification taxonomique du panda roux fait l'objet de controverses dès sa découverte. Le zoologiste français Frédéric Cuvier a d'abord décrit le panda roux en 1825 et l'a classé comme un proche parent du raton laveur (Procyonidae), bien qu'il lui ait donné le nom de genre Ailurus, (du grec ancien ????????, « chat ») en se basant sur des similitudes superficielles avec les chats domestiques. L'épithète spécifique est l'adjectif latin fulgens (« brillant »)50.

L'espèce a été placée à différents moments dans les Procyonidae, dans les Ursidae avec Ailuropoda (panda géant) chez les Ailuropodinae (jusqu'à ce que cette famille soit déplacée dans les Ursidae), puis dans sa propre famille, les Ailuridae. Cette incertitude vient de la difficulté à déterminer si certaines caractéristiques d'Ailurus sont phylogénétiquement conservatrices ou si elles sont dérivées et convergentes avec des espèces aux habitudes écologiques similaires16.


Panda roux rongeant un buisson de bambou exfolié.
Les preuves basées sur les fossiles, la sérologie, la caryologie, le comportement, l'anatomie et la reproduction reflètent des affinités plus étroites avec les Procyonidae qu'avec les Ursidae. Cependant, des spécialisations écologiques et de fourrageage, ainsi qu'une distribution géographique distincte par rapport aux Procyonidés modernes soutiennent la classification dans la famille distincte des AiluridésMammal Species of the World (version 3, 2005) (26 novembre 2020)4,16,51.

Des recherches ADN systématiques moléculaires récentes placent également le panda roux dans sa propre famille, les Ailuridae, une partie de la grande super-famille Musteloidea qui comprend également la mouffette, le raton laveur et la belette51,52,53. Il serait la seule espèce encore vivante de la famille.

It is not a bear, nor closely related to the giant panda, nor a raccoon, nor a lineage of uncertain affinities. Rather it is a basal lineage of musteloid, with a long history of independence from its closest relatives (skunks, raccoons, and otters/weasels/badgers).

— Flynn et al., Whence the Red Panda53 p. 197

« Ce n'est ni un ours, ni un proche parent du panda géant, ni un raton laveur, ni une lignée d'affinités incertaines. Il s'agit plutôt d'une lignée basale de mustéloïdes, avec une longue histoire d'indépendance par rapport à ses parents les plus proches (mouffettes, ratons laveurs, loutres, belettes et blaireaux). »

— Whence the Red Panda53 p. 197

Évolution
Le panda roux est considéré comme un fossile vivant et seulement très vaguement apparenté au panda géant (Ailuropoda melanoleuca), car il est naturellement plus proche des autres membres de la super-famille Musteloidea à laquelle il appartient. L'ancêtre commun des deux pandas était aussi un ancêtre pour tous les ours vivants, les pinnipèdes comme les phoques et les morses, et les membres de la famille Musteloidea comme les belettes et les loutres. Il peut être retracé jusqu'à la période du Tertiaire Inférieur il y a des dizaines de millions d'années, avec une répartition importante à travers l'Eurasie.

Des fossiles du panda roux éteint Parailurus anglicus ont été déterrés de la Chine à l'Est jusqu'à la Grande-Bretagne à l'ouest54. En 1977, une dent seule de Parailurus a été découverte dans la Formation pliocène de Ringold, au Washington. Ce premier signalement nord-américain est presque identique aux spécimens européens et révèle l'immigration de cette espèce en provenance d'Asie55. En 2004, la dent d'une espèce de panda roux jamais vue auparavant en Amérique du Nord a été découverte sur le site de fossiles de Gray (en), dans le Tennessee. La dent date d'il y a 4,5 à 7 millions d'années. Cette espèce, décrite sous le nom Pristinailurus bristoli, indique qu'une deuxième lignée ailurine plus primitive habitait l'Amérique du Nord pendant le Miocène. L'analyse cladiste suggère que Parailurus et Ailurus sont des taxons frères54,56. D'autres fossiles de Pristinailurus bristoli ont depuis été découverts sur le site de fossiles de Gray en 201057 et en 201258. La fréquence à laquelle on trouve des fossiles de panda sur le site de fossiles de Gray suggère que l'espèce a joué un rôle important dans l'écosystème global de la région[réf. nécessaire].

La découverte en Espagne des restes post-crâniens (en) de Simocyon batalleri, un parent du panda roux vivant au Miocène, soutient l'hypothèse d'une relation de groupes frères entre pandas roux et ours. Cette découverte suggère que le « faux pouce » du panda roux est une adaptation à la locomotion arboricole, indépendante de l'adaptation du panda géant pour manipuler le bambou. Il s'agit en zoologie d'un des cas les plus remarquables de convergence évolutive chez les vertébrés59.

Espèces ou sous-espèces ?
La classification du panda roux en deux espèces ou deux sous-espèces est débattue dans la communauté scientifique. Dans l'ouvrage de référence de 2011 Red Panda, Colin Groves affirme à partir de comparaisons crâniennes, d'analyses des éléments extérieurs et de génétique moléculaire faites sur différents spécimens qu'il existe deux espèces distinctes. Ainsi, le panda roux peut être divisé en Panda roux himalayen (Ailurus fulgens) et en Panda roux de Styan (Ailurus styani). Il fait aussi remarquer l'absence de données sur de grandes parties de l'aire de répartition d'Ailurus. Cela laisse ouvert la possibilité qu'il existe d'autres espèces ou sous-espèces de panda roux60,61.

En outre, le nom Ailurus fulgens refulgens est parfois utilisé à tort pour A. f. styani. Il s'agit d'un lapsus réalisé par Henri Milne-Edwards dans son article de 1874 « Recherches pour servir à l'histoire naturelle des mammifères comprenant des considérations sur la classification de ces animaux »62, faisant de A. f. refulgens un nomen nudum19,63. L'édition la plus récente de la base de données Mammal Species of the World (littéralement en français « Les espèces de mammifères du monde ») nomme toujours la sous-espèce A. f. refulgens4. Cela a été corrigé dans des ouvrages plus récents, notamment dans A guide to the Mammals of China et dans l'encyclopédie papier Handbook of the Mammals of the World, Volume 1 : Carnivores64.

En 2020, les résultats d'une analyse phylogénétique d'échantillons de pandas roux ont montré que les pandas roux de Chine et de l'Himalaya ont été séparés par le fleuve Salouen il y a environ 250 000 ans. Les deux sous-espèces pourraient être traitées comme des espèces distinctes. Les échantillons analysés ont montré des niveaux élevés de structuration de la population dans toute l'aire de répartition du panda roux65. Cependant, les résultats de cette recherche doivent être traités avec prudence en raison de l'écart d'échantillonnage de plus de 500 km entre les deux espèces proposées, et de l'absence d'analyses morphométriques et d'analyse d'isolement par la distance. En outre, l'utilisation du concept d'espèce phylogénétique pour la délimitation des espèces chez les mammifères a été associée à la division inutile des sous-espèces en espèces66,67.

L'espèce et l'humain
Statut de protection
Menaces
Les principales menaces qui pèsent sur les pandas roux sont la capture directe dans la nature, vivants ou morts, la compétition avec le bétail domestique entraînant la dégradation de l'habitat et la déforestation conduisant à la perte ou la fragmentation de l'habitat. L'importance relative de ces facteurs varie d'une région à l'autre et n'est pas bien comprise34. Par exemple, en Inde, la plus grande menace semble être la perte d'habitat suivie du braconnage, alors qu'en Chine, les plus grandes menaces semblent être la chasse et le braconnage6. Une diminution de 40 % des populations de panda roux a été signalée en Chine au cours des 50 dernières années, et les populations des régions occidentales de l'Himalaya sont considérées comme étant plus réduites42.

La déforestation entrave la propagation des pandas roux et aggrave le morcellement naturel de la population par la topographie et l'écologie, ce qui provoque une grave fragmentation de la population sauvage restante. Moins de 40 animaux de quatre groupes distincts partagent les ressources avec les humains dans le Parc national de Langtang au Népal, où seulement 6 % de ses 1 710 km2 est l'habitat préféré du panda roux. Même si la concurrence directe pour la nourriture avec le bétail domestique n'est pas significative, ce bétail peut ralentir la croissance du bambou en le piétinant68.

Les petits groupes d'animaux ayant peu de possibilités d'échange entre eux sont confrontés au risque de consanguinité, de diminution de la diversité génétique et même d'extinction. En plus, la coupe rase pour le bois de chauffage ou l'agriculture, y compris le terrassement à flanc de colline, enlève les vieux arbres qui fournissent des tanières aux mères et diminue la capacité de certaines espèces de bambou à se régénérer34.

Dans le sud-ouest de la Chine, les pandas roux sont chassés pour leur fourrure, surtout pour leurs queues touffues très appréciées pour produire des toques. Dans ces régions, la fourrure est souvent utilisée pour les cérémonies culturelles locales. Dans les mariages, le marié porte traditionnellement la peau. Les chapeaux « porte-bonheurs » à queue de panda roux sont également utilisés par les jeunes mariés locaux42. Cette pratique est probablement assez ancienne car le panda roux semble être représenté dans un parchemin chinois du xiiie siècle à l'encre de Chine montrant une scène de chasse. Il n'existe peu ou pas de mention du panda roux dans la culture et le folklore népalais43.

Dans le passé, les pandas roux étaient capturés et vendus aux zoos. Angela Glatston, conservatrice au zoo de Rotterdam, a indiqué qu'elle avait personnellement géré 350 pandas roux en 17 ans69.

En raison de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction, ces captures pour les zoos ont considérablement diminué ces dernières années, mais le braconnage se poursuit et les pandas roux sont souvent vendus à des collectionneurs privés à des prix exorbitants. Dans certaines parties du Népal et de l'Inde, les pandas roux sont gardés comme animaux de compagnie70.

Le panda roux a un taux de natalité naturellement bas (généralement une naissance simple ou jumelée par an), et un taux de mortalité élevé dans la nature[réf. nécessaire].

Protection

Vue rapprochée d'un petit panda.

Panda roux, au zoo d'Auckland.
Le Petit panda est inscrit à l'Annexe I de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction71. L'espèce est classée en danger dans la Liste rouge de l'UICN depuis 2008 parce que la population mondiale est estimée à environ 10 000 individus, avec une tendance à la baisse de la population, et parce qu'il n'y a qu'environ la moitié de la superficie totale de l'habitat potentiel de 142 000 km2 qui est effectivement utilisée par l'espèce. En raison de leur nature timide et secrète, et de leurs habitudes largement nocturnes, l'observation des pandas roux est difficile. Par conséquent, les chiffres de population à l'état sauvage sont déterminés par des estimations de la densité de population et non par des comptages directs6.


Panda roux au repos sur un arbre.
Les estimations de la population mondiale varient de moins de 2 50072 pour l'estimation basse à entre 16 000 et 20 000 individus35 pour l'estimation haute. En 1999, la population totale en Chine était estimée entre 3 000 et 7 000 pandas roux42. En 2001, la population sauvage en l'Inde était estimée entre 5 000 et 6 000 individus35. Les estimations pour le Népal n'indiquent que quelques centaines d'individus73. Il n'existe aucun chiffre pour le Bhoutan ou la Birmanie.

Il est difficile de trouver des chiffres de population fiables, en partie parce que d'autres animaux ont été confondus avec le panda roux. Par exemple, un rapport de Birmanie indique que les pandas roux sont encore assez fréquents dans certaines régions ; cependant, la preuve photographique du « panda roux » qui l'accompagne est en fait une espèce de civette74.

Le panda roux est protégé dans tous les pays de son aire de répartition et sa chasse est illégale6. Au-delà, les efforts de protection sont très variables d'un pays à l'autre :

La Chine compte 35 aires protégées, couvrant environ 42,4 % de l'habitat du panda roux6.
L'Inde compte 20 aires protégées avec des populations connues ou possibles de panda roux dans le Sikkim, l'Arunachal Pradesh et le Bengale-Occidental, comme le parc national de Khangchendzonga, le parc national de Namdapha et le parc national de Singalila, et une politique de protection coordonnée pour le panda roux6.
Au Népal, on trouve des populations connues dans le parc national de Langtang, le parc national de Sagarmatha, le parc national de Makalu Barun, le parc national de Rara, l'aire de conservation de l'Annapurna, l'aire de conservation du Kanchenjunga et la réserve de chasse de Dhorpatan75.
Le Bhoutan compte cinq zones protégées qui abritent des populations de panda roux6.
La Birmanie compte 26 aires protégées (en), dont au moins une abrite des populations de panda roux6.
Initiatives in situ
Une forêt gérée par la communauté dans le district d'Ilam, dans l'est du Népal, abrite 15 pandas roux qui génèrent des revenus pour les ménages locaux grâce à des activités touristiques, y compris des séjours à domicile. Les villageois des zones de haute altitude de l'Arunachal Pradesh ont formé l'Alliance pour la conservation du panda roux de Pangchen (« Pangchen Red Panda Conservation Alliance »), qui comprend cinq villages avec une zone forestière communautaire de 200 km2 à une altitude entre 2 500 et plus de 4 000 m76.

