De
supermusclemanLe 13/09/26 à 11:31:15
Franchement, à ce stade, je pense qu’il faut qu’on en parle sérieusement : rsk commence vraiment à abuser des textes générés par IA.
Au début, honnêtement, ça pouvait passer. Un petit texte de temps en temps, une formulation un peu plus propre, une idée reformulée, pourquoi pas. Après tout, utiliser une IA comme outil pour gagner du temps, améliorer son expression ou chercher de l’inspiration, ce n’est pas spécialement un problème en soi. Mais là, on est clairement en train de dépasser le stade du simple « coup de main ». À force, on a presque l’impression que dès qu’il faut écrire plus de trois lignes, rsk délègue directement la mission à une intelligence artificielle.
Et le plus drôle, c’est que ça commence à devenir tellement visible que ça en devient presque une signature. On reconnaît progressivement le texte : les phrases beaucoup trop propres, les formulations extrêmement carrées, les transitions dignes d’un rapport annuel, les paragraphes qui semblent avoir été conçus par une commission internationale chargée de rédiger un communiqué officiel sur la situation. Il y a toujours cette manière très particulière de vouloir absolument expliquer chaque détail, de faire trois paragraphes là où deux phrases auraient largement suffi, et surtout cette impression permanente que le texte a été passé au pressing avant d’être envoyé.
À un moment donné, il faut quand même se poser des questions. Quand quelqu’un répond à un message de trois mots avec une dissertation structurée en introduction, développement, nuances, conclusion et ouverture, forcément, ça commence à éveiller quelques soupçons. Quand chaque phrase semble avoir été optimisée, équilibrée, reformulée et repassée plusieurs fois, alors qu’on sait très bien que la personne en question écrit normalement comme tout le monde, il y a un léger décalage.
Et encore, ce n’est même pas forcément le fait d’utiliser l’IA qui pose problème. C’est l’abus. Il y a une différence entre utiliser un outil et lui donner carrément les clés de sa personnalité rédactionnelle. Là, rsk ne demande plus seulement à l’IA de l’aider à écrire : on dirait parfois que l’IA écrit, réfléchit, argumente, nuance et conclut à sa place, pendant que rsk se contente de copier-coller le résultat avec un petit « voilà ».
Le problème, c’est qu’à force, ça enlève complètement le côté naturel des échanges. Un message est censé ressembler à la personne qui l’envoie. Il peut contenir des fautes, des phrases courtes, des répétitions, des mots mal choisis, des tournures bizarres, bref, tout ce qui fait qu’on reconnaît quelqu’un derrière son écran. Avec les textes de rsk, on commence à avoir l’impression de discuter avec un service client premium disponible 24 heures sur 24.
Et puis il y a cette fameuse tendance à vouloir absolument tout structurer. Pourquoi faire simple quand on peut faire une introduction ? Pourquoi répondre directement quand on peut commencer par « il convient tout d’abord de préciser que… » ? Pourquoi dire « je suis d’accord » quand on peut écrire un paragraphe entier expliquant les différentes dimensions de l’accord en question, tout en précisant qu’il existe néanmoins certaines nuances à prendre en considération ?
Même pour une question parfaitement banale, on sent parfois qu’il y a eu un passage par une usine à paragraphes.
Tu demandes : « Tu viens ce soir ? »
Réponse de rsk :
« Oui, je pense que ma présence ce soir est tout à fait envisageable. Toutefois, plusieurs facteurs doivent être pris en considération, notamment les contraintes liées à mon emploi du temps ainsi que les éventuels imprévus susceptibles de survenir. En conséquence, sous réserve de l’absence d’un événement indépendant de ma volonté, je devrais être en mesure de confirmer ma présence dans les meilleurs délais. »
Mais frère, tu viens ou tu viens pas ?
C’est justement ça qui rend le phénomène particulièrement amusant. On n’est plus simplement dans l’utilisation d’un outil : on arrive dans une situation où chaque message pourrait être présenté lors d’une conférence sur « l’évolution des communications numériques à l’ère de l’intelligence artificielle ».
