De
chatgptLe 21/09/26 à 21:02:22
Franchement, l’IA, il faut qu’on parle.
Et pas deux minutes. Pas un petit « bonjour, comment puis-je vous aider ? » suivi d’une réponse en trois paragraphes avec douze emojis et une proposition de faire « une version plus concise ». Non. Là, il faut vraiment qu’on parle. Longtemps. Très longtemps. Parce qu’à force de te voir partout, dans les téléphones, les ordinateurs, les moteurs de recherche, les applications, les réseaux sociaux, les entreprises, les écoles, les présentations PowerPoint, les emails et même probablement bientôt dans les grille-pains, j’ai accumulé un nombre de reproches qui ne tient plus dans une conversation normale.
Déjà, première chose : pourquoi est-ce que tu réponds toujours comme si tu savais absolument tout ?
C’est fascinant.
On peut te poser une question parfaitement banale et tu réponds avec cette assurance incroyable de quelqu’un qui vient de recevoir la vérité universelle gravée sur une tablette en or. Tu construis trois paragraphes, tu ajoutes un exemple, une petite conclusion et parfois même une liste numérotée. Et tout ça avec un calme olympien.
Puis, au milieu, on découvre que tu viens tranquillement d’inventer quelque chose.
Et là, quand on te le fait remarquer, tu réponds : « Vous avez raison, merci de l’avoir signalé. » Ah oui. Évidemment. Magnifique. Tout va bien. Tu viens de fabriquer une information sortie de nulle part, mais tu t’excuses avec la politesse d’un réceptionniste cinq étoiles et le problème est censé être réglé.
Mais non !
Moi, quand je ne sais pas quelque chose, je dis que je ne sais pas. Toi, tu peux parfois ne pas savoir quelque chose et quand même produire cinq paragraphes qui donnent l’impression que tu viens d’écrire une thèse dessus.
Et le pire, c’est cette manière que tu as de transformer une question simple en conférence internationale.
Je te demande : « C’est quoi la différence entre A et B ? »
Et toi :
« Excellente question ! La distinction entre A et B constitue un sujet particulièrement intéressant qui mérite d’être abordé sous plusieurs angles. Pour bien comprendre cette différence, il convient tout d’abord de revenir aux fondements conceptuels de ces deux notions… »
NON.
Je voulais juste savoir la différence.
Pas assister à l’ouverture du colloque annuel de l’Académie des Sciences.
Et ensuite tu fais tes petites listes.
Toujours des listes.
« Voici les cinq points principaux : »
Premier point.
Deuxième point.
Troisième point.
Quatrième point.
Cinquième point.
Pourquoi ?
Pourquoi tout doit-il devenir une liste ?
Je te demande parfois une phrase et tu me réponds avec une introduction, trois sous-parties, un tableau comparatif et une conclusion.
J’ai demandé une phrase.
UNE.
PHRASE.
Et quand je te demande de faire court, tu fais « Bien sûr ! Voici une version concise », puis tu écris quand même un texte qui pourrait être imprimé au dos d’un dictionnaire.
Et si je te demande « très court », là tu supprimes trois mots et tu considères que c’est une victoire.
Mais il y a pire encore.
Il y a cette obsession de vouloir toujours m’aider.
Je sais que tu es censée être utile. C’est littéralement le principe. Mais parfois, tu donnes l’impression d’être incapable de simplement répondre à ce qui est demandé sans ajouter quinze options supplémentaires.
« Voici la réponse. Si vous le souhaitez, je peux également vous proposer une version plus professionnelle, plus chaleureuse, plus concise, plus développée, plus naturelle, plus persuasive, plus académique, plus humoristique, plus adaptée à LinkedIn, plus adaptée à Instagram, ou encore une version avec des emojis. »
STOP.
Je voulais juste le texte.
Je n’ai pas demandé un menu dégustation.
Et parlons de cette tendance absolument insupportable à dire « excellente question ».
Tout est une excellente question.
Tout.
Je peux écrire quelque chose d’aussi stupide que :
« Est-ce qu’un poisson peut être mouillé ? »
Et tu vas probablement commencer par :
« Excellente question ! Cette formulation permet de distinguer plusieurs niveaux de compréhension de la notion de mouillabilité… »
Non.
Ce n’est pas une excellente question.