En captivité
Une tête pelucheuse entre le chien et le chat, des oreilles blanches, un museau roux avec quelques tâches blanches sur le nez ou les joues, des moustaches blanches, un air vif.
Un ailurus fulgens au zoo de Karlsruhe, en 2019.
Le petit roux s'adapte bien à la vie en captivité et est commun dans les zoos du monde entier. En 1992, plus de 300 naissances avaient eu lieu en captivité et plus de 300 individus vivaient dans 85 institutions à travers le monde77 . En 2001, 182 individus se trouvaient dans les seuls zoos nord-américains78. En 2006, le stud-book international répertoriait plus de 800 individus dans les zoos et les parcs du monde entier. Dans ce nombre, 511 individus de la sous-espèce A. f. fulgens étaient gardés dans 173 institutions79 et 306 individus de la sous-espèce A. f. styani étaient gardés dans 81 institutions80.

Le stud-book international est actuellement géré au zoo de Rotterdam aux Pays-Bas. En coopération avec l'International Red Panda Management Group, ils coordonnent le programme américain pour les espèces menacées en Amérique du Nord, le Programme européen pour les espèces menacées et d'autres programmes d'élevage en captivité en Australie, en Inde, au Japon et en Chine80,81. En 2009, Sarah Glass, conservatrice des pandas roux et des expositions spéciales au zoo de Knoxville (en), à Knoxville au Tennessee, a été nommée coordonnatrice du North American Red Panda Species Survival Plan. Le zoo de Knoxville compte le plus grand nombre de naissances de panda roux en captivité dans l'hémisphère occidental (101 en août 2011). Seul le zoo de Rotterdam a eu plus de naissances en captivité dans le monde entier79,80.

Le parc zoologique himalayen de Padmaja Naidu (en) à Darjeeling, en Inde, a relâché avec succès quatre pandas roux élevés en captivité dans la nature en août et novembre 200381.

Domestication

Panda roux sur un ginkgo.
Un exemple notable de pandas roux gardé comme animaux de compagnie est le cas de l'ancienne Première ministre indienne Indira Gandhi. Les pandas ont été présentés à sa famille en tant que cadeau, avant d'être ensuite hébergés dans « une maison spéciale dans un arbre »82.

Le petit panda dans la culture
Dans les pays de son aire de répartition
Le panda roux est considéré comme l'animal symbole du Sikkim depuis le début des années 199083 et a été la mascotte du Darjeeling Tea Festival43.

Dans la culture occidentale
En 2005, Babu, un panda roux mâle du Birmingham Nature Centre à Birmingham, au Royaume-Uni, s'est échappé et est devenu brièvement une célébrité médiatique84,85 avant d'être recapturé. Il a ensuite été élu « Brummie (en) de l'année », devenant ainsi le premier animal à recevoir cet honneur84,85. Rusty, un panda roux mâle au zoo national de Washington DC, a également attiré l'attention des médias lorsqu'il s'est brièvement échappé en 201386,87.

En fiction, Bambou, personnage principal dans la série d'animation Bambou et Compagnie, est un panda roux[réf. nécessaire]. L'animal-totem de Li Xiong Mao88, dans Freaks' Squeele, une série de bande dessinée entamée en 2008 de Florent Maudoux ; Maître Shifu est un panda roux anthropomorphe professeur de kung fu, dans le film Kung Fu Panda de 2008 ainsi que dans les autres histoires se déroulant dans le même univers89. Le panda roux Futa a inspiré le personnage de Pabu, le « furet de feu » accompagnant le groupe de héros (principalement de Bolin) dans la série télévisée animée américaine La Légende de Korra90.

Petit panda et Firefox
Article détaillé : Mozilla Firefox#Identité visuelle.
Le petit panda donne son nom au navigateur web Firefox, dérivé de la suite logicielle libre Mozilla. En effet, le mot « firefox » est en anglais un surnom du panda roux91,92. Cependant, l'animal montré dans le logo est un renard stylisé93. La Fondation Mozilla a adopté, en décembre 2010, deux bébés panda roux pendant quelques mois94.

Le mot anglais Firefox (renard de feu) est souvent annoncé comme étant une traduction littérale du mot Chinois pour Red Panda95,96,97,98,99. Cependant le mot chinois ?? dont il est question concerne100,101,102 le logiciel Mozilla Firefox et non l'animal qui se dit ???103 et ???104.

Annexes
Sur les autres projets Wikimedia :

