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Roman : Avis de tempête

avatar jessicaparker
De jessicaparker
Le 29/01/25 à 17:52:44



Chapitre 1 – Un calme trompeur

Dans les jardins du Conseil constitutionnel, BébéAsh jouait paisiblement sous la surveillance attentive de Nounours. Assis en tailleur sur l’herbe, l’enfant s’amusait à empiler de petits cailloux, concentré sur sa tâche avec l’application sérieuse de ceux qui découvrent le monde. À quelques mètres de lui, Nounours, bienveillant et méticuleux, préparait avec grand soin son goûter.

D’un geste précis, il tartinait une épaisse couche de miel doré sur une tranche de pain moelleux, veillant à répartir la douceur sucrée de manière parfaitement homogène. Il savait que BébéAsh adorait le miel, mais il savait aussi qu’il ne fallait pas trop en mettre, sinon cela coulerait sur ses petites mains et attirerait les abeilles. Il pliait ainsi la serviette à côté de l’assiette, s’assurant que tout soit prêt pour un goûter impeccable.

De la fenêtre de son bureau, le Cardinal Pougne observait cette scène avec une certaine tendresse. Nounours prenait son rôle très au sérieux, comme un gardien dévoué, veillant au bien-être du petit avec une douceur qui contrastait avec sa carrure imposante.

Tout semblait calme. Trop calme.

Ailleurs dans le palais, chacun vaquait à ses occupations habituelles :
• Le sénateur Ouioui, toujours aussi méthodique dans ses pratiques douteuses, peaufinaient ses sondages truqués, veillant à ce que les résultats reflètent exactement ce qu’il voulait qu’ils reflètent. Un ajustement ici, un pourcentage déplacé là, et le tour était joué.

• Le président Pathou, lui, se livrait à une autre forme d’introspection. Debout devant un immense miroir doré, il se scrutait sous tous les angles, pinçant les bourrelets apparus récemment sous son menton. « Bon sang, j’ai encore grossi… » marmonna-t-il en ajustant son écharpe présidentielle.

• Matha, quant à elle, avait trouvé refuge près de la cheminée du grand salon. Installée dans un fauteuil de velours rouge, elle lisait un ouvrage intitulé “L’art de rester zen face aux idiots” et hochait la tête à chaque passage particulièrement pertinent.

• Defaitus, en quête de nouvelles distractions, avait embarqué sa grande-tante Mémère pour une croisière lointaine, loin des querelles politiques.

• Diesel de St Étienne noircissait des pages entières de formules grandiloquentes pour son prochain discours. Chaque phrase était plus pompeuse que la précédente, et il se relisait avec un sourire satisfait, convaincu de son génie rhétorique.

• Olivia, la journaliste, d’ordinaire si prompte à dévoiler des scandales, était étrangement silencieuse. Trop silencieuse.

• Nono, lui, avait tout bonnement disparu. Il s’était réfugié dans sa cabane au fond des bois, comme il le faisait à chaque fois qu’il sentait que les choses allaient mal tourner.

• Didi, fraîchement nommé ministre, s’activait à la recherche de nouvelles idées. Il griffonnait des propositions ambitieuses sur des feuilles volantes, rêvant d’un coup d’éclat politique.

Tout semblait tourner selon une routine bien huilée. Mais soudain, un changement brutal s’opéra.

Un vent glacial s’engouffra dans les couloirs du palais, faisant claquer les volets et tressaillir les gardes en faction. La température chuta en quelques minutes. Un instant plus tôt, le ciel était clair, et voilà qu’une neige lourde et épaisse s’abattait sur la capitale, recouvrant les toits d’un voile blanc aussi soudain qu’inquiétant.

Pougne fronça les sourcils en observant la tempête. Ce n’est pas normal…, pensa-t-il. Il avait appris à reconnaître les signes avant-coureurs d’un bouleversement. Et ce froid mordant en était un, sans l’ombre d’un doute.

Des pas précipités résonnèrent soudainement dans les couloirs du palais. La porte du bureau de Pougne s’ouvrit à la volée, laissant entrer un PierreSansValeur hors d’haleine, les joues rougies par l’effort. Il se précipita vers le bureau et s’écria d’une voix paniquée :

— Monseigneur, c’est catastrophique, ils reviennent !!!

Pougne ne bougea pas d’un cil. Son instinct ne l’avait pas trompé.

— Qui ça, “ils” ? demanda-t-il d’un ton neutre.

PierreSansValeur eut un frisson avant de lâcher la terrible nouvelle :

— Gargamel et son chien de chasse, Danger… Et ils ne sont pas seuls. Ils sont accompagnés d’une femme… une femme étrange… extrêmement laide. Elle se fait appeler “La Poilue”.