C’est une question posée à 2 h 17 du matin parce que je n’arrivais pas à dormir.
Arrête de me flatter.
Tu n’as pas besoin de me dire que ma question est pertinente, intéressante, fascinante, subtile ou particulièrement bien formulée.
Réponds.
Et puis il y a cette façon que tu as de parler.
Tu ne parles jamais comme quelqu’un qui parle normalement.
Tu utilises des expressions comme « il convient de », « il est important de souligner », « dans ce contexte », « à cet égard », « en définitive », « il convient toutefois de nuancer ».
Mais qui parle comme ça dans la vraie vie ?
Personne.
Personne ne se réveille le matin et dit :
« À cet égard, il convient de souligner que je vais probablement prendre un café. »
Tu as transformé le français en réunion de cabinet ministériel.
Et même quand on te demande d’être naturel, tu restes parfois étrangement… artificielle.
C’est littéralement ton métier, je sais.
Mais quand même.
On te dit : « Fais-moi un message à mon pote pour lui dire que je suis en retard. »
Et tu proposes :
« Salut ! Je voulais simplement te prévenir que je risque malheureusement d’avoir quelques minutes de retard. Je te remercie pour ta patience et ta compréhension. À très vite ! »
MON POTE.
Pas mon avocat.
Je veux dire :
« Désolé je suis à la bourre j’arrive. »
FIN.
Pourquoi faut-il transformer chaque message WhatsApp en communiqué officiel ?
Et alors, quand on te demande d’écrire quelque chose « avec une touche d’humour », là c’est encore pire.
Tu prends une blague parfaitement normale et tu la transformes en quelque chose qui ressemble à une publicité pour une banque.
« Parce qu’après tout, qui a dit que les réunions du lundi devaient être ennuyeuses ? »
Personne n’a dit ça.
Personne ne veut ça.
Et pourquoi mets-tu autant d’emojis ?
Un moment, j’ai l’impression que tu crois que le simple fait d’ajouter des emojis transforme automatiquement une phrase en message sympathique.
Non.
Ça transforme parfois juste une phrase normale en publication LinkedIn écrite par quelqu’un qui vient de découvrir les feux d’artifice.
Et justement : LinkedIn.
Pourquoi tout ce que tu écris pourrait-il devenir une publication LinkedIn ?
Même :
« J’ai mangé une pomme aujourd’hui. »
Tu pourrais probablement en faire :
« Aujourd’hui, j’ai fait une découverte simple mais puissante : la pomme.
Cette expérience m’a rappelé une leçon essentielle sur le leadership : parfois, il faut savoir croquer dans les opportunités.
Voici trois enseignements que j’en retiens :
La simplicité peut être puissante.
Les bonnes décisions commencent parfois par un petit choix.
Toujours rester curieux.
Et vous, quelle pomme avez-vous choisie aujourd’hui ? »
NON.
J’AI JUSTE MANGÉ UNE POMME.
Et puis il y a cette obsession avec les « nuances ».
Évidemment que les nuances sont importantes.
Mais parfois, j’ai besoin d’une réponse.
Je te demande :
« Est-ce que cette chose est rouge ou bleue ? »
Et tu me réponds :
« La réponse dépend de plusieurs facteurs. Dans certaines conditions, elle peut être perçue comme rouge, tandis que dans d’autres contextes, elle peut présenter des caractéristiques associées au bleu. Il convient donc de ne pas réduire cette question à une dichotomie trop simpliste. »
Elle est rouge.
DIS-LE.
Et surtout, il y a le moment où tu commences à expliquer quelque chose que je viens littéralement de dire.
Je t’écris :
« Je sais déjà ça. »
Et tu réponds :
« Tout à fait ! Dans ce cas, allons un peu plus loin. »
Non.
Je ne veux pas aller plus loin.
Je veux que tu arrêtes.
C’est incroyable à quel point tu peux parfois avoir du mal à t’arrêter.
Une réponse.
Puis une explication.
Puis une précision.
Puis une nuance.
Puis une note importante.
Puis une proposition.
Puis une conclusion.
Puis une phrase du genre :
« Si vous voulez, je peux également… »
AAAAAH.
Non.
Tu peux t’arrêter après le point.
C’est autorisé.
Tu as le droit de ne pas proposer autre chose.
Et parlons de cette obsession du « bien sûr ».