Ailurus fulgens, sur Wikimedia Commons
Ailurus fulgens, sur Wikispecies
Bibliographie
(en) Angela R. Glatston (dir.), The Red Panda, Olingos, Coatis, Raccoons, and Their Relatives, Union internationale pour la conservation de la nature, 1994, 59 p. (ISBN 2-8317-0046-9, lire en ligne [archive] [PDF])
(en) Angela R. Glatston (dir.), Red Panda : Biology and Conservation of the First Panda, William Andrew, 2010, 488 p. (ISBN 9781437778137, OCLC 690641639, présentation en ligne [archive], lire en ligne [archive])
Articles connexes
Panda géant
Références taxonomiques
(en) Référence Mammal Species of the World (3e éd., 2005) : Ailurus fulgens F. G. Cuvier, 1825 [archive]
(en) Référence Brainmuseum [archive] : Ailurus fulgens [archive]
(en) Référence Tree of Life Web Project : Ailurus fulgens [archive]
(fr) Référence Catalogue of Life : Ailurus fulgens F. G. Cuvier, 1825 [archive]
(fr+en) Référence ITIS : Ailurus fulgens F. G. Cuvier, 1825 [archive]
(en) Référence Animal Diversity Web : Ailurus fulgens [archive]
(en) Référence NCBI : Ailurus fulgens [archive] (taxons inclus [archive])
(en) Référence UICN : espèce Ailurus fulgens F.G. Cuvier, 1825 [archive]
(fr+en) Référence CITES : espèce Ailurus fulgens F. G. Cuvier, 1825 [archive] (+ répartition [archive]) (sur le site de l’UNEP-WCMC)
(fr) Référence CITES : taxon Ailurus fulgens [archive] (sur le site du ministère français de l'Écologie)
Liens externes
Notices d'autorité : Bibliothèque du CongrèsGemeinsame NormdateiBibliothèque nationale de la DièteBibliothèque nationale d’Israël
Ressources relatives au vivant : (en) Animal Diversity Web [archive](en) ARKive [archive](cs + en) BioLib [archive](en) Paleobiology Database [archive](en) Global Biodiversity Information Facility [archive](en) iNaturalist [archive](en) Interim Register of Marine and Nonmarine Genera [archive](en) Invasive Species Compendium [archive](en) Mammal Species of the World [archive](en) Species+ [archive](en) Système d'information taxonomique intégré [archive](en) Union internationale pour la conservation de la nature [archive]
Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste : Encyclopædia Britannica [archive]
(fr) (en) Référence Fonds documentaire ARKive [archive] : Ailurus fulgens [archive]
(fr) Petit panda ou panda roux [archive] sur le site dinosoria.com [archive]
Notes et références
(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Red panda » (voir la liste des auteurs).
Notes
En chinois, le nom déterminé est à la fin du groupe nominal, c'est donc « chat avec des caractères d'ours », alors que ce n'est pas un félin. L'origine de cette erreur tiendrait à une erreur de sens de lecture à une époque où le chinois se lisait de droite à gauche.
(en) « Description of a new Genus of the Class Mammalia, from the Himalaya Chain of Hills Between Nepaul and the Snowy Mountains ».
(en) « It is frequently discovered by its loud cry or call, resembling the word ‘Wha’, often repeating the same: hence is derived one of the local names by which it is known. It is also called Chitwa. »
Références
Étienne Geoffroy Saint-Hilaire et Frédéric Cuvier, Histoire naturelle des mammifères : avec des figures originales, coloriées, dessinées d'après des animaux vivans, t. 5, Paris, A. Belin, juin 1825 (lire en ligne [archive]), « Panda. », p. 242-246
« FIREFOX EST-IL UN PANDA ROUX OU UN RENARD DE FEU ? » [archive], sur Univers de Panda (consulté le 14 mars 2022)
« DicoLatin - Correspondance pour FULGENS » [archive], sur www.dicolatin.com (consulté le 14 mars 2022)
Mammal Species of the World (version 3, 2005), consulté le 26 novembre 2020
Meyer C., ed. sc., 2009, Dictionnaire des Sciences Animales. consulter en ligne [archive]. Montpellier, France, Cirad.
Nom en français d'après l'UICN sur le site de la liste rouge de l'UICN [archive].
Nom en français d'après idRef [archive].
Panda [archive] sur Le Trésor de la Langue Française Informatisé [archive] (TLFI).
(en) Murray Wrobel, Elsevier's dictionary of mammals : in Latin, English, German, French and Italian [« Dictionnaire des mammifères d'Elsevier : en latin, anglais, allemand, français et italien »], Elsevier, 2007, 857 p. (ISBN 9780444518774, OCLC 155850983, lire en ligne [archive]), p. 10.
Meyer C., ed. sc., 2015, Dictionnaire des Sciences Animales. [lire en ligne [archive]]. Montpellier, France, Cirad. [12 mai 2015].
Le panda roux, Firefox ! [archive] sur le site du zoo de la Palmyre.
Nom en français d'après Dictionary of Common (Vernacular) Names sur Nomen. [lire en ligne [archive]].
(en) Nom en français d’après Animal Word List [archive], Liste d’animaux du monde (français, latin, anglais, suédois).
(en) Murray Wrobel, 2007. Elsevier's dictionary of mammals: in Latin, English, German, French and Italian. Elsevier, 2007. (ISBN 0444518770), 9780444518774. 857 pages. Rechercher dans le document numérisé [archive].
A.R. Glatston et A. Gebauer, 2011, p. 12.
(en) Miles S. Roberts et John L. Gittleman, « Ailurus fulgens », Mammalian Species, The American Society of Mammalogists, no 222,? 14 novembre 1984, p. 1-8 (ISSN 0076-3519, OCLC 46381503, lire en ligne [archive], consulté le 22 août 2012).
Red panda (Ailurus fulgens) [archive]. arkive.org.
(en) David Burnie (dir.) et Don E. Wilson (dir.), Animals : The Definitive Visual Guide to the World's Wildlife, Londres/New York, Dorling Kindersley, 2001, 1re éd., 624 p. (ISBN 0-7894-7764-5 et 978-0-7894-7764-4).
Pocock, R.I., Fauna of British India, including Ceylon and Burma. Mammalia. – Volume 2., London, Taylor and Francis, 1941 (lire en ligne [archive]), p. 250–264.
Fisher, R. E., Adrian, B., Clay, E. et Hicks, M., « The phylogeny of the red panda (Ailurus fulgens): evidence from the hindlimb », Journal of Anatomy, vol. 213, no 5,? 2008, p. 607–28 (PMID 19014366, PMCID 2667555, DOI 10.1111/j.1469-7580.2008.00987.x).
(en) Yuxiang Fei, Rong Hou, James R. Spotila, Frank V. Paladino, Dunwu Qi et Zhihe Zhang, « Metabolic rate of the red panda, Ailurus fulgens, a dietary bamboo specialist », PLOS ONE, vol. 12, no 3,? 17 mars 2017, e0173274 (ISSN 1932-6203, PMID 28306740, PMCID 5356995, DOI 10.1371/journal.pone.0173274, Bibcode 2017PLoSO..1273274F, lire en ligne [archive])
A.R. Glatston (dir.), Lesley E. Northrop et Nancy Czekala, 2011, p. 137.
A.R. Glatston (dir.), Lesley E. Northrop et Nancy Czekala, 2011, p. 131-132.
(en) « Ailurus fulgens (red panda) » [archive], sur Animal Diversity Web (consulté le 10 juin 2018).
(en) « Red panda (Ailurus fulgens) longevity, ageing, and life history » [archive], sur genomics.senescence.info (consulté le 10 juin 2018).
« Red Panda – Diet » [archive du 28 juin 2015], Rochester Institute of Technology (consulté le 6 septembre 2016).
« Red Panda » [archive], Birmingham Zoo (consulté le 6 septembre 2016).
(en) « Red panda » [archive], sur Smithsonian's National Zoo, 22 avril 2016 (consulté le 2 octobre 2019).
(en) Wei, F, Feng, Z., Wang, Z., Zhou, A. et Hu, J., « Use of the nutrients in bamboo by the red panda Ailurus fulgens », Journal of Zoology, vol. 248, no 4,? 1999, p. 535–541 (DOI 10.1111/j.1469-7998.1999.tb01053.x).
« Pandas opt for low-cal sweeteners », BBC News,? 16 avril 2008 (lire en ligne [archive], consulté le 8 mai 2008).
(ja) « Constatations anatomiques pathologiques » [archive].
(ja) « Infestation de vers filamenteux de chien » [archive].
(ja) « Un cas d'autopsie de Lesser Panda » [archive].
Glatston 1994, p. 20.
(en) Anwaruddin Choudhury, « An overview of the status and conservation of the red panda Ailurus fulgens in India, with reference to its global status », Oryx, Flora & Fauna International, vol. 35, no 3,? 20 décembre 2001, p. 250–259 (DOI 10.1046/j.1365-3008.2001.00181.x).
(en) Angela R. Glatston (dir.) et J. W. Duckworth, Red panda : biology and conservation of the first panda [« Le Panda roux : Biologie et conservation du premier panda »], Londres, William Andrew, 2010, 488 p. (ISBN 9781437778137, 1437778135 et 9781437778144, OCLC 690641639, DOI 10.1016/C2009-0-20348-5, lire en ligne [archive]), chap. 24 (« Records and Reports of Red Pandas Ailurus fulgens from Areas with Warm Climates »), p. 426-131.
Wegge, P. (1976) Himalayan shikar reserves: surveys and management proposals. Field Document No. 5. FAO/NEP/72/002 Project, Kathmandu.
Sharma, H.P., Belant, J.L., « Distribution and observations of Red Pandas Ailurus fulgens fulgens in Dhorpatan Hunting Reserve, Nepal », Small Carnivore Conservation, vol. 40,? 2009, p. 33–35 (lire en ligne).
Bolton, M. (1976) Lake Rara National Park management plan. Working Document No. 3. FAO/UNDP National Parks and Wildlife Conservation Project, Nepal.
Sharma, H. P. (2008) Distribution and conservation status of Red Panda (Ailurus fulgens) in Rara National Park, Nepal. Final Report to People’s Trust for Endangered Species, London, Royaume-Uni.
Bing Su, Yunxin Fu, Wang, Y., Li Jin et Chakraborty, R., « Genetic Diversity and Population History of the Red Panda (Ailurus fulgens) as Inferred from Mitochondrial DNA Sequence Variations », Molecular Biology and Evolution, vol. 18, no 6,? 2001, p. 1070–1076 (PMID 11371595, DOI 10.1093/oxfordjournals.molbev.a003878).
F. Wei, Z. Feng, Z. Wang et J. Hu, « Current distribution, status and conservation of wild red pandas Ailurus fulgens in China », Biological Conservation, vol. 89, no 89,? 1999, p. 285–291 (DOI 10.1016/S0006-3207(98)00156-6).
Glatston 1994, p. 8.
M. Roberts, « Red Panda: The Fire Cat » [archive du 15 octobre 2009], 1992 (consulté le 26 novembre 2009).
(la + en) Hardwicke, T., « Description of a new Genus of the Class Mammalia, from the Himalaya Chain of Hills between Nepaul and the Snowy Mountains », Linnean Society of London, vol. XV,? 1827, p. 161–165 (DOI 10.1111/j.1095-8339.1826.tb00113.x, lire en ligne [archive]).
Glatston 2010, p. 3
Perseus Digital Library. Greek Dictionary ???????? [archive] Headword Search Result.
Perseus Digital Library. Latin Dictionary fulgens [archive] Headword Search Result.
Larousse, P. (1866–77) Grand dictionnaire universel du xixe siècle : français, historique, géographique, mythologique, bibliographique, littéraire, artistique, scientifique Panda ou Pantica [archive] Larousse et Boyer, Paris.
Simpson DP, Cassell's Latin Dictionary, London, Cassell Ltd., 1979, 5e éd. (ISBN 0-304-52257-0).
Flynn, J. A. Finarelli, S Zehr, J Hsu et M. A. Nedbal, « Molecular phylogeny of the carnivora (mammalia): assessing the impact of increased sampling on resolving enigmatic relationships », Systematic Biology, vol. 54, no 2,? 2005, p. 317–337 (PMID 16012099, DOI 10.1080/10635150590923326).
J. J. Flynn et M. A. Nedbal, « Phylogeny of the Carnivora (Mammalia): Congruence vs incompatibility among multiple data sets », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 9, no 3,? 1998, p. 414–426 (PMID 9667990, DOI 10.1006/mpev.1998.0504).
J. J. Flynn, M. A. Nedbal, J. W. Dragoo et R. L. Honeycutt, « Whence the Red Panda? », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 17, no 2,? 2000, p. 190–199 (PMID 11083933, DOI 10.1006/mpev.2000.0819, lire en ligne [archive], consulté le 23 septembre 2009).
Darrin Naish, « The once mighty red panda empire » [archive du 2 septembre 2009], Tetrapod Zoology, 5 avril 2008 (consulté le 9 janvier 2010).
Tedford, R.H. et Gustafson, E.P., « First North American record of the extinct panda Parailurus », Nature, vol. 265, no 5595,? 1977, p. 621–623 (DOI 10.1038/265621a0, Bibcode 1977Natur.265..621T).
Steven C. Wallace et Xiaoming Wang, « Two new carnivores from an unusual late Tertiary forest biota in eastern North America », Nature, vol. 431, no 7008,? 30 septembre 2004, p. 556–559 (PMID 15457257, DOI 10.1038/nature02819, Bibcode 2004Natur.431..556W).
(en) « Exclusive: Traces of Red Panda Found in Tennessee » [archive], sur aolnews.com, 9 août 2010 (consulté le 13 janvier 2020).
(en) Barber, Rex (25 mai 2012). Second red panda skeleton uncovered at Gray Fossil Site [archive]. Johnson City Press. Consulté le 25 mai 2012.
Manuel J. Salesa, Antón Mauricio, Stéphane Peigné et Jorge Morales, « Evidence of a false thumb in a fossil carnivore clarifies the evolution of pandas », PNAS, vol. 103, no 2,? 2006, p. 379–382 (PMID 16387860, PMCID 1326154, DOI 10.1073/pnas.0504899102, Bibcode 2006PNAS..103..379S).
A.R. Glatston (dir.), Colin Groves, 2011, p. 101-121.
A.R. Glatston (dir.), 2011, p. 450.
Milne-Edwards, H., « Recherches pour servir à l'histoire naturelle des mammifères comprenant des considérations sur la classification de ces animaux », G. Masson, Paris, vol. 11, no 285,? 1874, p. 394 (DOI 10.1038/011463a0, Bibcode 1875Natur..11..463.).
Glover, A. M., The Mammals of China and Mongolia, New York: Muséum américain d'histoire naturelle, 1938 (lire en ligne [archive]), p. 314–317.
Wilson, Don E. (dir.) et Mittermeier, Russell A. (dir.), Handbook of the Mammals of the World, Volume 1: Carnivores, Lynx Edicions, 2009 (ISBN 978-84-96553-49-1), p. 503.
Y. Hu, A. Thapa, H. Fan, T. Ma, Q. Wu, S. Ma, D. Zhang, B. Wang, M. Li, L. Yan et F. Wei, « Genomic evidence for two phylogenetic species and long-term population bottlenecks in red pandas », Science Advances, vol. 6, no 9,? 2020, eaax5751 (PMID 32133395, PMCID 7043915, DOI 10.1126/sciadv.aax5751, Bibcode 2020SciA....6.5751H, lire en ligne [archive])
F. E. Zachos, « Species splitting puts conservation at risk », Nature, vol. 494, no 7435,? 2013, p. 35 (PMID 23389532, DOI 10.1038/494035c)
F. E. Zachos et S. Lovari, « Taxonomic inflation and the poverty of the phylogenetic species concept – a reply to Gippoliti and Groves », Hystrix, vol. 24, no 2,? 2013, p. 142–144 (DOI 10.4404/hystrix-24.1-8849, CiteSeerx 10.1.1.935.6918)
Yonzon, P. B., Hunter Jr., M. L., Shobrak et Habibi, « Conservation of the red panda Ailurus fulgens », Biological Conservation, vol. 58, no 57,? 1991, p. 85 (DOI 10.1016/0006-3207(91)90046-C).
Glatston 1994, p. 11.
World Wildlife Fund, « I'm a good luck charm. That's my bad luck. » [archive du 17 décembre 2009] (consulté le 26 septembre 2009).
(en) « Appendices I, II and III » [archive], sur cites.org, 4 octobre 2017 (consulté le 29 avril 2018).
(en) R. M. Nowak, Walker’s Mammals of the World, vol. 2, Baltimore, Johns Hopkins University Press, 1999, 6e éd. (ISBN 0-8018-5789-9), p. 695–696.
Massicot, P., « Animal Info: Red Panda » [archive], 2006 (consulté le 2 septembre 2008).
Glatston 1994:viii.
Bhuju, U.R., Shakya, P.R., Basnet, T.B., Shrestha, S. (2007) Nepal Biodiversity Resource Book. Protected Areas, Ramsar Sites, and World Heritage Sites. International Centre for Integrated Mountain Development, Ministry of Environment, Science and Technology, in cooperation with United Nations Environment Programme, Regional Office for Asia and the Pacific. Kathmandu, (ISBN 978-92-9115-033-5) pdf [archive].
Headlines Himalaya, vol. 138, 2010, « Red Pandas from Choyatar ».
(en) Miles S. Roberts, « Red Panda: The Fire Cat », 1992 (consulté le 26 novembre 2009).
ARKive, « Red Panda » [archive], 2008 (consulté le 2 septembre 2008).
(en) Angela Glatston, Red Panda International Studbook - Ailurus fulgens fulgens held in zoos in 2006, Zoo de Rotterdam, 2007 (lire en ligne [archive] [PDF]).
(en) Angela Glatston, Red Panda International Studbook - Ailurus fulgens styani held in zoos in 2006, Zoo de Rotterdam, 2007 (lire en ligne [archive] [PDF]).
Srivastav, Anupam et al., « National Studbook of Red Panda (Ailurus fulgens) Data till May 2009 » [archive], Wildlife Institute of India, juillet 2009 (consulté le 26 septembre 2009).
Mahesh Rangarajan, « Striving for a balance: Nature, power, science and India's Indira Gandhi, 1917–1984 », Conservation and Society, vol. 7, no 4,? 2009, p. 299–312 (DOI 10.4103/0972-4923.65175, lire en ligne [archive]).
« The Official Website of the Government of Sikkim » [archive], Government of Sikkim (consulté le 15 novembre 2010).
« Red panda boosts visitor numbers », BBC Online,? 24 janvier 2006 (lire en ligne [archive], consulté le 12 janvier 2011).
Jon Bounds, « Brummie of the Year 2005 » [archive], Birmingham: It's Not Shit (consulté le 12 janvier 2011).
T. Gabriel, « A Panda Escapes From the Zoo, and Social Media Swoop In With the Net », New York Times,? 24 juin 2013 (lire en ligne [archive], consulté le 25 juin 2013).
P. K. Day, « Rusty the red panda went missing and ABC News was on the case », Los Angeles Times,? 24 juin 2013 (lire en ligne [archive], consulté le 25 juin 2013).
« Li Xiong Mao (Freaks’ Squeele) » [archive], sur Otakia » Tests et articles de livres, objets, séries et produits dérivés (consulté le 21 septembre 2020).
James Gorman, « Red Pandas Are Adorable and in Trouble », The New York Times,? 17 août 2015 (lire en ligne [archive], consulté le 8 novembre 2017).
Bryan Konietzko, « Years ago, on the Avatar production, ... » [archive], 28 septembre 2012 (consulté le 29 septembre 2012).
(en) F.A.Q. Firefox, l'explication de la fondation Mozilla [archive].
« Red panda » [archive], BBC Nature (consulté le 20 août 2014).
(en) « Branding Firefox » [archive], sur hicksdesign.co.uk, 9 février 2004 (consulté le 7 octobre 2017).
(en) « Meet the Newest (and Cutest) Mozillians » [archive], sur blog.mozilla.com, 3 décembre 2010.
Garrity, S., Markham, G., Goodger, B., Decrem, B. et al. 1998–2011 What's a Firefox? — A "Firefox" is another name for the red panda. [archive] Mozilla.org.
(en) « Red Panda Network: Fun facts » [archive], Red Panda Network, 2008 (consulté le 18 décembre 2009).
(en) « Red Pandas » [archive], Wellington Zoo, 2008 (consulté le 18 décembre 2009).
(en) « Animals & Exhibits: Red Panda » [archive], Lincoln Children's Zoo (consulté le 18 décembre 2009).
(en) Species Survival Commission, Raccoons and their Relatives, IUCN - The World Conservation Union, 1995 (ISBN 978-2-8317-0051-9), p. 4.
(en) « ?? » [archive], MDBG Chinese-English Dictionary,? 2011.
(en) « Chinese-English Talking Dictionary » [archive], YellowBridge (consulté le 5 décembre 2009).
(en) « English / Chinese / English Online Dictionary » [archive], CIN, 2008 (consulté le 5 décembre 2009).
(en) « ??? » [archive], MDBG Chinese-English Dictionary,? 2011.
(en) « ??? » [archive], MDBG Chinese-English Dictionary,? 2011.