Un silence pesant s’installa dans la pièce.

Pougne ferma les yeux, inspira profondément, puis les rouvrit en levant les yeux au ciel.

— C’est bien ce que je disais… Tout était bien trop calme.
avatar pathybulaire
De pathybulaire
Le 29/01/25 à 19:31:22

Toujours un bonheur ces sujets :)
avatar raseedepres
De raseedepres
Le 29/01/25 à 20:14:07

Ouaissssss, j’attends la suite…
avatar renau
De renau
Le 29/01/25 à 20:27:07

Pourquoi je m'enferme toujours dans ma cabane en bois moi?
Jamais on me voit danser le Tango argentin avec une sublime brésilienne ?
Ou faire une démonstration de pôle danse devant une tribune d'ex miss V)M?
Ou je sais pas pas moi un truc bien quoi ^^
Quand je dis un truc bien je dis un truc qui me correspond ^^
Sinon le reste est parfait ma Jess
avatar jessicaparker
De jessicaparker
Le 29/01/25 à 21:03:32

Je note vos remarques ;-)
avatar sprky
De sprky
Le 29/01/25 à 22:56:06

Mouais pas mal.
avatar vinicius
De vinicius
Le 31/01/25 à 23:34:03

On a parlé de sublime brésilienne ?!

Héhé saaaaaaamba !!! ^^

Pourquoi j'ai toujours l'impression d'être là potiche de service qui ne sert à rien dans l'histoire ? Lol
avatar papyc
De papyc
Le 01/02/25 à 08:37:01

À ton avis ?

Je suis déjà loin >>>>>>>>>>
avatar jessicaparker
De jessicaparker
Le 01/02/25 à 08:55:38

@vinicius si tu regardes bien tu n’es pas partie seule en croisière…. Peut être ce personnage va t il jouer un rôle important…..
avatar jessicaparker
De jessicaparker
Le 01/02/25 à 09:58:30



Chapitre 2 - Alerte au conseil

Le retour de Gargamel ne pouvait signifier qu’une chose : les ennuis. Le Cardinal Pougne, inquiet, convoqua aussitôt une réunion d’urgence du Conseil. Il ne savait pas encore quelle ampleur allait prendre cette affaire, mais une chose était certaine : il valait mieux ne pas perdre de temps.

Allongée sur un transat en soie, un cocktail à la main, Defaitus profitait du soleil sur le pont de son luxueux navire de croisière. Le ressac des vagues berçait sa tranquillité, quand soudain, son téléphone vibra sur la petite table à côté d’elle. Elle décrocha avec nonchalance.

Quelques instants plus tard, après avoir écouté son interlocuteur, elle raccrocha et haussa les épaules.
— Oh, rien d’important, lança-t-elle d’un ton détaché à sa tante Mémère, qui tricotait un pull d’été improbable à quelques mètres de là. Il paraît que Gargamel est revenu.

Le silence se fit. Mémère, pourtant d’un âge avancé, bondit aussitôt hors de son transat avec une vivacité insoupçonnée.
— Quoi ?! rugit-elle en enfonçant ses lunettes sur son nez. Appelle le jet privé ! On rentre immédiatement… Ça ne va pas se passer comme ça !

Sans attendre de réponse, elle attrapa un petit talkie-walkie et aboya quelques ordres au pilote personnel de la famille. Defaitus, quant à elle, soupira et se replongea dans sa contemplation du large.

Au Conseil, l’ambiance était tout autre.

Autour de la grande table en acajou, l’impatience régnait. Pougne, nerveux, faisait les cent pas. Il détestait attendre et encore plus perdre du temps à gérer l’incompétence des uns et l’inconscience des autres. Nounours, lui, semblait parfaitement détendu, occupé à donner un biberon de lait au miel à BébéAsh, qui suçotait la tétine avec une innocence parfaite.

De l’autre côté de la table, Diesel de Saint-Étienne, marquis autoproclamé et amateur de protocoles stricts, regardait la scène avec un dédain affiché.
— Quelqu’un peut-il m’expliquer pourquoi un enfant est présent dans cette salle ? s’indigna-t-il, les bras croisés.

Pougne lui lança un regard acéré.
— Du calme, mon cher marquis, répondit-il en reprenant son souffle. Nous veillons tous sur cet enfant, que cela vous plaise ou non.

Un silence pesant s’installa. Chacun évitait soigneusement de croiser le regard de Pougne, à l’exception de Matha, imperturbable, qui tournait les pages de son livre comme si tout cela ne la concernait pas.

Soudain, la double porte s’ouvrit dans un fracas tonitruant.

