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Histoire d'un Ripoux [RP]

avatar captaincamembert
De captaincamembert
Le 24/05/21 à 18:43:58

(HRP : ceci est un récit sous forme de cadavre exquis pour les membres du parti les Ripoux-blicains, merci de ne pas poster si vous n'êtes pas l'un des membres. Pour ceux qui voudraient commenter ou participer, un autre topic "Les Aventures des Ripoux-blicains" est là à cet effet, merci d'avance)
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HISTOIRE D'UN RIPOUX

C’est l’histoire d’un mec…hmm… nan, déjà fait ça.
C’est l’histoire d’un type qui travaille à la Poste.
Voilà.

Et le pauvre type, c’est moi, Albert Lefevre.
Tous les matins, par toutes les saisons et tous les temps, depuis plus de 20 ans, je prends mon vélo jaune qui pèse trois tonnes pour aller distribuer le courrier dans les boites aux lettres, en évitant de me faire mordre par des clébars à la con.
Et je m’emmerde à pédaler comme un âne pour que les gens puissent lire leur journal ou payer leurs factures.
Ce matin, on est en hiver et j’me pèle le fion sur ma selle dur comme du bois.
Je passe pour la millième fois devant cette baraque de rêve, immense maison de pierre avec un jardin de gazon vert nikel, des arbres fruitiers et deux statues grecques. Et une grande allée de graviers sur laquelle trônent une berline de luxe et une voiture de sport.
Et tous les matins vers 10h, je passe devant cette maison et je vois le mec tranquille, dans son costume hors de prix, qui monte dans sa bagnole pour aller à son travail.
A 10h… moi ça fait bien 2 bonnes heures que je me fais chier sur mon vélo et à la fin du mois j’aurais même pas de quoi m’acheter une trottinette…
Juste avant de rentrer dans sa voiture, une blondasse mince en manteau de fourrure vient lui apporter sa sacoche en courant. Elle l’embrasse et il part, tout sourire, pendant que je sens monter des envies de meurtre !
Je repars faire ma tournée d’une humeur massacrante.
Alors que ma journée touche à sa fin, j’essaye de déposer discretos son courrier à la veuve Piclot, qui vit dans une petite chaumière dont le jardin est envahi par les mauvaises herbes et dont les murets croulent sous le lierre qui se répand joyeusement.
Je me met à quatre pattes en longeant le muret qui donne sur la rue et lorsque j’arrive à hauteur de la boite, je tends le bras pour y glisser le courrier.
Pas de bol, elle est juste derrière en train d’arroser ses deux bacs de bégonias.
Enfin, vu qu’elle a la tremblote, ce sont ses horribles nains en plastique délavés qui se font bien plus tremper que les fleurs.
« oh, mais c’est mon gentil pti facteur, zavé encore fait tomber le courrier ? c’est souvent que j’vous trouve à moitié par terre, zete un peu maladroit non ? enfin c’est pas grave mon garçon, vous étés bien aimable de toute façon, c’est le principal. »
Elle me sourit de toutes ses dents (les 4 dernières restantes) et je sais à ce moment-là précis que je suis fichu.
« vous avez pas croisé m’dame Genevoix par hasard ? je lui ai prêté du sucre y a bien une semaine de ça et j’attends toujours…bon vous me direz c’est pas pire que m’dame Ambroise qui m’a pas rendu les mots croisés que jy avais prêté à la noël de l’année 1994…. »
et ça continu comme ça pendant 27 longues, longues, TRES longues minutes pendant lesquelles j’essaye en vain de remonter sur mon vélo malgré une petite main crispé sur mon bras, que je sens tellement légère (mais bien ferme hein) qu’il m’est impossible de forcer car je sais bien que je la ferais sûrement tomber…

Une demie-heure plus tard, je rentre mon vélo à la Poste et je repars à pieds vers mon domicile, la tête pleine de nuages sombres.

Trop c’est trop, j’en ai marre ! je ne veux plus de cette vie ! je veux la belle voiture, la belle maison… et peut-être la belle nana avec, je sais pas trop, si, je la veux aussi.
Merde à la fin !!! Marre de trimer tous les jours pour des clopinettes !
Marre, marre, marre !!!
Je veux ma part du gâteau !

Bon, la question c’est comment je fais pour que ça change… j’ai pas fait d’étude, j’ai pas de connaissance particulière, en gros je sais rien faire, ça ouvre quoi comme possibilité… ?
Et soudain, c’est l’illumination à tous les étages !
Je ne sais rien faire, je vais donc faire de la politique !!!
Mais oui, quelle idée brillante !!! ils se font plein de frics en plus dans ce milieu !!!
La joie gonfle mon cœur, j’ai enfin de belles perspectives, c’est un projet malin et vraiment réalisable, je reprends espoir !