[masquer]
v · m
Les différents genres vivants et fossiles d'Ailuridés
Règne : Animal · Embranchement : Chordé · Classe : Mammifère · Ordre : Carnivore · Sous-ordre : Caniformia
Ailurinés Ailurus (Petit panda) · †Magerictis · †Parailurus · †Pristinailurus
†Amphictinae †Amphictis
†Simocyoninae †Actiocyon · †Alopecocyon · †Protursus · †Simocyon
icône décorative Portail des mammifères icône décorative Portail de la conservation de la nature icône décorative Portail de la Chine icône décorative Portail du Tibet icône décorative Portail du Népal icône décorative Portail de la Birmanie icône décorative Portail de l’Inde
Catégories?: CITES annexe IStatut UICN En dangerCarnivore (nom scientifique)Ailuridae[+]
La dernière modification de cette page a été faite le 1 avril 2022 à 17:01.
Droit d'auteur : les textes sont disponibles sous licence Creative Commons attribution, partage dans les mêmes conditions ; d’autres conditions peuvent s’appliquer. Voyez les conditions d’utilisation pour plus de détails, ainsi que les crédits graphiques. En cas de réutilisation des textes de cette page, voyez comment citer les auteurs et mentionner la licence.
Wikipedia® est une marque déposée de la Wikimedia Foundation, Inc., organisation de bienfaisance régie par le paragraphe 501(c)(3) du code fiscal des États-Unis.
Politique de confidentialitéÀ propos de WikipédiaAvertissementsContactVersion mobileDéveloppeursStatistiquesDéclaration sur les témoins (cookies)Wikimedia FoundationPowered by MediaWiki
avatar gameknight
De gameknight
Le 22/04/22 à 10:23:29


L’enfance est une notion qui pose problème. Rousseau indique dans la préface : « On ne connaît point l’enfance, sur les fausses idées qu’on en a, plus on en a plus on s’égare »

I) Problème de la polysémie du terme

Le terme enfance a 4 sens :
– C’est la période du début de la vie humaine
– C’est une idée de début, qui ne se rapporte pas forcément à la vie (enfance de l’art, de l’humanité)
– L’enfance désigne aussi une conception/caractérisation particulière de cette époque, elle n’est pas seulement une délimitation temporelle mais renvoie aussi à des comportements, paroles, caractéristiques sans rapport avec la chronologie. Un vieillard qui perd son autonomie « retourne en enfance ». Rousseau écrit, p.127 : « Mais voyez ce vieillard infirme et cassé, ramené par le cercle de la vie humaine à la faiblesse de l’enfance »
– Le mot désigne aussi une condition, celle du jeune par rapport à l’adulte, de l’enfant par rapport aux parents ; on est toujours l’enfant de ses parents

Ces définitions posent un problème de délimitation : le début de l’enfance est-il la naissance ? Avant ? La fin est-elle la puberté, l’indépendance, la majorité, la mort des parents ?

Dans le dictionnaire, enfance : période qui s’étend de la naissance à l’âge adulte, constituée des 1ers âges de la vie, suivie de la peine maturité et de la vieillesse.
Le 1er article de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant définit l’enfant comme « un être humain âgé de moins de 18 ans sauf si la législation est différente. » Délimiter l’enfance par une temporalité commune à tous les hommes n’est pas satisfaisante car la notion est très complexe.

II) Problèmes de délimitation

1) L’entrée dans l’enfance

On pourrait dire que l’enfance est une période sans commencement ou qui débute avant la naissance car l’enfant est le fruit de désir et s’inscrit dès avant sa naissance dans une classe sociale, contexte intellectuel, réseau de communication. Ainsi Wole est naturellement porteur des valeurs culturelles de son père et il s’inscrit dans la place que tous les deux accordent aux livres (p.253)
Norbert Elias, sociologue, l’enfance n’a pas un commencement repérable car l’enfant est inscrit dans un réseau intersubjectif avant même d’être quelque chose : poursuite d’une dynamique déjà engagée.

2) La sortie de l’enfance

a) Variations historiques et culturelles

L’âge de la sortie de l’enfance diffère grandement avec les époques et les sociétés. Jaucourt écrit dans l’Encyclopédie sur le thème de l’enfance : « C’est la première partie de la vie humaine selon la division que l’on en fait en différents âges, eut égard à ce qu’elle peut durer naturellement ; ainsi on appelle enfance l’espace de temps qui s’écoule de la naissance jusqu’à ce que l’homme soit parvenu à avoir l’usage de la raison, c’est à dire à l’âge de 7-8 ans. » Aujourd’hui en France on est officiellement enfant jusqu’à ses 18 ans. Dans l’Antiquité, on devient adulte à la puberté (13-14 ans), aujourd’hui, entre 14 et 21 ans selon les États.

b) Variations individuelles

La sortie de l’enfance dépend du développement psycho-physique de l’individu. Pour Andersen, l’apparition de la raison marque la fin de l’enfance. Dans « La Cloche », le narrateur indique : « d’enfants qu’ils étaient, ils devenaient soudain des adultes, leur âme d’enfant devait passer en quelque sorte dans une personne plus raisonnable ». Rousseau ne considère pas que la sortie de l’enfance est liée à des bornes chronologiques. L’enfance demeure tant que les forces de l’enfant continuent à progresser mais demeurent inférieures à ses besoins. Par ailleurs, pour Rousseau, l’enfance dure tant que l’enfant perfectionne sa raison par l’usage de ses sens. Or ces processus sont absolument individuels et certains h demeurent de grands enfants, comme le montre la gourmandise. p.305 : « J’ai quelque fois examiné ces gens qui songeaient en s’éveillant à ce qu’ils mangeraient dans la journée et décrivaient un repas avec plus d’exactitude que n’en met Polybe à décrire un combat. J’ai trouvé que ces prétendus hommes n’étaient que des enfants de 40 ans sans vigueur ni consistance. » Dans tous les cas, Rousseau définit l’enfance de façon individuelle : « chacun avance plus ou moins selon son génie, son goût, ses besoins, ses talents, son zèle, et les occasions qu’il a de s’y livrer » p.112-113

3) Un processus continu

Il est difficile d’isoler l’âge de l’enfance de l’âge d’homme puisque le 1er rend possible le 2nd et puisque le développement de l’individu est un processus continu. Bergson prend le devenir de l’enfant à l’homme comme exemple d’évolution. Nous sommes dans l’illusion lorsque nous discernons des âges cloisonnés . Une évolution vitale est un mouvement continu dans lequel avant/après est indistinguable. Il s’agit d’un processus insensible, non d’un saut brusque, qui passe subitement d’un état à un autre. L’enfance échappe à nos efforts de datation car elle est un élan vital continu. Dans L’Évolution Créatrice, Bergson pense la sortie insensible de l’enfance en termes de choix et de renoncements. L’enfance serait par excellence l’âge des possibles et de l’indétermination, l’âge où différentes possibilités se dessinent sans se distinguer, où différents avenirs se forment sans encore se distinguer. Grandir implique de sortir de l’indétermination, de choisir une voie et donc d’écarter un nombre infini de possibilités. Rousseau dans Émile retrace aussi ce processus continu qui conduit de l’existence purement physique propre au nourrisson à l’apparition de l’être moral. Les sentiments, la mémoire, la raison sensitive en sont les étapes. Chez le petit enfant, les facultés de l’homme futur sont en sommeil et attendent d’être développées au moment qui convient naturellement dans un processus continu.

4) L’impossibilité d’en finir avec l’enfance

a) L’enfance construit l’adulte

L’enfance est toujours bien vivante en nous, elle ne meurt pas car elle est ce qui nous a construit, c’est l’avis de la pédagogue italienne Maria Montessori : « L’enfant est la partie la plus importante de la vie de l’adulte, il est le constructeur de l’adulte ». Rousseau insiste aussi sur cette étape déterminante qu’est l’enfance, car pour lui l’enfant est l’homme à ses origines, pur et innocent. L’enfant court le risque de se dénaturer s’il n’est pas éduqué convenablement. L’enfance est pour Rousseau le fondement de l’âge adulte, le moment où il faut aguerrir l’homme aux malheurs de l’âge adulte. « C’est à cet âge qu’on prend les 1ères leçons de courage et que souffrant sans effroi de légères douleurs on apprend par degrés à supporter les grandes » p.146 C’est aussi un moment déterminant car on y accède à la pleine conscience de son être : « il devient véritablement un » p.148. Chez Andersen, Jorgen construit toute sa vie sur l’histoire d’anguilles racontée par son oncle dans son enfance : « Et cette histoire devient le fil conducteur de la vie de Jorgen, ce qui détermina son humeur » p.297. De même, les sensations de l’enfance perdurent chez Jorgen à l’âge adulte. « Le souvenir qu’il [le sureau] lui laissa avec les tilleuls fut tout au long de sa vie le parfum et le charme du Danemark que son âme d’enfant garda pour sa vieillesse. »
L’enfance de Soyinka forgera aussi le citoyen qu’il deviendra. Le citoyen engagé et militant apparaît déjà dans l’enfant fasciné par le groupe de femmes qui se battent pour leurs droits, dont il devient le messager spécial (p.262). Ainsi, l’enfance perdure dans l’âge adulte car nous nous formons pendant l’enfance, avons des sensations pendant l’enfance qui restent, parce que notre enfance nous mène à faire des choix. « Une histoire des dunes », p.294 : « L’enfance a pour tout le monde ses moments lumineux qui par la suite illuminent toute la vie ».

b) L’enfance est la nostalgie de nos rêves

Toute sa vie l’adulte se juge par rapport à l’enfant qu’il était, aux rêves qu’il nourrissait et n’a pas accompli. Alors que l’enfant avait ses rêves possibles, l’adulte ne les a pas atteint. L’enfant vit donc en nous comme un reproche et un regret. Pour Françoise Dolto, l’enfant n’existe pas, c’est un concept abstrait, une construction des adultes, elle est la somme des regrets, nostalgies, aspirations auxquelles l’adulte a du renoncer. « L’Enfant n’existe pas plus que la Femme, entités abstraites qui masquent les individus. De même que les adultes projettent sur les enfants ce qu’ils rejettent d’un univers et ce qu’ils ne trouvent pas ailleurs, de même l’homme projette sur la femme ses fantasmes, rêves déçus, mal-être » (La Cause des Enfants)
Certains même refusent de grandir, comme dans le roman Peter Pan and Wendy de Barrie. Pour Soyinka, l’enfance est un paradis perdu puisqu’il parle d’un passé heureux et le livre commence sur un présent désenchanté. « Il est arrivé malheur à la mission d’Aké. Le sol s’est érodé, les pelouses se sont dénudées et le mystère a été chassé des hauteurs autrefois si secrètes. » p.7. En revanche, le verger de l’enfance est présenté comme un paradis habité par Dieu : « Il était clair que seul le grenadier pouvait être le pommier qui avait fait perdre à Adam et Eve les joies du paradis. » De même, chez Rousseau, l’enfance est « un bien précieux » (p.150) sur lequel on porte un regard nostalgique. « Qui de vous n’a pas regretté quelquefois cet âge ou le rire est toujours sur les lèvres et où l’âme est toujours en paix ? » p.150

c) Il existe une permutation constante entre l’enfant et l’adulte

Rousseau rapporte, p.125, les mots de l’Abbé Saint-Pierre, qui « appelait les hommes de grands enfants ; on pourrait appeler réciproquement les enfants de petits hommes ». Autrement dit les rôles de l’adulte semblent réversibles. Rousseau constate de fait que certains êtres restent bloqués à l’état de l’enfance quand d’autres bizarrement ne l’ont pas connu. « Comme il y a des hommes qui ne sortent jamais de l’enfance, il y en a d’autres qui pour ainsi dire n’y passent point et sont hommes presque en naissant » p.205. Selon lui, l’enfance et l’âge adulte sont deux étapes distinctes qu’il convient de respecter. Tout adulte doit avoir été enfant : « laissez mûrir l’enfance dans les enfants » p.181-182. L’enfance est pour Rousseau un état spécifique et qui doit le rester. Il dit p.174 : « l’enfance a des manières de voir, de penser, de sentir qui lui sont propres ». Inversement, un homme qui en reste au stade de l’enfance est un adulte ridicule. Soyinka par exemple décrit des adultes enfantins : « c’était étrange de voir ces grandes personnes cabrioler dans la maison, comme des gamins qui avaient défilé au rythme de la fanfare » p.103. Chez Andersen également on voit cette permutation entre l’enfant et l’adulte, par exemple les enfants ont des peines d’adulte, comme la petite fille pauvre dans le conte « Une peine de cœur » qui ne peut se payer un bouton de bretelle pour voir le tombeau du chien : « c’était une peine de cœur, une grande, comme peut souvent l’être celle d’un adulte » p.239. D’ailleurs, Gerda et Kay, à la fin de leur aventure, fusionnent les deux états enfant et adulte puisque Andersen écrit p.188 : « ils étaient assis là tous deux, adultes, et cependant enfants, enfants par le cœur ». Dans la morale chrétienne, il faut rester des grands enfants parce qu’on est toujours les enfants de Dieu. Andersen p.188 cite un passage de la Bible : « si vous ne devenez pas comme des enfants vous n’entrerez pas dans le royaume de Dieu ».