Nono fit son entrée, triomphant, accompagné d’une jeune femme à la chevelure flamboyante et aux atours… fort légers. Une robe de plumes, fendue jusqu’à la hanche, des bas résille, des talons interminables. Tous les regards convergèrent immédiatement vers elle.

Pougne, figé, ouvrit la bouche, mais aucun mot ne vint.

Nono, lui, rayonnait.
— Voici ma nouvelle amie, Laura ! déclara-t-il d’un ton enjoué. Elle était avec moi dans ma cabane quand vous m’avez convoqué. Alors je l’ai amenée, je me suis dit que ça mettrait un peu d’ambiance !

Personne ne répondit. Laura, souriante, agita la main dans un salut gracieux.

— Bien, finit par souffler Pougne, reprenant ses esprits. Nous sommes au complet… ou presque.

Il jeta un coup d’œil à la chaise vide de Defaitus et soupira.
— Madame est en vacances, elle ne se joindra pas à nous.

L’atmosphère, déjà lourde, semblait s’être encore épaissie. L’ombre de Gargamel planait sur le Conseil, et personne ne savait encore à quel point ce retour allait bouleverser leurs plans.

La réunion pouvait commencer.
avatar rahlalaaa
De rahlalaaa
Le 01/02/25 à 21:14:36

La ça me plaît bien ^^
avatar raseedepres
De raseedepres
Le 01/02/25 à 21:31:47

Suis pas là...

Next

(Ma pauvre ^^)
avatar jessicaparker
De jessicaparker
Le 03/02/25 à 11:34:15

Chapitre 3 : faut pas pousser mémé dans les orties.



Le Cardinal Pougne se racla la gorge et fixa l’assemblée d’un regard grave.

— Mes amis, Gargamel, Danger et… la Poilue arrivent.

Un silence pesant tomba sur la salle du Conseil. Nounours cessa de bercer BébéAsh, Diesel de Saint-Étienne, toujours raide comme un piquet, pinça les lèvres avec mépris, tandis que Nono, occupé à murmurer des mots doux à sa danseuse du Moulin Rouge, arqua un sourcil distrait.

Pougne inspira profondément. Il savait que cette discussion s’annonçait périlleuse. Gargamel n’était jamais un adversaire facile, et cette fois-ci, ses intentions restaient un mystère. Mais plus encore, c’était cette fameuse Poilue qui intriguait le Cardinal. Peu de personnes avaient eu l’occasion de la voir de près, et les rumeurs allaient bon train. On disait qu’elle était d’une laideur monstrueuse, une véritable calamité pour les yeux. Pourtant, Pougne, avec la sagesse qu’ont les hommes de foi, savait bien qu’il ne fallait pas toujours croire aux légendes.

Un claquement de bottes retentit dans le couloir. Les portes s’ouvrirent à la volée et les trois intrus firent leur entrée.

Gargamel, fidèle à lui-même, ne prit même pas la peine de saluer qui que ce soit. Il s’avança d’un pas décidé et lança sans préambule :

— Je viens déposer ma candidature à la présidentielle.

Un soupir collectif s’éleva. Pougne, impassible, leva les yeux au ciel.

— Gargamel, la prochaine présidentielle n’est pas d’actualité.

L’intéressé esquissa un sourire suffisant.

— Je reviens, et quand je reviens, il y a présidentielle. C’est comme ça. En plus, vous avez élu un individu qui ne pense qu’à s’enrichir et ne fait absolument rien.

Pathou, jusque-là nonchalamment installé, manqua de s’étouffer. Son visage vira au rouge, mais avant qu’il ne puisse répliquer, une petite voix brisa le silence.

— Patapouf rigolo, Gargamel caca.

Tous se tournèrent vers BébéAsh, qui, installé sur les genoux de Nounours, le regardait avec ses grands yeux innocents. Nounours lui tapota la tête avec bienveillance.

Un ricanement secoua l’assistance. Même Danger, pourtant réputé pour être un monstre insensible et cruel, sembla momentanément attendri par l’enfant.

Mais Pougne, lui, ne riait pas. Son regard s’était posé sur la Poilue, qui n’avait pas prononcé un seul mot depuis son entrée. Elle se tenait en retrait, droite comme une statue, observant la scène d’un air impénétrable. Contrairement aux rumeurs, elle ne semblait pas hideuse… en réalité, elle portait une armure de chevalier, et ce qui passait pour un visage difforme n’était qu’un masque. Une vieille tradition exigeait que toute femme chevalier cache sa beauté sous un masque de fer.

Curieusement, elle ne quittait pas des yeux le marquis Diesel de Saint-Étienne, qui, figé dans sa posture rigide, paraissait aussi mal à l’aise qu’un chat dans une baignoire.

Pougne reporta son attention sur Gargamel et, d’un ton faussement affable, lui demanda :

— Et quel serait votre programme, au juste ?