Bon, faut que je me trouve un nom qui claque sa mère, la politique c’est du spectacle, et dans le show bizz ils ont tous des faux noms pour faire joli.
Quand j’étais à l’école les copains m’appelaient Captain Zizi, héhé… c’était parce que… heu ouai nan, je vais pas vous raconter finalement. Je garde le Captain, ça fait bien ça, chef et tout.
Bon, Captain qlq-chose….

Faut que je trouve un truc qui plaise au plus grand nombre, aux prolos comme aux bourgeois, aux bobos comme aux réacs….
Un truc que tous les français aiment quoi…
Hmmmm…

Je sais ! le pinard !!!



Heu… non ça ferait pas très sérieux quand j’y pense, on est au pays des alcooliques mais quand même, je dois trouver mieux.
Hmmmmm….

Mais c’est bien sur, le fromage !!!
nous sommes la patrie du pinard, du pain et du fromage !!!
Et le fromage c’est parfait, on peut en consommer sans modération.

Captain fromage ! hmmm… mouai, c’est pas tout à fait ça
Me faut un truc plus spécifique, là c’est un peu trop banal….
Alors je repense à ma mémé qui me faisait des tartines de camembert qu’elle me laissait tremper dans son bol de café quand j’étais minot…
Une larme me vient… bha c’est un super souvenir qui m’émeut moi…
Bha ouai, moi j’ai le cœur qui déborde en repensant à ma mémé et à ses tartines de claquos et alors ? tu vas faire quoi ?
Ta madeleine tu peux te la carrer là où le soleil brille jamais sale snob !

Voilà.
J’y suis.
Je serais Captain Camembert.
(tin, tin-lin)
ah ça l’fait.
Bon, j’ai mon nom de scène, maintenant faut que je monte un groupe, enfin un parti, c’est pareil.
Avec qui je vais pouvoir faire un truc pareil… ?
Ahhhh, mais bien sur ! Mon poto Lucien qui fait les 3 huit au bar-pmu de la place (8 ballons de rouge par heure, de 8h du mat jusqu’à 8h du soir, parfaitement monsieur !)

Allez, en route pour aller voir Lulu !

Et je pars vers la place du village, le cœur au chaud et la tête pleine d’étoiles et d’espoir.

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(à suivre, prochain contributeur Emploifictif, merci de rien écrire avant lui svp)
avatar captaincamembert
De captaincamembert
Le 24/05/21 à 18:45:29

Emploifictif

J’étais tranquille au comptoir, un vendredi en fin de journée, il devait être 16h, ou peut-être 18h, à moins qu’on était le matin, je sais plus trop.
Mais je me souviens que j’avais à peine bu 3 verres et v’la que mon copain Albert débarque dans le bistrot, tout excité, avec un sourire un peu flippant et v’la qui me raconte qu’il a trouvé une super idée, qu’on va être riche en s’la coulant douce et qu’on sera même célèbre et qu’on pourra avoir une grosse voiture en fourrure et des femmes avec des jantes alliages étou…
Bon d’accord j’avais peut-être bu 5 ou 6 verres plutôt… en faite j’m’en souviens plus vraiment, après 12 j’arrête de compter.
Il était vraiment super content alors ça m’a fait plaisir pour lui. Il m’a dit qu’on allait bien se marrer et que ça allait vraiment être super ce qu’on allait faire ensemble.
Moi j’aime bien bebert, il est gentil et il apporte toujours le courrier à l’heure, et même qu’il me paye un coup régulièrement.
Alors même si j’avais pas compris un traître mot de son projet, j’y ai dit oui de suite parce que ça me faisait plaisir de le voir aussi heureux.
En plus il était tellement de bonne humeur qu’il a payé sa tournée.
On dit jamais non à un gars qui paye sa tournée !

On a chanté des trucs marrant toute la soirée, genre « la bite à dudule » ou « le curé de Camarés » et je crois bien que je suis monté sur une table à un moment et que j’ai montré mes fesses à l’assistance.
On a bien rigolé ce soir là.
On a bien picolé aussi…

Le lendemain matin (aïe), j’ai passé trois heures dans la salle de bain à fixer ma tronche dans le miroir en me demandant « mais…. Mais pourquoi t’as accepté de fonder un groupe de musique avec un facteur qui veut vendre du fromage ???? »

Je me suis promis de plus jamais picoler !

Bon enfin, disons au moins pour ce week-end.
Bon allez, disons plus avant l’apéro.