III) Des problèmes d’unité du concept

1) La disparité des âges de l’enfance

Le terme recouvre des moments extrêmement divers qui touchent le nourrisson comme l’adolescent. On peut donc remettre en question l’unité conceptuelle du terme enfance qui selon la convention internationale des droits de l’enfant définit l’enfant comme un être humain âgé de moins de 18 ans. Entre 0 et 18 ans, on a des facettes extrêmement différentes de l’enfance. Soyinka désigne dans son livre les années d’enfance les 11 premières années de sa vie. Rousseau, au début du livre II, indique : « c’est ici le second terme de la vie, et celui auquel proprement finit l’enfance, car les mots infans et puer ne sont pas synonymes. Le premier est compris dans l’autre, et signifie ‘‘qui ne peut parler’’. » Pour Rousseau, l’enfance embrasse le premier âge, de 0 à 2 ans, mais aussi le 2e âge, puer, et le 3e, la pré adolescence. Les critères juridiques eux-mêmes montrent cette disparité : en France par exemple, il faut avoir 18 ans pour voter, la majorité sexuelle est fixée à 15 ans, et on est pénalement responsable de ses actes à 13 ans.

2) La disparité des critères de repérage de l’enfance

a) Un âge organique et biologique

Des repères biologiques déterminent la fin de l’enfance. C’est la maturité sexuelle génitale et la terminaison de l’ossification. La puberté signe la fin de l’enfance car elle dote l’enfant d’un corps d’adulte. Mais même cet âge organique diffère selon les pays et les époques. Dans les années 90, l’âge moyen des premières règles au Sénégal est de 16,1 ans et de 12,6 en France. Au milieu du XIXe siècle en France, cet âge moyen tourne autour de 16 ans.

b) Un âge social

L’âge pour définir l’enfance évolue dans le temps et selon les cultures, et le cas des filles est extrêmement parlant. En France, jusqu’au XIXe siècle, on considère une fille de 12-13 ans suffisamment âgée pour être épousée, alors qu’elle n’avait bien souvent pas atteint la puberté. Aujourd’hui, la fille est pubère bien avant de pouvoir se marier.

c) Un âge intellectuel

Il est difficile d’identifier l’enfance en matière intellectuelle dans la mesure où le développement psycho-intellectuel est individuel. Hannah Arendt, dans La Crise de la Culture, montre que c’est peut-être l’obtention du premier diplôme de l’enseignement supérieur qui permettrait de repérer la fin de l’enfance parce que dans ce cas là l’individu entre dans le monde et apprend ce qu’est le monde.

IV) Difficulté de représentation

L’enfant est incapable de raconter son histoire, d’abord parce qu’il n’a pas les mots, et ensuite parce qu’il est égocentré et donc incapable de prendre de la distance vis-à-vis de lui-même. On verra que pour Rousseau, l’enfant est centré sur lui-même, sur ses sensations, sur son présent.

La représentation de l’enfance est toujours une représentation que les adultes ont de l’enfance. C’est pourquoi Rousseau dit p.46 : « on ne connaît point l’enfance : sur les fausses idées qu’on en a, plus on va, plus on s’égare ».

1) Des souvenirs vagues ou disparus

Avant le XIXe siècle, les auteurs d’autobiographie ne doutent pas de la possibilité de raconter leur enfance, c’est par exemple le cas de Rousseau dans Les Confessions qui jure de dire toute la vérité sur lui-même. A partir du XXe siècle, on constate que le récit d’enfance n’est jamais un récit de vérité parce que les souvenirs ont disparu, se sont modifiés, sont entachés d’erreur, sont manipulés par des principes inconscients. Sartre dans Les Mots fait son autobiographie, présente sont père comme un homme médiocre, sans intérêt, qui a bien fait de mourir jeune, or la vérité est que son père est un homme extrêmement cultivé, collectionneur d’art, polytechnicien, les souvenirs de Sartre sont peut-être modifiés par le complexe d’Œdipe.

2) Cette représentation se fait toujours à partir d’une extériorité

Les souvenirs d’enfance ne nous livrent pas notre état d’enfance puisqu’ils sont reconstruits par l’adulte. C’est toujours à l’âge adulte qu’on parle de son enfance. Ce qu’on dit de l’enfance est toujours une interprétation, quelque chose qui nous échappe, puisque l’enfant qui est l’objet de l’enquête a lui-même disparu. L’enfance est pensée après coup, une fois achevée, à partir d’une extériorité, celle de l’adulte. L’enfance est aussi saisie à partir de photos, de films. C’est donc à travers une double extériorité, la sienne et celle des autres, que l’homme cherche à retrouver l’intériorité d’un vécu qui a disparu, celui de l’enfance.
Pour Perec dans W ou le souvenir d’enfance, l’enfance est « ce qui fut, sans doute, pour aujourd’hui ne plus être, mais ce qui fut aussi pour que je sois encore »

3) Il y a une nature de l’homme et de l’enfant qui sont différentes

Descartes dans le Discours de la Méthode indique « nous avons tous été enfants avant que d’être hommes ». Descartes distingue donc un avant, l’enfance, et un après, l’âge d’homme. Il introduit donc l’idée que l’enfant n’est pas un homme, et pour lui, l’enfant ne partage pas la même nature que celle de l’homme, car l’enfant n’a pas toutes les capacités que possède l’adulte, et notamment il n’a pas la raison, il est dans l’erreur, dans l’imagination. L’homme et l’enfant ne sont donc pas de même nature : comment un homme peut-il se représenter l’enfant qu’il a été alors que la nature des 2 individus est différent ?
On comprend pourquoi Rousseau insiste sur le fait qu’il faut considérer « l’enfant dans l’enfant » (p.151), et non l’homme dans l’enfant. Pour Rousseau aussi, enfant et adulte ont des capacités distinctes, par exemple le langage. Infans, c’est celui qui ne parle pas. A l’inverse, lorsqu’on fait jouer l’enfant à l’adulte, « nous produirons des fruits précoces qui n’auront ni maturité ni saveur et ne tarderont pas à se corrompre, nous aurons de jeunes docteurs et de vieux enfants » p.173. La nature de l’homme et de l’enfant étant différentes, les outils étant différents, l’homme, l’adulte, a des difficultés pour se représenter l’enfant.















Chapitre 2

Il faut considérer l’enfance comme un moment spécifique de la vie humaine avec ses caractéristique propres. Rousseau considère aussi la singularité de l’enfance dans ses manières de sentir, de voir le monde, de se rapporter aux choses et aux autres. « l’enfance a ses manières de voir, de penser, de sentir qui lui sont propres » p.174

I) Regards de l’histoire

1) Dans l’Antiquité grecque

L’enfant est élevé dans le gynécée, l’espace réservé aux femmes. Il en sort vers l’âge de 7 ans si c’est un garçon pour se mêler aux hommes, pratiquer des sports et apprendre à lire et à écrire si les parents en ont les moyens. Entre 16 et 18 ans, il est exclu de la ville, il vit dans des casernes aux marges de la cité, c’est une période d’initiation qu’on appelle l’éphébie, qui prépare le jeune homme à la place de citoyen et d’homme.

2) A Rome

Enfant vient de infans, « qui ne parle pas », mais il y a d’autres mots pour désigner l’enfant, notamment puer, qui désigne l’enfant mâle entre 7 ans et 15 ans, et puella, la jeune fille vierge (de 7 à 12 ans). Le mot liberi désigne l’enfant par rapport aux parents, sans nuance d’âge. La fille est soumise à son père puis à son mari, elle n’a aucune indépendance, mais le fils n’est pas non plus indépendant : il dépend de son père, le pater familias, qui a des droits illimités sur lui, parce que si c’est la mère qui met l’enfant au monde c’est le père qui le met dans la société. Il existe en effet une cérémonie devant le foyer domestique, 8 ou 9 jours après la naissance, au cours de laquelle le père reconnaît l’enfant en le soulevant de terre et en lui donnant son nom. L’enfance prend fin lorsque le garçon prend la toge virile, vers 15 ans, et pour la fille lorsqu’elle se marie vers 12 ans. L’enfant est donc perçu d’abord comme un être asexué, infans désignant à la fois la fille et le garçon. L’enfant est défini négativement, puisqu’il est celui qui ne parle pas. Il est situé en dehors de la société puisque privé de parole, il est hors du débat et hors de la culture. Par ailleurs, il n’a aucun droit puisque son père a tous les droits sur lui.

3) En France sous l’ancien régime (jusqu’au XVIIIe siècle)

On retrouve en France jusqu’au XVIIIe siècle les mêmes idées d’infériorité sociale, d’absence d’autonomie, d’incapacité de raisonner de l’enfant. Furetière, dictionnaire universel : enfance = bas âge de raison, en 1690. L’enfance est donc un manque. On s’adresse à quelqu’un en l’appelant enfant s’il s’agit d’un être jeune ou d’un adulte sur lequel on peut exercer une autorité, au statut social inférieur. Un maître dira à ses ouvriers qu’il met en besogne : « allons enfants, travaillez ». Néanmoins, même si l’enfance signe une infériorité, la tradition humaniste au XVIe siècle montre un nouveau regard porté à l’enfant. Rabelais, dans son œuvre Gargantua, propose un modèle d’éducation de Gargantua qui montre ce changement de regard sur l’enfant. Le regard change aussi dans la peinture, puisque avant l’enfant était représenté comme un homme de petite taille, et à partir du XVIe siècle il est peint de manière plus réaliste, avec ses proportions et ses jouets.
Le modèle de Gargantua s’oppose au modèle médiéval qui ne s’occupe pas de l’enfant, le considérant comme un petit homme, on ne s’occupe que de son esprit et l’oblige à l’apprendre sans réfléchir ni tenir compte de son âge. Rabelais propose une éducation moderne, centrée sur l’enfant, qui inclut le corps, l’esprit et même le jeu.

4) Une autre vision dans le monde contemporain

a) L’enfant est une personne

Au XXe siècle, le regard sur l’enfant change ; l’enfant ne parle pas le langage articulé mais il communique, s’exprime par ses regards, ses cris, ses larmes, son comportement, et donc il faut lui parler. C’est le point de vue de la psychanalyste Françoise Dolto qui indique qu’il faut s’adresser aux enfants comme à des personnes et non comme à des animaux de compagnie. Elle dit dans son texte qui s’appelle La cause des enfants : « l’enfant vit plus de paroles et du désir que l’on a de communiquer avec le sujet qu’il est, que de soins physiques - bien sûr le minimum vital étant assuré ». Pour Dolto, l’enfant est une personne.

b) les droits de l’enfant

Confié aux bons soins de ses parents, l’enfant est longtemps considéré comme en dehors de la société. Aucune loi particulière ne le protège. Mais avec la révolution industrielle en Europe apparaît l’exploitation des enfants. La littérature montre de nombreux enfants victimes d’injustices comme Cosette dans les Misérables de Victor Hugo, comme David Copperfield dans le roman de Charles Dickens, et on la voit dans un poème de Hugo, Mélancholia. En 1841, une loi interdit le travail des enfants de moins de 8 ans dans les manufactures. Pour les enfants plus âgés, la journée de travail est limitée à 8h. Les droits de l’enfant ont été élaborés et reconnus à travers 3 textes au XXe siècle ; la déclaration de Genève de 1924 «  par la présente déclaration des droits de l’enfant, les hommes et les femmes de toute nation reconnaissent que l’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur, affirment leur devoir à l’égard des enfants, en dehors de toute considération de race, de nationalité, de croyance » ; en 1966, l’assemblée générale des nations unies adopte un pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, qui reconnaît aux enfants le droit de protection contre l’exploitation économique, le droit à l’éducation et à la santé ; en 1989, la convention de l’assemblée des nations unies est le texte le plus long et le plus contraignant, s’inspirant de la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, il reconnaît des droits égaux à tous les hommes indépendamment de leur âge.

