De
chlojoLe 27/04/26 à 07:57:08
Mes chers collègues, chers débatteurs infatigables, chers spécialistes du paragraphe nocturne,
Je constate avec émotion que mon message aura au moins eu le mérite de réveiller l’Assemblée, les anciens salons Discord, quelques rancunes enfouies et probablement deux ou trois hiboux insomniaques.
Je vais donc revenir au fond, parce qu’au milieu des piques, des dissertations et des règlements de comptes, une vraie question institutionnelle mérite mieux qu’un concours de punchlines.
Le sujet n’est pas de savoir qui a eu raison sur un salon privé en 2024, ni qui a quitté quoi, ni qui a dit “factuel” trop vite.
Le sujet, c’est l’Assemblée.
Et précisément : quel pouvoir voulons-nous lui donner ?
Si nous ne faisons pas aujourd’hui un vote de confiance — ou de défiance — sur le gouvernement Aura I, alors demain rien ne nous obligera à le faire pour un prochain gouvernement.
Autrement dit : si nous ne créons pas cette pratique maintenant, elle n’existera pas plus tard.
Et c’est bien là l’enjeu.
Oui, certains jugent qu’à une semaine du conclave cela n’a pas d’intérêt.
Je comprends l’argument.
Mais je vois les choses autrement : ce n’est pas seulement un vote sur un gouvernement, c’est l’installation d’un principe.
Un précédent.
Une coutume parlementaire.
Et les institutions se construisent justement sur ce genre d’habitudes.
Je reconnais volontiers un petit raté à l’allumage : j’ai voulu lancer d’abord le compte rendu de l’Assemblée et le vote d’un vice-président, afin de structurer notre fonctionnement avant d’ouvrir ce chantier plus politique.
Peut-être aurais-je dû inverser l’ordre.
J’assume ce choix, et j’entends les critiques sur ce point.
Mais cela ne change pas le fond.
Car si demain une dérive autoritaire, une forme de dictature ou une concentration excessive du pouvoir venait à s’installer, alors une Assemblée sans outils, sans traditions, sans réflexes institutionnels… n’aurait plus aucun poids.
Et il serait trop tard pour regretter de ne pas avoir renforcé son rôle plus tôt.
Le pouvoir parlementaire ne se décrète pas.
Il se construit, se pratique, se défend.
C’est exactement ce que nous essayons de faire.
Alors oui, il faut débattre.
Oui, il faut contester.
Mais surtout, il faut bâtir.
Car une Assemblée forte ne repose pas sur les personnes, mais sur les mécanismes qu’elle se donne.
Et c’est cela que je défends.
Le reste — les querelles de personnes, les sous-entendus, les relectures émotionnelles de vieux débats — amuse peut-être la galerie, mais ne renforce pas nos institutions.
Construisons donc un Parlement capable de contrôler, d’alerter, de sanctionner si nécessaire.
Parce qu’un contre-pouvoir qui n’existe que sur le papier n’est qu’un décor.
Et je préfère une Assemblée qui agit qu’une Assemblée qui commente.
Présidentiellement,
chlochlos