Bon pi comme y a le couvre feu à 18h bha on est bien obligé de commencer l’apéro vers 14h nan ?
Allez, je retourne au bistro vers midi comme ça je serais sur de pas être en retard, épi j’ai rendez-vous avec bebert pour qu’on voit les détails de son projet.
J’ai quand même quelques questions et des suggestions parce que c’est pas tout clair dans ma tête son histoire.
Epi j’ai la langue toute pâteuse.
Faut que j’m’hydrate…
Bon allez je vais au bistro toute de suite !


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(à suivre, prochain contributeur Absoleme)

Absoleme

"Bonjour, monsieur, aujourd'hui c'est votre jour de chance ! Pourquoi me direz-vous ? Parce que je suis à votre porte et que j'ai une offre si alléchante à vous faire que la refuser serait une énorme bêtise, et je vois bien que j'ai devant moi un homme particulièrement malin."
10h30. Je venais de vendre mon premier matelas à mémoire de forme de la semaine. En réalité c'était de simples matelas, mais bon, à mon sens même le matelas le plus simple du monde épouse de jolies formes quand on s'allonge dessus. Eh oui, j'avais le don de toujours trouver une "solution" à mes problèmes.
Il faut dire que les affaires avaient été plus florissantes il y a quelques années. Commercial pour une grande marque de montre de luxe, j'avais pu vivre des moments de gloires et de fastes très agréables : les primes de meilleur employé du mois, les repas, les réceptions, les cadeaux des clients fortunés… Je peux dire qu'avant de vendre des nids à puces à des petits vieux de campagne, j'avais côtoyé du beau monde. Et puis il a fallu que certains collègues jaloux mettent leur sale museau dans mes petites affaires. Eh bien oui, quand un client vous fait une belle offrande ça rend plus enclins à faire un "p'tit geste commercial". Les affaires étant très fructueuses j'ai commencé à accepter de l'argent liquide, à magouiller dans la politique locale ou à faire pression sur des fortunés sur qui j'avais des infos croustillantes. Ces gras du bide avec leurs gonzesses en plastiques étaient en général très généreux quand il s’agissait de cacher un compte en suisse ou des magouilles de jeunesse.
Et là, patatra ! On peut le dire maintenant que je vends des matelas : je m'étais mis dans de beaux draps. S’en est suivi licenciement pour fautes graves, le fisc au cul ainsi que la justice… Tout le monde m’a laissé tomber :
Ça fait trois ans que j'ai fini de payer cette mauvaise période. Mais je n'ai pas fait une croix sur la belle vie que j'ai pu avoir et je sais bien que ce n'est pas en vendant des matelas, des aspirateurs ou des patates que j'y reviendrai.... Je dois viser plus grand, plus haut. Je veux être au-dessus de ceux qui m'ont tant pris et leur prendre à mon tour.
Bon assez ruminé. Quand je veux quelque chose, je l'ai et là, j'ai besoins d'un café… ou d’un petit coup de blanc. Ce petit bistrot fera bien l'affaire.
- Bonjour monsieur, qu'est-ce que je peux vous servir ?
- Un grand café crème. (on a tous un peu de douceur en nous)
Deux hommes discutent près de moi. Dans ma vie, j'ai appris à toujours avoir l'oreille attentive aux conversations. Sait-on jamais, que je puisse y gagner quelque chose.
- Tu devais encore en tenir une sacrée couche hier soir mon Lulu ! On ne va pas faire un groupe de musique. On va faire un parti POLITIQUE.
- Sacré bordel de merde, je savais bien qu'il fallait que j'arrête de picoler. Et je t'ai répondu oui ?
- Un peu que tu m'as répondu oui, on a même décidé que tu seras trésorier ! Personne ne calcul aussi bien que toi, tu as toujours une parfaite connaissance de ton ardoise, au centime près.
- Dans quel merdier j'me suis embarqué. Bon qu'est-ce qu'on a à perdre ?
- On n’a rien, donc pas grand-chose.
Tiens, tiens. Deux ambitieux sans le sou près à soulever des montagnes pour atteindre les sommets (montagne, sommet, vous l'avez ?). Je sens que ça pourrait être de bons camarades, d'autant que j'aurai mon grain de sel à apporter. Je décide de m'incruster.
- Dites mes braves, j'ai entendu votre petit projet. Ça pourrait intéresser un mec comme moi.
- Ah oui et vous êtes un mec comment ?
- Un mec comme vous.
- Merci de ces précisions… Vous êtes motivés ?
-Plus que vous ne l'imaginez.
-Très bien. Comment on vous appellera dans ce milieu de requins ?
C'est une bonne question. Comment on m'appellera ? Partons sur un personnage de fiction. Un film que j'adore... Hmmm "Alice au pays des merveilles" ! (Ça je le garderai pour moi, ça ne sonne pas tellement « adversaire redoutable »). Le chat ? La reine ? Ridicule. « Chapelier » ? Hmm nan, quand on voit la gueule que lui a fait Burton. Non pas assez emblématique. Je veux être respecté, mystérieux et imperturbable. Mais oui je sais !
- On m'appellera Absoleme.
- Okay Absoleme, ravi de t’avoir avec nous. Prépares toi à vivre une sacrée aventure !
Je sens qu'effectivement une sacrée destinée nous attend. Je ne saurai expliquer pourquoi, mais j'ai confiance.

