De
chlojoLe 24/06/26 à 17:20:36
Mesdames, messieurs,
Merci d’être présents à ce forum, les chlodettes sont là pour vous accueillir :)
Je vais commencer simplement : je suis Chlocho, député sortant, et candidat à ma succession. Donc officiellement quelqu’un qui a déjà survécu à une campagne, ce qui en politique locale est déjà une forme de compétence reconnue.
Je représente la CORT : la Confédération des Oursons Rebelles Tréflés. Un nom qui, je vous l’accorde, ne passe pas encore dans les dîners en préfecture sans explication. Mais en même temps, les programmes trop simples finissent souvent à l’état de promesse, et les noms trop sérieux finissent parfois à l’état de PowerPoint.
L’Ourson, c’est la bienveillance et la solidité. Le Trèfle, c’est la chance, ou plutôt la capacité à en créer un peu soi-même. Le Rebelle, c’est le refus du réflexe automatique du “on a toujours fait comme ça”, qui est probablement la phrase la plus dangereuse de toute l’administration moderne.
Parlons des sondages, parce qu’en ce moment ils ont une poésie particulière.
En tête, un candidat inconnu du grand public, absent des forums, absent des débats, mais présent en haut des intentions de vote. C’est une performance assez rare : gagner sans participer. À ce stade, on n’est plus sur de la politique, on est sur de la téléportation électorale.
Derrière, Parachuter. Déjà député, donc il connaît les lieux. Après, certains disent qu’il les connaît surtout de l’extérieur ces derniers temps, mais je laisse chacun juger la géographie politique.
Et puis RSK, ancienne éminence grise de Fernandel le dictateur. Ce qui est une phrase qui, dans n’importe quel autre contexte que VPM, déclencherait une enquête administrative immédiate.
Et moi, 18,8 %. Le chiffre parfait. Pas assez haut pour se reposer, pas assez bas pour disparaître, juste assez pour entendre des phrases du type : “vous êtes intéressant, mais bon…”. Traduction politique officielle de : “on ne sait pas encore si on doit s’inquiéter ou vous ignorer”.
Sur mon bilan de député sortant, je vais être assez simple : je n’ai pas pratiqué la politique en mode figurant.
J’ai participé à tous les votes. Tous. Ce qui, dans certains environnements, est déjà considéré comme une forme d’activisme.
Je me suis opposé quand il fallait s’opposer, ce qui est toujours plus facile que de s’opposer quand ça ne sert à rien, et plus utile que de s’opposer quand tout le monde est déjà d’accord.
Et j’ai voté les enveloppes quand c’était le cas, sans la technique classique du “je réfléchis encore” qui, en politique, peut durer jusqu’à la fin du mandat suivant.
En résumé : j’ai essayé d’être un député présent. Pas un député “en option”.
Alors pourquoi un nouveau mandat ?
Parce que la CORT, malgré son nom qui ressemble à une association de peluches syndicalisées, porte trois idées assez sérieuses.
D’abord, une politique lisible. Parce qu’actuellement, il y a des textes plus simples à comprendre en latin qu’en forum parlementaire.
Ensuite, une opposition constructive. Ce qui signifie un concept révolutionnaire : ne pas dire non juste pour exister, ni dire oui juste pour être invité aux discussions suivantes.
Et enfin, une idée encore plus subversive : considérer que les décisions devraient être comprises par ceux qui les votent. Je sais, ça peut choquer.
Je ne vais pas vous dire que je suis en tête des sondages, ce serait maladroit, et surtout faux. Mais je peux vous dire une chose : je préfère être en train de parler ici, en répondant, en argumentant, en étant présent, que premier dans un classement où la principale compétence est l’absence.
Parce qu’à la fin, une élection, ce n’est pas seulement une position dans un tableau Excel. C’est aussi une présence dans un débat.
Merci à vous.