De
ellevanneLe 06/05/26 à 07:51:59
Mes très chers compatriotes de VPM,
Nobles VPMiens,
En ce jour solennel où le destin referme le grand livre de mon règne, permettez que votre humble serviteur vous adresse quelques mots. Car comme l’eût tonné Bossuet en ses Oraisons funèbres : « Tout passe, tout change, tout finit. » Ainsi en va-t-il de mon mandat.
Tout commença par ce conclave — affaire de trois journées, là où l’on eût pu, en quelque hâte vertueuse, conclure dès le deuxième tour. Mais les dieux de VPM en décidèrent autrement, et leurs voies sont impénétrables.
Notre large majorité, telle une troupe bien ordonnée sortie de la plume de Corneille, sut animer, vous proposer d’imposants jeux et de plus modestes, soutenir vos animations par les deniers du Trésor Public. Nous créâmes du spectacle — l’enveloppe jouée au poker devant toute l’assemblée contre un député fut notre acte le plus théâtral.
Nous récompensâmes également maints profils : les campagnards purs, les esprits communautaires, les âmes timides, et les grandes gueules — ces derniers dont La Fontaine eût dit qu’ils ressemblent au Corbeau : bruyants, certes, mais non toujours sans mérite.
Notre cap fut un et unique : que ceux qui font VPM fussent portés aux nues, éclairés par nos bougeoirs royaux.
Les députés n’eurent à refuser que deux enveloppes : celle de la soupe aux choux — résultat prévisible pour qui sait lire les augures — et celle destinée à ma propre personne. Pour ceux que l’inquiétude ronge, je reçus de généreux dons en crédits à la suite de mon dernier message. Qu’ils en soient ici remerciés avec la chaleur d’un foyer versaillais.
Vint ensuite le temps de la primaire, où mes deux Premiers Ministres s’affrontèrent en champ clos. Dix voix contre quatre — balle à Aura.
Elle conquit le conclave en quatre tours, avec une célérité digne des meilleures intrigues de Marivaux, où le sentiment vrai finit toujours par triompher du calcul. Soixante-huit votes contre une vingtaine : le jeu fut plié avec la netteté d’un vers de Racine.
Aura est une belle personne.
Intègre, loyale, d’une sympathie que nul ne saurait contester. Elle eut ma préférence lors de ce conclave — facile à dire aujourd’hui, me direz-vous en souriant.
Mais elle le sait, et cela suffit.
Je lui souhaite un mandat à la hauteur de son excellence.
Quant à moi, le jeu continue sous d’autres cieux. Vous en saurez davantage incessamment. Je demeure présent, mes appartements privés vous sont ouverts.
La bise,
Ellevanne, ex-Président de VPM