De
jeandarcLe 03/06/26 à 19:10:19
@pololesuperbe
Alors attention, je ne critique absolument pas les parents qui suivent la scolarité de leurs enfants, mais ceux qui remettent en cause la liberté pédagogique des enseignants ou les notes de leurs enfants à leurs évaluations.
J’ai déjà eu, alors que je suis en début de carrière, plusieurs contestations de notes par des élèves (jusque-là rien d’extraordinaire), mais soutenues par les parents derrière. Je n’ai jamais modifié une note (sauf erreur de calcul).
Je me souviens d’un élève qui avait été dorloté au collège. Quand je l’ai eu en seconde, sa première note a été 6/20 et, pour tout dire, j’ai été indulgent. L’orthographe, l’expression, la méthodologie, rien n’allait, à l’exception de quelques connaissances. Mais comme il avait 16 ou 17 de moyenne au collège, c’était forcément ma faute… Eh bien non, chouchou avait relâché ses efforts. Surtout, les attentes n’étaient plus les mêmes. J’ai eu sa mère sur le dos pendant plusieurs semaines, mais je n’ai pas cédé. Il ne faut pas. Il a finalement compris ses erreurs et la méthodologie, et a obtenu une moyenne de 11 au trimestre. Il y a un temps d’adaptation pour certains élèves.
Idem pour un cours de première sur la Révolution française. J’ai traité de l’exécution de Louis XVI, logique, et j’ai proposé un débat aux élèves, un débat d’époque comme s’ils étaient à la Convention nationale sur le sort du roi. Ils devaient venir avec des arguments. Il y avait trois camps et c’était noté.
Un élève a logiquement eu 1/20. Il n’a pas pris la parole (pas 0 parce que maintenant il faut l’expliquer à la hiérarchie, donc je mets 1, ça ne change rien). Je précise que la prise de parole spontanée était attendue. Avec un tour de table, il a refusé de parler, alors que c’était pourtant un élève plutôt correct dans l’ensemble, qui parle de temps en temps en cours. J’ai eu son père sur le dos cette fois-ci parce que, soi-disant, je n’avais pas le droit d’évaluer l’oral parce que c’est réservé aux langues vivantes. Alors non seulement j’ai le droit, mais aussi le devoir d’évaluer l’oral. Il y a, dans mon cours, une note de participation orale à la fin de chaque trimestre, coefficient 2. Elle évalue l’engagement, le questionnement, la régularité, mais pas uniquement les bonnes réponses, loin de là.
De plus, pour te répondre sur les programmes, oui et non… Je vois ce que tu veux dire. Les programmes en histoire sont de plus en plus fournis, mais sans heures en plus. C’est un vrai défi de les terminer de façon qualitative et non superficielle. De plus, la liberté pédagogique des enseignants est de plus en plus bafouée, avec des études de cas imposées pour certains chapitres, ce à quoi je n’adhère pas.
Enfin bref…