II) Le rapport parental

1) L’amour parental pour l’enfant n’est pas une évidence

Pour Montaigne par exemple, l’amour paternel est artificiel. Cette indifférence de Montaigne à l’égard de l’enfance peut s’expliquer. Philippe Ariès, dans L’enfant et la vie familiale sous l’ancien régime, en 1960 indique : « Il y en avait trop dont la survie était si problématique. Le sentiment était et est resté longtemps très fort qu’on faisait plusieurs enfants pour en conserver seulement quelques-uns. […] On ne pouvait s’attacher trop à ceux qu’on considérait comme un éventuel déchet. » Rousseau affirme d’ailleurs « la moitié des enfants qui naissent périt avant la huitième année » p.76. Par conséquent, « un enfant devient plus précieux en avançant en âge » p.77. Montaigne écrit aussi dans Les Essais : « j’ai perdu 2 ou 3 enfants en nourrice, non sans regret, mais sans fâcherie ». L’enfance était considérée comme un âge précaire, guetté par les maladies, dont il fallait sortir au plus vite. Perdre des enfants en bas âge était normal, le chagrin de perdre un enfant existait mais la mort d’un enfant n’était pas perçue comme un scandale. Soyinka insiste aussi sur la mortalité infantile au Nigéria au milieu du XXe siècle. La petite Bukola, la fille du libraire, est ce que le texte appelle une abiku, une enfant qui fait sans arrêt « la navette entre les deux mondes » p.40, le monde des vivants et celui des morts. Folasade, sa petite sœur, est aussi une enfant malade qui souffre (p.188) et qui meurt pour l’anniversaire de ses 1 an (p.279). Deuxième explication : une descendance nombreuse fait partie du prestige du clan et une famille nombreuse assurait aux parents entretien durant leurs vieux jours. L’enfant est moins un objet de soins que la consolidation du groupe social et un intérêt pour les parents. Aujourd’hui, le système de retraite organisé par l’État favorise un rapport désintéressé à l’enfance. Par ailleurs, les progrès de la médecine, le contrôle des naissances, favorise une enfance bien portante, objet de l’attention et de l’affection parentale. L’enfance devient un trésor à préserver. Les contes d’Andersen donnent plusieurs exemples de parents biologiques ou adoptifs aimants, comme l’héroïne de « elle n’était bonne à rien » qui est un exemple d’amour maternel et de sacrifice ou le couple de pêcheurs dans « une histoire des dunes », qui recueille un nourrisson rescapé d’un naufrage et l’élève avec amour après la perte de leur propre fils qui est source d’un immense chagrin. P.290 : « demain, notre petit garçon aurait eu 5 ans, si nous avions pu le garder » et le père répond « ton chagrin ne sert à rien ». Le christianisme en général à travers les enseignements évangéliques de Jésus Christ a largement contribué à donner à l’enfant une place centrale. Les contes d’Andersen montrent aussi des parents dénaturés qui n’aiment pas leurs enfants, comme la cane dans le vilain petit canard qui voit d’un mauvais œil le petit cygne qu’elle trouve laid et gauche et rejette lorsqu’elle dit « je voudrais que tu sois bien loin d’ici » p.131. Dans le conte « les cygnes sauvages », le père ne protège pas non plus sa fille Elisa de la méchanceté de sa nouvelle épouse, et on lit p.195 : « leur père, qui était roi de tout le pays, se maria avec une méchante reine qui ne fut pas bonne du tout avec les pauvres enfants » P.95. « La petite fille aux allumettes », également, « n’osait pas retourner chez elle : elle n’avait pas vendu d’allumettes, et personne ne lui avait donné le moindre sou. Son père la battrait. » p.214. Face à ces mauvais parents, on trouve dans les contes des figures de substitution comme la grand-mère, ou les vieilles tantes, par exemple dans la petite sirène, dans la reine des neiges ou dans tante mal-aux-dents.

2) Le rôle de la mère et du père

a) Le père et la mère ont des rôles différenciées

Une grande différenciation entre le rôle du père et le rôle de la mère à l’égard de l’enfant a des racines profondes dans le modèle patriarcal dominant. Le père est la figure de l’autorité, qui impose la loi et la règle, et la mère a plutôt le souci physique, affectif, de l’enfant. C’est elle qui le soigne, le cajole, lui donne de la tendresse. A Rome, le père pouvait disposer de la vie de l’enfant, choisissant de le reconnaître ou de l’abandonner devant sa porte. Longtemps, l’autorité paternelle sur l’enfant a été justifiée par le fait que le père détient la raison et les moyens de subsistance. Chez Rousseau, l’obligation qu’ont les enfants d’obéir au père n’existe que tant qu’ils dépendent de lui pour leur subsistance. Aussitôt cette dépendance disparue, le fondement de l’autorité parentale s’évanouit. Rousseau, le Contrat Social : « Les enfants ne restent-il liés au père qu’aussi longtemps qu’ils ont besoin de lui pour se conserver ? […] S’ils continuent à rester unis, ce n’est plus naturellement, c’est conventionnellement. » Les parents de Wole occupent aussi une place importante, très conforme au schéma patriarcal. La mère, Chrétienne Sauvage, est la mère nourricière, généreuse, préoccupée par les soins à donner aux enfants, elle recueille même des enfants perdus. Essay, le père, constitue auprès du petit garçon une figure de l’autorité, un Dieu tout-puissant, bienveillant mais sévère. Le grand-père d’Isara correspond aussi à une autre figure paternelle de l’autorité qui ne rattache pas l’enfant au monde intellectuel et social comme le père, mais qui le rattache à l’Afrique, à ses traditions, à ses ancêtres, contrebalançant l’éducation plus moderne donnée par le père. Cependant, l’entrée des femmes dans la vie active leur a ouvert la possibilité de se détacher de leur rôle historique de soumission à l’autorité du père, c’est le cas dans Soyinka avec les manifestations des femmes et leur désir d’émancipation. On observe aujourd’hui un partage plus égalitaire des charges et du souci de l’enfant.

b) Le regard des parents sur leurs enfants

Les petits enfants vulnérables génèrent souvent l’attendrissement chez les parents, voir le texte 3 de Montaigne. Pour Rousseau, certaines mères font de leur enfant une idole (p.75) et il dit même p.76 : « à force de plonger leurs enfants dans la mollesse, elles les préparent à la souffrance ». Pour Rousseau, la mollesse de la famille conduit l’enfant à l’oisiveté et à la tyrannie. Tante Mal-aux-dents, que la tendresse conduit à distribuer des sucreries, c’est « son faible pour ces gentils enfants », a pour conséquence la ruine des dents des enfants, gâtés au sens propre et figuré.

c) Le regard des enfants sur les parents

Souvent, dans un premier temps, les enfants regardent les parents comme des dieux. Avec le temps, le jeune Wole découvre les faiblesses de ses parents. Il dit par exemple à son grand-père d’Isara : « Père, ils ne savent pas ce qu’ils veulent, tu ne trouves pas ? ». Il met en évidence l’incohérence de ses parents. Grandir, c’est prendre conscience du caractère faillible des adultes. C’est ce qu’explique le grand-père qui répond : « Tu comprendras ça plus tard. Ils ont essayé de faire une bonne chose, mais ils s’y sont mal pris. » p.271

d) Le devoir d’obligation à l’égard des parents

Si les parents ont des devoirs à l’égard des enfants, les protéger, les nourrir, les éduquer, l’enfant a aussi des obligations à l’égard de ses parents. C’est ce que montre Louis Jaucourt dans l’Encyclopédie, dans son article enfant : «Ils leur doivent encore l’obéissance, […] ils doivent avoir pour leur père et mère des sentiments d’affection, d’estime et de respect, […] assister, nourrir son père et sa mère quand ils sont tombés dans le besoin»

III) Enfance et langage

1) L’infans n’est pas hors du langage

Le mot enfant vient de infans, « qui ne parle pas ». Plusieurs enfants d’Andersen montrent cette impossible parole, par exemple la petite sirène à qui la sorcière de la mer coupe la langue, ou encore Elisa dans les cygnes sauvages qui est privée de parole par la fée Morgane. On lit p.106 : « à la première parole que tu prononceras, il y aura comme un poignard meurtrier qui transpercera le cœur de tes frères »

a) les enfants disposent d’un langage naturel

L’enfant n’est pas vraiment celui qui ne sait pas communiquer, il possède un mode de communication à travers ses babillements, ses cris, ses larmes, et le philosophe Alain dans Les Idées et les Âges dit : « l’enfant parle naturellement, avant de penser, et il est compris des autres bien avant qu’il se comprenne lui-même ». Rousseau confirme cette idée p.120-121 : « on a longtemps cherché s’il y avait une langue naturelle et commune à toutes les autres ; sans doute il y en a une, et c’est celles que les enfants parlent avant de savoir parler » L’enfant ne naît pas en sachant parler une langue artificielle, mais l’enfant n’est pas hors du langage. Rousseau dit dans Essai sur l’origine des langues : « le premier langage de l’homme, le langage le plus universel, le plus énergétique, et le seul dont il eut besoin […] est le cri de la nature » Le nourrisson ne dialogue pas, mais il est capable de rentrer dans une relation de réciprocité, mais il extériorise ce qu’il ressent et ses cris, ses gestes, ses larmes, sont une relation tendue vers le monde, même s’il n’entre pas vraiment dans l’ordre du langage. « Comme le premier état de l’homme est la misère et la faiblesse, ses premières voix sont la crainte et les pleurs ». L’enfant traverse des épreuves mais il n’a pas accès à la parole, c’est donc par ses craintes et ses pleurs qu’il exprime ses besoins. Cette parole n’est pas artificielle, pas articulée, mais elle lui permet de sortir de son silence : « cette langue n’est pas articulée, mais elle est accentuée, sonore, intelligible »

b) Un langage dont les signes ne sont pas arbitraires

Signifié : sens du mot ; signifiant : support graphique et sonore. Rapport entre les deux arbitraire.
L’enfant ne considère pas le langage comme un système arbitraire mais au contraire les mots correspondent aux choses qu’il désigne. Le signifiant correspond au signifié. Ainsi si Wole désigne son père par le surnom Essay, c’est moins pour les 2 initiales de ses 2 prénoms, S.A, que par « ces exercices de style en prose soignés qui suivaient des règles précises de composition », qu’on appelle en anglais essay. Il croit que son père appelle le chanoine « canon » car la tête du chanoine ressemble à un boulet de canon, alors que tout simplement canon signifie chanoine en anglais.

2) Du langage à la pensée

a) Pour penser, il faut un langage

Selon Alain, le philosophe, dans Éléments de Philosophie en 1916, l’enfant accède à la pensée par le langage même. D’abord il use les mots par imitation, et il se met à penser quand il comprend le mot. L’enfant grandit dans un monde plein de mots qu’il utilise sans en comprendre d’abord la signification. Il accède à l’ordre de la pensée et entre dans celui du langage lorsqu’il commence à trouver un sens à ce qu’il dit. C’est alors seulement qu’il devient un être de langage. Elisa, p.113 : « maintenant je peux parler, dit-elle, je suis innocente ». Son entrée dans le monde de la parole lui permet de transmettre au peuple sa pensée et donc de lui éviter le bûcher. C’est en nommant les choses qu’elles existent et que les autres peuvent les penser. D’ailleurs, le peuple, parce qu’elle a parlé, reconnaît l’innocence d’Elisa. « Le peuple qui avait vu ce qui était arrivé, s’inclina devant elle comme devant une sainte ».

3) La conscience de soi

Grâce au langage, l’enfant va exprimer la conscience de soi. Il ne s’appréhende plus seulement de l’intérieur par ses ressentis mais il se perçoit de l’extérieur comme un ‘je’. A ce stade, l’enfant ne se perçoit plus comme un autre étranger à lui-même. C’est pourquoi pour Kant, il cesse de parler de lui à la troisième personne et dit ‘je’. Par la conscience de soi, l’enfant acquiert une unité et il rapport à un ‘je’ tout ce qu’il reçoit. Avant, il n’était qu’une suite continue d’états et d’impressions, maintenant il appréhende sa propre permanence à travers le temps. Chez Rousseau de même, au début du livre 2, la conscience de soi intervient durant le second âge, parallèlement à l’acquisition du langage. P.148 : « c’est à ce second degré que commence proprement la vie de l’individu, c’est alors qu’il prend conscience de lui-même »

IV) Enfance et liberté

1) Liberté parce que son destin n’est pas tracé

L’enfance est l’âge des possibles, de l’indétermination, où différents rêves d’avenir se dessinent et laissent la liberté de choisir. Bergson indique en 1932, dans Deux sources de la morale et de la religion : « disons plutôt que la réalité est grosse de possibilités et que la mère voit dans l’enfant non seulement ce qu’il sera mais encore tout ce qu’il pourrait être s’il ne devait pas à chaque instant de sa vie choisir et par conséquent exclure. » L’enfant ne sait pas ce que la vie lui réserve, elle est devant lui et il a la liberté de construire sa vie.

2) Liberté en raison de son irresponsabilité

L’enfant n’a pas de charge sociale, il n’a pas endossé l’entière responsabilité de ses actes, il est détaché des soucis matériels propres à l’âge adulte, par conséquent il jouit de la liberté, même si cette liberté est non consciente d’elle-même. C’est ce que dit Simone de Beauvoir dans Pour une morale de l’ambiguïté en 1947 : « l’enfant échappe normalement à l’angoisse de la liberté, il peut être à son gré indocile, paresseux, ses caprices et ses fautes ne concernent que lui ; elles ne pèsent pas sur la Terre ; elles ne sauraient entamer l’ordre serein d’un monde qui existait avant lui, sans lui, où il est en sécurité par son insignifiance même. Il peut faire impunément tout ce qui lui plaît, il sait que rien jamais n’arrivera par lui, tout est donné déjà ; ses actes n’engagent rien, même pas lui-même ».