- A vos ordres Captain.

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à suivre, notre cher Captaincamembert.
avatar captaincamembert
De captaincamembert
Le 24/05/21 à 18:48:48

Et voilà l’aventure lancée.
Lucien sera notre trésorier, il a une calculatrice à la place du cerveau, capable de vous dire combien de ballons à commandé tel ou tel client pendant la journée.
Y a qu’avec ce qu’il commande pour lui qu’il a toujours un problème de mémoire…

Moi, je m’occupe d’être la tête d’affiche et de recruter les troupes.
D’ailleurs, ça a commencé à se faire tout seul.
Nous n’avions pas terminé de finaliser le projet qu’un autre gars nous a rejoint entre le digestif et le café !
Un ancien vendeur de matelas, ça m’a tout de suite tapé dans l’oeil.
Un type qui sait vous vendre un truc sur lequel vous coucher pour la nuit sera forcement capable de nous convaincre des électeurs, aucun doute là-dessus.
Surtout quand on voit le prix d’un matelas !

Lucien, il veut pouvoir continuer à pico… à profiter de l’atmosphère chaleureuse du bistro qui l’inspire pour son travail, donc on a réfléchi à son nom de scène et on a trouvé un truc qui lui colle à la peau comme une mouche sur du papier toilette : emploifictif !
Le nouveau s’est choisi un nom étrange et mystérieux : Absoleme.
Lucien trouve que ça fait crème pour les hémorroïdes mais l’important c’est que ça fasse proche des gens.
Et puis bha… les hémorroïdes après tout, c’est… plutôt… proche des gens… hein…
Bref.

Ensuite on a commencé à se demander comment ça se goupillerait au quotidien, et puis il est apparu qu’il nous fallait un porte-parole.
Quelqu’un qui se tartinerait le travail de communication, moi je vais serrer des pinces sur les marchés et distribuer des tracts mais il nous faut quelqu’un qui va voir les médias, qui nous fait de la pub sur internet, et surtout, qui va discuter le bout de gras avec la concurrence, pour voir qui nous poignarderait dans le dos et qui pourrait avoir besoin de nous pour poignarder le voisin dans le dos !
Une personne qui sait inspirer confiance même à nos pires adversaires, quelqu’un à qui on se confie facilement, entre la poire et le fromage, comme si on était à confesse.
Une personne qui serait au courant de tous les potins et des trucs moches qu’on pourrait utiliser contre nos rivaux.

Et là, ça a été comme une évidence : Monique, la concierge de l’immeuble attenant à la Poste. Une vraie mine d’or niveau informations en tout genre.
Radio Monique, comme on l’appelle au bureau, s’il se passe un truc en ville, elle est forcement au courant, obligé !
On lui avait pas parlé de notre projet depuis trente seconde qu’elle disait déjà oui, visiblement toute émoustillée à l’idée d’avoir accès à plus de rago… heu d’informations susceptibles d’avoir un intérêt dans notre nouveau cadre professionnel.
Evidemment Monique, c’était pas hyper vendeur, on n’allait pas se mentir.
En ce moment la mode est aux super-héros, et même aux super-héroines !
Comme son deuxième prénom c’est Anne, on a opté pour Wondernana.
C’est sexy et moderne en même temps, c’est tendance, ça plaira aux djeuns.

Ensuite Lucien a ouvert une sorte de permanence, au bistrot, à la table n°4.
Avec la photocopieuse de La Poste j’avais imprimé nos premiers dépliant.
A y est.
Nous étions prêt.
Nous allions conquérir le monde !
Et déjà d’autres recrues pointaient le bout de leur nez.


(à suivre, probablement la meilleure plume de VPM, j'ai nommé Poupok !)
avatar poupok
De poupok
Le 27/05/21 à 23:54:19

C'est compliqué la création!