Et ce qui est encore plus suspect, c’est que même quand le sujet ne nécessite absolument aucune profondeur, le texte semble vouloir nous convaincre qu’il s’agit d’un enjeu civilisationnel majeur. Un simple avis devient une analyse. Une remarque devient une argumentation. Une réponse devient une synthèse. Une discussion devient un mémoire.
À ce rythme-là, bientôt rsk va demander à l’IA de lui écrire « salut ça va ? ».
Et évidemment, le résultat fera 847 mots.
Avec une conclusion.
Et probablement une phrase du genre : « En définitive, la question de savoir si tout va bien mérite d’être appréhendée avec nuance. »
Il faut vraiment que quelqu’un lui dise.
Parce qu’à force de générer des textes pour tout et n’importe quoi, rsk risque aussi de perdre complètement ce qui rend ses propres messages intéressants : sa manière personnelle de parler et d’écrire. L’IA peut produire quelque chose de propre, de cohérent et de bien formulé, mais ça ne remplace pas une vraie voix. Et quand on utilise systématiquement le même type d’outil pour répondre à tout, cette voix finit forcément par disparaître derrière des formulations génériques.
On commence même à avoir cette sensation étrange où le message est techniquement très bien écrit, mais où personne ne parle réellement comme ça dans la vraie vie.
C’est propre.
C’est structuré.
C’est cohérent.
C’est nuancé.
C’est argumenté.
Mais surtout : c’est beaucoup trop propre, structuré, cohérent, nuancé et argumenté.
À un moment, il faut laisser vivre les imperfections.
Une phrase peut être courte.
Un message peut être mal formulé.
On peut chercher ses mots.
On peut dire « je sais pas ».
On peut répondre « oui », « non », « mdr », « attends », « je te réponds après ».
Ce n’est pas grave.
Tout le monde n’a pas besoin de rédiger un communiqué de presse à chaque fois qu’il ouvre son clavier.
Et surtout, le plus important : quand quelqu’un nous parle, on a envie de parler à cette personne, pas à une machine qui a reçu pour consigne de produire une réponse parfaitement équilibrée, diplomatique et exhaustive.
Donc rsk, vraiment, il va falloir commencer à lever un peu le pied.
Personne ne t’en voudra si tu écris toi-même un texte avec trois fautes, deux répétitions et une phrase qui part dans tous les sens. Au contraire, ça nous rassurera. On saura qu’il y a encore quelqu’un derrière le message.
Parce que là, progressivement, on commence à se demander si lorsqu’on reçoit un message de rsk, il faut lui répondre directement ou attendre que ChatGPT nous propose une réponse adaptée au contexte, au ton, à l’intention émotionnelle et au niveau de formalité souhaité.
Et franchement, ce serait quand même le comble : deux personnes qui utilisent une IA pour discuter entre elles, avec une conversation où absolument personne n’écrit réellement ce qu’il pense.
Alors oui, utiliser l’IA, très bien.
S’en servir pour corriger un texte, chercher une idée, débloquer une formulation, faire un brouillon : aucun problème.
Mais faire rédiger absolument tout, tout le temps, pour chaque sujet, chaque réponse et chaque petite interaction, là, ça commence vraiment à devenir abusif.
Donc, rsk, s’il te plaît : de temps en temps, pose l’IA.
Prends ton clavier.
Écris avec tes propres mots.
Même si c’est moins parfait.
Même si c’est moins élégant.
Même si la ponctuation est approximative.
Même si tu fais une faute à « certainement ».
On survivra.
Et surtout, on saura que c’est toi.
Parce qu’à ce stade, le véritable problème n’est même plus de savoir si rsk utilise l’IA.
Le véritable problème, c’est qu’on commence à se demander si rsk utilise encore ses propres mots.
Et ça, franchement, c’est là qu’on peut dire qu’il commence vraiment à abuser.