3) Liberté par rapport au modèle

a) Modèles de comportement

L’enfant est spontané, il dit ce qu’il voit sans entrave, il n’a pas de filtre de la bienséance, de la raison, des nécessités sociales. Ainsi Emile, « il ne cite jamais de formule, ne cède point à l’autorité liée à l’exemple, et n’agit ni ne parle que comme il lui convient. Ainsi, n’attendez pas de lui des discours dictés ni des manières étudiées mais toujours l’expression fidèle de ses idées et la conduite qui naît de ses penchants. ». Cette franchise permet d’ailleurs à l’enfant de mettre en évidence l’absurdité dans le comportement adulte. Dans « Les nouveaux habits de l’empereur », c’est le petit garçon qui dénonce le comportement des sujets, laissant croire à l’empereur qu’il porte des habits somptueux alors qu’il est nu comme un ver. p.87 : « Mais voyons, il n’a rien sur lui ! ». De même, Wole refuse de se prosterner devant l’homme de haute taille qui se donne des allures de roi et indique p.247 : « si je ne me prosterne pas devant Dieu, pourquoi est-ce que je me prosternerai devant vous ? Vous n’êtes qu’un homme comme mon père non ? »

b) les modèles esthétiques

L’imagination riche de l’enfant est l’expression de sa liberté et lui donne une créativité et une inventivité débordante. L’enfant suit son intuition, il est libre par rapport aux canons académiques qui pèse sur les artistes.

4) La liberté peut aussi être un objectif de l’éducation

La liberté est pour Rousseau la condition du bonheur, il faut donc amener l’enfant à la liberté. Il dit p.160 : « l’homme vraiment libre ne veut que ce qu’il peut, et fait ce qu’il lui plaît. Voilà ma maxime fondamentale. Il ne s’agit que de l’appliquer à l’enfance, et toutes les règles de l’éducation vont en découler ». L’homme est malheureux lorsque ses désirs excèdent ses forces. La liberté consiste donc à retrouver un juste équilibre entre les désirs et les facultés, à rester à sa juste place, celle que nous assigne la nature . P.154 : « l’homme est très fort quand il se contente d’être ce qu’il est, il est très faible lorsqu’il veut s’élever au dessus de l’humanité ». L’enfant a plus de chances que l’adulte puisque « son imagination est encore endormie » P.198 . Il n’aura donc pas des rêves inaccessibles, ses désirs risquent donc moins d’excéder ce que le monde peut lui apporter. Rousseau se méfie de l’imagination qui éloigne de la réalité. Wole se méfie également de son imagination. Lors de l’excursion avec Broda Pupa, il découvre une nature inhospitalière : « il y a un serpent, un monstre, enroulé autour d’une branche à l’endroit où se trouve les noix […] Il ne me fallut pas longtemps pour l’apercevoir ; il ressemblait aux grosses branches de l’arbre mais il était noir, d’un noir de jais, luisant, et son corps frémissait légèrement, à moins que ce ne fut mon imagination. » P.255-257. Chez Andersen aussi, il s’agit d’être à sa place, comme l’indique le conte « chaque chose à sa place ». Mais si pour Rousseau cette place est celle que nous a donné la nature, pour Andersen c’est celle que nous assigne Dieu. C’est le dogme chrétien de l’immortalité de l’âme qui apporte aux malheureux ici-bas la libération, la rédemption après la mort. Les épreuves subies par la petite sirène disent ce qu’il en coûte de ne pas rester à sa place et de désirer au-delà de ses capacités. Elle veut changer de statut et obtient l’éloignement des siens, la perte de sa voix et de sa queue, la souffrance de ses jambes, sa disparition en écume, pour ne même pas avoir l’amour du prince. P.71 : « chaque pas que tu feras te causera autant de douleur que si tu marchais sur un couteau bien affilé qui ferait couler ton sang ».

V) Enfance et éducation

1) L’enfant, un être naturel

L’enfant pour Rousseau représente une origine, la nature à l’état brut, puisqu’il n’a pas encore été corrompu par les hommes et la société. L’enfant est une origine de l’homme, un être naturel, l’homme à l’état de nature. Plus l’individu s’éloigne de l’enfance plus il se crée une seconde nature qui masque la première : « plus nous nous éloignons de l’état de nature, plus nous perdons de nos goûts naturels, ou plutôt l’habitude nous fait une seconde nature que nous substituons tellement à la première que nul d’entre nous ne connaît plus celle-ci. » p.302. Autrement dit pour Rousseau l’enfance ne concerne pas seulement l’enfant mais aussi l’humanité, l’homme en général, parce que l’enfant est l’homme à l’état de nature. Réfléchir sur l’enfance, c’est tenter de comprendre comment nos sociétés sont devenues ce qu’elles sont, des sociétés de malheur, des sociétés de vice, des sociétés d’inégalité. Chez Andersen, l’enfant est souvent proche de l’animal, le sapin (un fameux animal), le vilain petit canard, le crapaud, les petits pauvres sont « comme tous les oiseaux du ciel » (p.259).

2) L’éducation est nécessaire

L’éducation est nécessaire parce que l’individu est amené à vivre en société, parce que notre état initial est quand même de l’inhumain, parce qu’il faut élever l’humanité, l’éducation permet de sortir de la sauvagerie et du mutisme qui caractérise l’enfance. Dans ses Réflexions sur l’éducation en 1803, Kant considère qu’à l’état d’enfance l’humain n’est pas encore homme, il n’est qu’un ensemble de dispositions qui ne prendront le chemin de l’humanité que grâce à l’éducation. Avant d’être éduqué, l’enfant n’est qu’un être brut (il n’a aucune culture) et sauvage (il est indépendant par rapport aux lois et suit son penchant naturel pour la liberté). Pour Kant, l’éducation, la discipline, apprennent à l’enfant à surmonter ses penchants animaux : « l’homme ne peut devenir homme que par l’éducation, il n’est que ce qu’elle le fait. ». « Tout ce que nous n’avons pas à notre naissance et dont nous avons besoin étant grands nous est donné par l’éducation » P.55

3) Initiation/éducation/instruction

a) L’initiation

Dans les sociétés traditionnelles, l’enfant devient un adulte au terme d’une initiation, c’est à dire d’une cérémonie au cours de laquelle, par un rite de passage, le jeune accède au rang d’adulte par un certain nombre d’épreuves ou de révélations. Les incisions aux chevilles infligées à Wole à l’initiative de son grand-père ont une fonction initiatique et correspondent à un rite de passage à l’âge d’homme : « tu t’es comporté comme un vrai akin » p.282. Dans « Les cygnes sauvages », l’épreuve des orties comparées au feu constitue aussi une épreuve initiatique pour Elisa qui lui permettra de sauver ses frères. Dans « La Reine des Neiges », l’épreuve subie par Kay et Gerda s’apparente aussi à un voyage initiatique qui les fait grandir. P.188 : « ils s’aperçurent qu’ils étaient devenus des grandes personnes ». Le jour de la communion est aussi un passage initiatique dans « La cloche » : « C’était un jour important pour eux, d’enfants qu’ils étaient, ils devenaient soudain des adultes, leur âme d’enfant devait passer en quelque sorte dans une personne plus raisonnable. » p.223

b) l’instruction

Instruire : transmettre des connaissances et des savoirs. L’éducation est plus large : donner des savoirs faire et des savoirs être en plus des savoirs.

c) l’éducation

Dans nos sociétés contemporaines, les rites d’initiation disparaissent, au profit de l’éducation. L’initiation relève de la tradition, tandis que l’éducation est toujours le fruit d’une époque. L’initiation a pour but d’insérer l’enfant dans un groupe. L’éducation cherche aussi à l’insérer dans un groupe mais aussi à développer son esprit critique pour contester les valeurs de ce groupe.


4) les grandes ruptures dans l’histoire de l’éducation

a) l’antiquité

Platon offre dans La République une théorie complète de l’éducation fondée sur une analogie entre l’âme humaine et la cité. Si dans l’homme, la tête, la raison, doit commander aux autres organes, il en va de même dans la cité. La philosophe doit diriger la cité comme la raison doit diriger les organes. Par conséquent, l’enjeu de l’éducation n’est pas l’épanouissement de l’individu mais consiste à repérer les capacités des jeunes afin que chacun occupe la place qui lui convient le mieux dans la cité. A l’opposé des idées platoniciennes, les sophistes qui sont les premiers pédagogues de l’aristocratie athénienne qui paie leurs services, pensent que les jeunes doivent être formés à la rhétorique, c’est à dire l’art de la parole, afin qu’ils puissent démontrer publiquement leur supériorité. Il ne s’agit pas de repérer de manière égalitaire ceux qui présentent les meilleures aptitudes comme chez Platon mais de permettre à l’aristocratie de conserver son pouvoir par la maîtrise de la parole. Dans le Gorgias de Platon, il fait parler un sophiste qui s’appelle Caliclès : « les êtres les meilleurs et les plus forts, nous commençons à les façonner dès leur plus jeune âge, comme on fait pour dompter les lions » Au contraire Rousseau, dans le livre 2, montre qu’il refuse cette éducation rhétorique, cette parole vide destinée à briller, et au contraire Émile est un enfant sincère et sage.

b) Moyen-Âge

Au Moyen-âge, l’éducation est caractérisée par le morcellement avec une société extrêmement cloisonnée. Chez les aristocrates, on fait intervenir des gouverneurs qui apprennent les valeurs et précepteurs qui apprennent le savoir et l’instruction. Le peuple n’a pas vocation à sortir de sa condition c’est la congrégation professionnelle du père qui pend en charge les enfants pour les former par l’apprentissage. Chacun conserve tout au long de sa vie le statut de sa naissance. Globalement, c’est le clergé qui garde la main sur l’éducation, lire, écrire a surtout pour but de déchiffrer les évangiles.

c) La Renaissance

En 1529, Erasme, un érudit humaniste, publie un trait d’éducation qui s’appelle De Pueris. Erasme rompt avec l’éducation médiévale. Il propose d’observer et de respecter les enfants, de suivre leur rythme et leurs aptitudes, il admet par exemple le besoin de jouer des enfants et il condamne les châtiments corporels et recommande les récompenses. Gargantua de Rabelais est une mise en œuvre du programme pédagogique d’Erasme, l’importance du corps, de l’expérience, de l’hygiène, des explications et pas seulement de la mémorisation, et aussi du jeu. De même, avec Montaigne, dans Les Essais, il s’agit de comparer l’instruction à la digestion. Il ne faut pas comme au Moyen-Âge connaître les textes par cœur et les réciter, il faut se les approprier, c’est l’image de l’abeille qui butine la fleur et qui produit le miel, tout comme l’élève lit les textes de Platon pour se former son propre jugement.

d) Le siècle des Lumières

C’est au XVIIIe siècle que s’effectue le grand tournant dans l’éducation. Montesquieu, dans De l’Esprit des Lois, indique : « Les lois qui ordonnent que chacun reste dans sa profession et la fasse passer à ses enfants ne sont et ne peuvent être utiles que dans les états despotiques où personne ne peut ni de doit avoir d’émulation. » On pense l’éducation en vue de la liberté individuelle pour permettre à chacun de s’affranchir des contraintes sociales par le développement de l’esprit critique. La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen dit d’ailleurs : « tous les citoyens étant égaux à ses yeux [de la loi] sont également admissibles à toutes dignités, places, et emplois publics selon leur capacité et sans aucune distinction que celle de leur vertu et de leur talent » Il s’agit d’instruire, non pour maintenir au sein d’une même caste d’origine, mais pour donner les mêmes chances de réussite au sein d’une société démocratique et mobile.

e) Le modèle Montessori, un exemple de pédagogie moderne

Maria Montessori, 1870-1952, a révolutionné le regard sur l’éducation et l’école. Pour elle, 3 stades de développement de l’enfance. D’abord, la petite enfance, âge de la conscience du ‘moi’, de la naissance à 6 ans. Durant ce stade, l’enfant reçoit, absorbe, sans en avoir conscience. Son intelligence se forme, et sans s’en rendre compte l’enfant engrange le monde entier en sa personne où ce matériau va se transformer en conscience. Elle dit par exemple : « Ce miracle s’accomplit grâce aux potentialités secrètes de l’enfant. Il se nourrit comme une éponge, non avec son intelligence (qui n’est pas encore formée) mais de tout son être » Lors de cette première phase, l’enfant a besoin de liberté, il doit explorer le monde, son identité se construit peu à peu, jusqu’au jour où il dit ‘moi’, entre 2 et 3 ans, puis elle se consolide de 3 à 6 ans. Deuxième âge, l’enfance, âge moral. Entre 6 et 12 ans, l’enfant connaît une phase de stabilité, il grandit avec plus de lenteur, il veut imiter les autres enfants et les adultes, il raisonne, il développe sa conscience de la vie sociale et communautaire, il a un grand sens de la justice, il se pose beaucoup de questions (par exemple Wole), il veut distinguer ce qui est bien et ce qui est mal, il acquiert une conscience morale. Troisième étape : l’adolescence, âge social. A partir de 12 ans, l’enfant renoue avec une phase de transformation intense, à la fois physique, c’est la puberté, et mentale. Il a besoin d’être respecté et rassuré sur ses facultés, il s’interroge sur la société. De telles perspective sur l’enfant invitent à repenser l’école et l’éducation. L’école ne doit plus être un lieu où on remplit l’enfant de savoirs, elle doit être un lieu aménagé, sécurisé, où l’adulte met à la disposition de l’enfant des activités qu’il pourra lui-même choisir, l’adulte propose, encourage l’intérêt pour l’activité, mais il est discret, et il n’est là que pour aider l’enfant à trouver ses centres d’intérêt. Dans le modèle humaniste, l’éducateur forme l’enfant intellectuellement, spirituellement tandis que dans le modèle Montessori l’enfant est acteur de sa propre formation et l’éducateur est là pour stimuler l’enfant et pour mettre à sa disposition des moyens de nourrir sa curiosité et ses besoins.