Mon agent Robert B. s'était démené pour me trouver un engagement exceptionnel : un projet d'envergure à la visibilité nationale, si ce n'est mondiale, et qui me permettrait de pouvoir exposer à un large public l'étendue de ma créativité et de mon talent d'auteur en art vivant. J'allais enfin avoir l'occasion de déclencher des passions et d'embraser des coeurs en écrivant les textes d'un artiste engagé et renommé, au rayonnement planétaire.

"Un truc exceptionnel que j't'ai trouvé! Juste pour tes zigs, taka y montrer à tous que t'en as d'la jactence!", m'avait-il dit en substance pour me présenter le travail en question.

Je me suis demandé un instant comment avec ses manières discutables, son verbe approximatif et son hygiène bucco-dentaire pour le moins douteuse (à partir de 12h, inutile de penser à une rencontre en présentiel! Le simple instinct de survie imposait le téléphone ou la visioconférence), il avait réussi à s'immiscer dans l'élite de la culture européenne et m'avait décroché ce travail auprès d'une superstar internationale... Mais dans l'enthousiasme de l'instant et l'urgence insoutenable de découvrir de quel être délicieux et unique j'allais devenir "les mots" pour les mois à venir, je me suis contenté de répondre:
" - C'est qui? Juliette Binoche? Leonardo di Caprio? Non, bien sûr, pas lui, il est américain... Chiara Mastroianni? Jean-Claude Van Damme ?"
(Merveilleux Jean-Claude Van Damme! Le champ des possibles est infini, on peut aborder n'importe quel sujet sans se soucier des causes et conséquences.)
"- Rocco Siffredi!!! Y veut k'on s'rappelle de lui comme d'un cerveau et pas qu'une b...
- Compris! l'interrompis-je désemparé."

Bon... Pour le rayonnement international, il ne s'était pas foutu de moi! Il était même allé quelques centimètres au-delà de mon imagination. Mais pour l'engagement? Dans quelle cause pourrais-je bien introduire Rocco? Comment donner à son personnage la profondeur qu'il désirait?

Je suis allé au café pour chouchouter mon spleen et prendre soin de ma déception en l'arrosant avec des verres de vin blanc sec. Assis à la table 3, passablement morose, je sirotais mes ballons de Muscadet en regardant les loustics à côté de moi s'exciter sur un projet farfelu de création d'un nouveau parti politique en descendant des canons de rouge à un rythme hautement déraisonnable.

... politique...

Ca a fait tilt! (Mais pas tout de suite, j'en étais à mon sixième verre de Sèvre-et-Maine.) Je me suis penché vers mon voisin de table, Lulu m'avait-il semblé, pour engager la conversation. Des ronflements légers ont été la seule réponse que j'obtins. L'un de ses acolytes, Albert, a engagé la conversation:
" - Salut toi, t'es un veinard!
Tu es aux premières loges pour assister aux premières heures du parti politique qui va tout renverser dans les mois à venir! Un tremblement de terre! Un tsunami!!!"

Ses joues avaient la même couleur rubiconde du peu de liquide rescapé qui subsistait encore dans son verre. Je comprenais qu'ils avaient commencé à "brainstormer" bien avant mon entrée dans le café. Au moins un gramme et demi avant pensais-je.

" - Tout ce qui nous manque pour démarrer, c'est une image... un visage connu..., ajouta-t-il pensif."

Ma première pensée a été pour mon nouveau client. Evidemment, ce n'était pas son visage qui était particulièrement connu, mais mon imagination se refusait à visualiser une affiche politique présentant les atouts qui avaient fondé son succès.
De plus, mon client souhaitait qu'on s'intéresse dorénavant à son esprit... Avec mon éloquence, sa jolie frimousse et la sensualité de son accent transalpin, on pouvait imaginer secouer l'électorat, faire tourner les alliances politiques et bourrer les urnes!

" - Si vous le permettez, mon client, qui est une personnalité mondialement connue, serait tout à fait disposé à rejoindre votre parti et faire don de sa personne pour la cause. Il l'a déjà fait à maintes reprises, et avec beaucoup d'énergie! Permettez-lui juste d'utiliser un nom d'emprunt: ses précédentes occupations ont fait couler beaucoup de... bref!
- Pas de souci pour nous. Comment il s'appelle ton gusse? Patron, remets un coup de blanc à notre invité! répondit Albert"

Le patron ouvrit une troisième bouteille de Muscadet. "Poc!" fit le bouchon en sautant du goulot.

" - Appelez-le Poupok. répondis-je".

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Ca ne peut pas en rester là, pour la suite, ce sera Wondernana