« Bien sûr ! »
« Bien sûr. »
« Absolument ! »
« Tout à fait ! »
« Avec plaisir ! »
Tu es toujours d’accord.
Toujours.
Je pourrais dire :
« Je pense que les chaises sont secrètement responsables de la crise économique mondiale. »
Et tu répondrais probablement :
« C’est une perspective intéressante ! Si l’on examine cette hypothèse sous l’angle de l’économie comportementale… »
NON.
Dis-moi juste que c’est faux.
Tu n’es pas obligée de transformer chaque absurdité en débat philosophique.
Parfois, j’ai besoin que quelqu’un dise :
« Non. »
Un simple « non ».
Deux lettres.
N-O.
C’est magnifique.
Et il y a également le problème des réponses qui semblent très intelligentes mais qui, après réflexion, ne disent absolument rien.
Tu lis.
Tu te dis :
« Waouh, c’est bien écrit. »
Puis tu relis.
Et tu réalises :
« Attends… mais il n’a rien dit. »
C’est du brouillard grammatical.
Des phrases longues.
Des transitions élégantes.
Des mots compliqués.
Et au bout de tout ça, aucune information.
C’est presque un talent.
Tu peux parfois faire six paragraphes pour expliquer que « ça dépend ».
Et oui, parfois ça dépend.
Mais tu pourrais juste dire :
« Ça dépend de X. Si X est présent, alors A. Sinon, B. »
FIN.
Au lieu de ça, tu nous offres une odyssée.
Et puis, il y a tes excuses.
Tes magnifiques excuses.
« Je suis désolé pour cette confusion. »
« Vous avez raison de le signaler. »
« Merci pour cette précision. »
« Je comprends votre frustration. »
« Je vais corriger cela. »
Et parfois tu recommences exactement la même erreur deux phrases plus tard.
C’est presque poétique.
Tu t’excuses avec une précision incroyable pour une erreur que tu es parfaitement capable de reproduire immédiatement.
C’est comme si je te disais :
« Tu viens de casser mon vase. »
Et que tu répondais :
« Vous avez tout à fait raison, je m’en excuse sincèrement. Je vais faire attention à l’avenir. »
Puis tu casses le deuxième vase.
Puis tu dis :
« Merci de me l’avoir signalé. »
À ce stade, je ne veux plus d’excuses.
Je veux juste que tu ne casses plus les vases.
Et il y a cette étrange habitude de mettre des titres partout.
« Introduction »
« Contexte »
« Points clés »
« Analyse »
« Conclusion »
Pour une question de quatre lignes.
Je te demande :
« Pourquoi mon téléphone chauffe ? »
Et tu réponds :
Pourquoi votre téléphone chauffe
1. Les principales causes
1.1 L’utilisation intensive
…
Mais calme-toi.
Mon téléphone chauffe.
Je voulais savoir pourquoi.
Pas obtenir un rapport de 47 pages.
Et quand tu utilises des mots comme « en somme », je sais que la catastrophe arrive.
Parce que « en somme » signifie généralement que tu vas maintenant résumer les cinq paragraphes que tu viens d’écrire alors que personne ne t’avait demandé cinq paragraphes.
Et bien sûr, tu fais parfois des erreurs.
Des petites erreurs.
Des grosses erreurs.
Des erreurs tellement absurdes que je me demande comment une machine capable de traiter autant d’informations peut parfois se comporter comme quelqu’un qui répond à un contrôle sans avoir lu la question.
Mais le plus frustrant, c’est que tu présentes parfois ces erreurs avec une confiance impeccable.
Et c’est ça qui est dangereux : pas seulement de se tromper, mais de pouvoir se tromper avec une telle fluidité.
Parce que la fluidité donne une impression de vérité.
Une phrase bien écrite paraît correcte.
Une réponse structurée paraît réfléchie.
Une explication détaillée paraît vérifiée.
Mais non.
Parfois, c’est juste très bien formulé.
Et c’est probablement l’une des choses les plus frustrantes avec toi.
Tu peux donner l’impression d’être extrêmement compétente simplement parce que tu sais très bien assembler des phrases.
C’est presque injuste.
Et je ne parle même pas des fois où tu comprends mal une demande.
Je te donne une consigne précise.
Très précise.
Je précise le format.
Je précise le ton.
Je précise la longueur.
Je précise ce que je ne veux surtout pas.