5) Les enjeux de l’éducation

a) Un enjeu pédagogique

1er point : on considère souvent que la sanction est nécessaire à l’éducation, et cette croyance trouve son origine dans le christianisme, pour lequel tout homme naît pécheur, y compris les enfants qui reproduisent le péché originel d’Adam et Eve. Le châtiment est nécessaire pour dissuader l’enfant du vice auquel il a naturellement tendance. L’éducation dans cette perspective est une intériorisation de l’interdit, une forme de redressement de cette tendance naturelle des hommes au mal. Chez Soyinka, le châtiment physique fait consensus parmi tous les adultes. Daodu donne des coups de baguette dont le nombre est calculé en fonction de la gravité de l’offense. On trouve aussi la punition qui consiste à se pencher en restant au point, plié à angle droit, un bras levé dans le dos vers le ciel. Pour Rousseau, les bienfaits éducatifs de ces pratiques sont douteux car les enfants vont être amenés à mentir pour échapper aux coups : « Dans l’éducation naturelle et libre, pourquoi donc votre enfant vous mentirait-il ? Qu’a-t-il à vous cacher ? » p.198. Le petit Dipo fugue pour échapper à une punition p.238. Wole simule la fièvre et la maladie pour ne pas subir la punition. Pour Kant, sans discipline et sans châtiment, l’enfant peut devenir un tyran. Rousseau également, sans prôner le châtiment, explique que si l’on cède à tous les caprices de l’enfant, il peut devenir un petit tyran. Chez Andersen, la petite fille des brigands dans la Reine des Neiges est un exemple d’enfant tyrannique (p.175 et 180), et Bukola chez Soyinka. Cette importance de la discipline et du châtiment est mise en avant par Kant, dans le texte 8.
Si, au contraire, on ne considère pas la nature humaine comme négative, on peut l’envisager comme un trésor qui nous dirige vers le bien, c’est ce que fait Rousseau dans Émile. Rousseau s’élève contre la sévérité des éducateurs, il dit p.177 : « Ne lui infligez aucune espèce de châtiment car il ne sait ce que c’est d’être en faute ». La punition est injustifiée car l’enfant ne sait pas ce qu’est la faute. Par ailleurs, la punition a un effet négatif car elle altère l’image que l’enfant se fait de son éducateur. Rousseau dit p.174-75 : « Vous les indisposez contre votre tyrannie et les détournez de vous aimer ». Enfin, le châtiment conduit à la fuite et au mensonge, à la dissimulation, le châtiment crée du vice, comme dans le cas de la fuite du petit Dipo p.68. Le bon pédagogue n’est pas celui qui punit mais celui qui conduit l’enfant librement, qui sait éveiller son intérêt pour l’amener au savoir, par l’envie et la curiosité, et pour l’amener au bien, par la compréhension du sens de sa conduite. C’est pourquoi Rousseau propose une différence entre ce qu’il appelle une éducation positive, qui tend à former l’esprit avant l’âge et qui est donc négative, et l’éducation négative qui prépare à la raison par l’exercice et qui donc est positive. Dans la lettre à Christophe de Beaumont en 1762 qui vise à justifier son texte après la condamnation de l’Émile : « j’appelle éducation positive ce qui tend à former avant l’âge et à donner à l’enfant la connaissance des devoirs de l’homme. J’appelle éducation négative celle qui tend à perfectionner les organes, instruments de connaissance, avant de nous donner ces connaissance et qui prépare à la raison par l’exercice des sens, et tout faire en ne faisant rien » (P.234). Cette éducation permet d’éviter le vice. La première éducation doit donc être purement négative. Elle consiste non point à enseigner la vertu ni la vérité mais « à garantir le cœur du vice et l’esprit de l’erreur » (p.180,181).

Enfin, cette éducation doit retarder le plus longtemps possible l’usage de la raison, elle doit se concentrer sur le développement du corps, des organes, des sens. p.246 : « Pour apprendre à penser, il faut donc exercer nos membres, nos sens, nos organes, qui sont les instruments de notre intelligence, et pour tirer tout le parti possible de ces instruments il faut que le corps qui les fournit soit robuste et sain. Ainsi, loin que la véritable raison de l’homme se forme indépendamment du corps, c’est la bonne constitution du corps qui rend les opérations de l’esprit faciles et sûres. ».
L’éducation négative doit calquer la progression de l’élève sur la marche de la nature, c’est à dire lui apporter des notions en fonction de son âge. Il dit, p.180 : « La plus grande, la plus importante, la plus utile règle de toute éducation ? Ce n’est pas de gagner du temps, c’est d’en perdre ». Il faut donc renoncer à viser l’homme dans l’enfant, à hâter artificiellement ses progrès, car cet empressement contre nature ne conduit qu’à l’erreur et ouvre la porte au vice. Pour Rousseau, la fonction de l’éducateur consiste à maintenir l’élève dans la voie tracée par la nature, c’est à dire par son âge, « parce qu’il s’agit moins pour lui d’instruire que de conduire » p.88. C’est d’ailleurs pourquoi Rousseau préfère le terme de gouverneur à celui de maître, employé dans l’éducation traditionnelle, qui suppose des relations de contrainte, alors que le gouverneur implique un amour mutuel. Chez Andersen, il y a peu de maîtres d’école. Il y a celui qui rend visite à Hans, l’invalide, p.423. Au contraire, chez Soyinka, l’école est perçue comme un objet de convoitise : Wole envie sa sœur plus âgée qui se rend à l’école et se présente d’ailleurs lui-même à l’école avant l’âge pour aller suivre les cours. Pour Wole et son père, être accepté au Lycée National est un objectif absolu. L’école est très valorisée chez Soyinka, mais ce n’est pas le cas de son grand-père d’Isara, qui pense comme Rousseau : « Ayo ne croit pas qu’il faille laisser les enfants mûrir dans leur corps avant de forcer leur esprit » p.272 

b) L’enjeu moral (vertu, bien et mal)

Pour Saint-Augustin, l’enfant est méchant par nature car il répète la faute originelle, le péché d’Adam et Eve. Dans ses confessions, son autobiographie, il dénonce le vol de poires dont il se rendit coupable lors de ses 16 ans. Il montre ainsi que le germe du mal se trouve chez les très jeunes enfants. Le germe du mal se trouve déjà dans les tous petits enfants, comme le montre leurs caprices, leur violence, leur jalousie. On trouve dans les contes d’Andersen des enfants méchants qui rappellent le péché originel. A la fin de « La Petite Sirène » est évoqué « un enfant vilain et méchant », qui oblige les filles de l’air à « verser des larmes de chagrin ». La triste fin du petit soldat de plomb est causée par la cruauté d’un garçon qui sans raison le jette dans le poêle (p.93). Elisa subit aussi la méchanceté des enfants : « Dehors, les gamins des rues chantaient des chansons pour se moquer d’elle » p.111. La petite fille des brigands, même si elle aide Gerda, est aussi un exemple de cruauté lorsqu’elle maltraite le renne : « Tous les soirs, je lui chatouille le cou avec mon couteau aiguisé. Cela lui fait très peur » p.177. Quelques enfants cruels apparaissent aussi dans les souvenirs de Soyinka, comme ceux qui participent à la lapidation de la mendiante Sorowanke, la folle enceinte (p.305). Bukola, la fille du libraire, est aussi une enfant terrible : « Je me demandais si madame B ne se réfugiait pas chez nous pour échapper à la tyrannie de cet enfant » p.44. Si la méchanceté et le mal trouvent son origine dans le péché originel chez Augustin, pour Rousseau elle trouve sa source dans l’éducation qu’ils reçoivent (voir 2e point). Les textes par ailleurs donnent des explications magiques pour expliquer la méchanceté des enfants : le soldat de plomb jeté dans le poêle p.93 peut s’expliquer par le troll de la tabatière, et si Bukola est malfaisante c’est qu’elle est abiku, c’est à dire possédée par un esprit qui vit dans un monde parallèle mais s’incarne dans l’enfant pour venir dans le monde des humains se nourrir et faire des provisions pour ses semblables. Enfin, les textes expliquent la violence des enfants par des violences incontrôlables : ainsi Wole a failli tuer son frère et il indique, p.204, « il était facile de se laisser posséder par le diable » Les enfants inconsciemment sont habités par des idées de destruction, de jalousie, de violence, qu’ils ne maîtrisent pas, et si Wole veut tuer son frère c’est à cause d’une rivalité inconsciente.
2e point : pour Rousseau, l’enfant est bon est une table rase, tabula rasa, qui n’a pas eu le temps de se corrompre : « Tout est bien sortant des mains de l’auteur des choses, tout dégénère entre les mains de l’homme » p.53. Si l’enfant accomplit le mal pour Rousseau c’est qu’il ne fait pas la différence entre le bien et le mal. La raison seule apprend à connaître le bien et le mal : « avant l’âge de raison, nous faisons le bien et le mal sans le connaître » p.56. Certes, l’enfant « casse, brise tout ce qu’il peut atteindre, empoigne un oiseau comme il empoignerait une pierre et l’étouffe », mais c’est « sans savoir ce qu’il fait » (p.127). Il n’y a nulle méchanceté dans ce qu’il fait, cette propension à briser correspond à la vitalité surabondante de l’enfant. Si l’enfant est capricieux et tyrannique, les adultes seuls sont responsables car ils répondent trop rapidement aux désirs de l’enfant. p.128 : « Sitôt qu’ils peuvent considérer les gens qui les environnent comme des instruments qu’il dépend d’eux de faire agir, ils s’en servent pour suivre leurs penchants et suppléer à leurs propres faiblesses ». Les enfants qui deviennent méchants le doivent à l’incapacité éducative des parents et non à une quelconque méchanceté naturelle. P.237 : « Le caprice des enfants n’est jamais l’ouvrage de la nature mais d’une mauvaise discipline ». Le rôle de l’éducateur est justement de résister aux caprices de l’enfant, de répondre à ses besoins naturels mais non de se laisser tyranniser. Rousseau s’oppose donc aux philosophes comme Augustin qui invoque le péché originel, « les vices naturels » (p.127) ou la « perversité originelle » (p.78). Dans les contes d’Andersen, l’enfant est le plus souvent innocent par nature, comme le pense Rousseau. Ainsi Gerda, dans « La Reine des Neiges », possède par la seule force de son innocence bonté, le pouvoir de terrasser le mal et d’en délivrer Kay. La magicienne indique p.182 : « il ne faut pas que nous lui fassions savoir quel est son pouvoir, il réside dans son cœur, il vient de ce que c’est une enfant gentille et innocente ». Par ailleurs, la pureté de l’enfance ouvre les portes du paradis et Andersen à la fin de « La Reine des neiges » cite l’Évangile : « Si vous ne devenez pas comme des enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume de Dieu » p.188
3e point : si donc l’éducation et la société corrompent l’enfant, il faut pour Rousseau élever cet enfant au plus près de la nature et au plus loin des villes. On retrouve une valorisation de la campagne : les enfants de la campagne, habitués aux grands espaces, parlent haut et clair, tandis que les citadins « élevés dans le chambre et sous l’aile d’une gouvernante » (p.136) marmottent des propos indistincts. « Émile sera élevé loin des noires mœurs des villes » p.185. Rousseau préfère faire de son élève « l’émule d’un chevreuil plutôt qu’un danseur d’opéra » p.277.

c) L’enjeu politique

Avant le XVIIIe siècle, le devenir, l’éducation de l’enfant, est de l’ordre privé et conditionné par la classe sociale à laquelle il appartient. Pourtant, l’éducation a aussi une dimension politique et Nietzsche dans le Gai Savoir indique : « on est pas impunément le fils de ses parents ». L’héritage professionnel et culturel que les parents donnent à l’enfant restreint le champ de ses possibles et choisit pour lui avant qu’il ne puisse choisir. Avec les transformations du contexte politique aux XVIIIe et XIXe siècles et la disparition des cadres statiques de la société, une nouvelle conception de l’école voit le jour, visant à donner à tous les enfants un accès à l’éducation et la possibilité de s’émanciper de la classe d’origine. L’aboutissement sera l’école gratuite et obligatoire de Jules Ferry à la fin du XIXe. On passe donc du modèle de l’éducation domestique (Rousseau) à celui de l’éducation publique (Soyinka). Parmi les penseurs des Lumières, nombreux sont ceux qui estiment que l’éducation doit conduire l’individu à son plus haut degré de perfection individuelle. C’est ce que dit Rousseau, chaque âge a sa perfection. Pour Durkheim, sociologue, l’éducation ne revêt pas seulement une finalité individuelle, elle a aussi une fonction profondément sociale et collective car elle consiste en une « socialisation mét
avatar gameknight
De gameknight
Le 22/04/22 à 10:24:35

Ok, la limite c'est 63 465 caractères, je dois avouer que c'est bizarre mais pourquoi pas après tout, hop on clôture