De
rskLe 31/03/26 à 14:34:39
Dans la chambre close où se fige le miel du temps,
Un vieil homme enlace une chair printanière ;
Ses doigts, lents serpents, glissent avec tourment
Sur la sève captive aux frissons de lumière,
Et l’air devient lourd d’une fièvre première.
Surgit le prince, au sang vif, presque insolent,
Sa jeunesse brûlait comme une braise nue ;
Chaque pas exhalait un trouble violent,
Un champ invisible où la nuit est vaincue,
Et la peau du monde en tremblait, mise à nu.
Il vit ce lien sombre, cette étreinte profonde,
Où la vie se dévore en un baiser trop long ;
Alors l’acier parla et fendit l’onde,
Mais leurs corps rapprochés, dans un souffle oblong,
Faisaient du combat un désir sans nom.
Le duel devint lutte aux parfums interdits,
Flanc contre flanc, dans l’ardeur presque charnelle ;
Chaque heurt arrachait un cri retenu, maudit,
Et la mort se mêlait à la soif sensuelle,
Dans un vertige épais, brûlant, irréel.
Quand le vieux céda, vidé de sa morsure,
La princesse exhala sa lumière captive ;
Et le prince, effleurant cette vive blessure,
Goûta, sans la nommer, la force qui dérive
D’un éclat sans contour, brûlant, qui les enivre.