Gargamel cligna des yeux, pris au dépourvu. Il jeta un regard incertain vers Danger.

— C’est quoi déjà notre programme ?

Danger se pencha à son oreille et murmura quelques mots.

Un sourire satisfait se dessina sur les lèvres de Gargamel.

— Ah oui ! Notre programme, c’est simple : on a changé !

Un silence sidéré suivit cette déclaration. Puis, sans prévenir, un coup sec de canne s’abattit sur le crâne de Gargamel.

— Abruti ! Mauvaise personne ! Infâme imbécile ! Retourne d’où tu viens !

Tous sursautèrent. Mémère venait de faire irruption dans la salle, furieuse, sa canne levée, prête à en asséner un autre coup.

— Je t’avais chassé une fois, et je le referai s’il le faut !

Juste derrière elle, Defaitus apparut, l’air plus contrariée par ses vacances écourtées que par la situation politique.

Face à cette tempête inattendue, Gargamel, Danger et la Poilue reculèrent. Puis, sans demander leur reste, ils battirent en retraite.

Mais pour combien de temps ?

avatar rsk
De rsk
Le 03/02/25 à 12:03:37

Pour l’instant ça passe …
avatar raseedepres
De raseedepres
Le 03/02/25 à 14:56:51

La poilue peut elle devenir maîtresse de ce monde merveilleux après avoir dévoilé son vrai visage et sa vraie personnalité ? N'as tu pas oublié de citer le Tamanoir canadien, son plus terrible ennemi qui fouille les immondices à la recherche de sa pitance ?
avatar vieillebique
De vieillebique
Le 04/02/25 à 09:14:38

Je crois que je vais adorer ce roman ! ^^
avatar ourson
De ourson
Le 04/02/25 à 20:32:04

J’adore :)
avatar renau
De renau
Le 05/02/25 à 19:41:15

Ou en sont mes Danseuses argentinobresilennes?
avatar jessicaparker
De jessicaparker
Le 06/02/25 à 18:40:46


Chapitre 4 La vie Normale


Dans la cabane de Nono, le parfum du thé flottait dans l’air, mêlé aux effluves de bois sec et de tabac froid. Mémère, emmitouflée dans un châle aux motifs démodés, serrait sa tasse entre ses doigts noueux, jetant des regards suspicieux autour d’elle.

— Faut dire que t’es bien installé ici, Nono. Trop bien même. J’sais pas pourquoi, mais ça m’inquiète…

Nono, accoudé à la table, sourit distraitement tout en jouant avec sa cuillère. Il savait où cette conversation allait mener.

— Oh, et puis tiens, tant qu’on parle d’inquiétude ! Tu sais qui est revenu en ville ? Ce bon à rien de Gargamel ! Un fieffé gredin, un maraud de la pire espèce, une fripouille sans foi ni loi !

Nono hocha la tête, vaguement amusé.

— Un vaurien, un bélître, une canaille… c’est bien ça que tu veux dire, Mémère ?

Elle tapa du poing sur la table, manquant de renverser son thé.

— Exactement ! Tu me comprends, toi ! Mais ça me dépasse… Comment peut-on encore lui faire confiance après tout ce qu’il a fait ? Ce scélérat revient toujours, comme une verrue dont on n’arrive pas à se débarrasser !

Nono continuait d’acquiescer poliment, mais son esprit était ailleurs. Plus précisément, à des milliers de kilomètres d’ici, sur une plage ensoleillée où l’attendaient ses amies brésiliennes. Il s’imaginait déjà trinquant avec elles sous un ciel orangé, loin des lamentations de Mémère.

— Tu m’écoutes, au moins ?

— Bien sûr, bien sûr… un fieffé gredin, tu disais ?

— Un vrai bandit, oui ! Et je te le dis, si personne ne fait rien, ce faquin de bas étage va encore semer la zizanie !

Nono sourit, mais ne répondit rien. Dans le fond, Mémère n’avait pas tort.


Dans sa cuisine, Nounours découpait soigneusement des légumes, concentré sur son ouvrage. Le dîner devait être parfait. Il jetait de temps en temps un coup d’œil à BébéAsh, installé à table, qui barbouillait du miel sur ses doigts tout en chantonnant un alphabet approximatif.

— A… B… Z… T…

— Non, BébéAsh, on recommence. A, B, C…

Mais le petit n’écoutait déjà plus. Son regard s’était fixé sur le journal posé devant lui , où trônait la photo de Pathou en une. Il pointa du doigt l’image et éclata de rire.

— Patapouf !

Nounours suspendit son geste, un sourire en coin.

— BébéAsh, ce n’est pas très gentil…

Mais le petit continuait de rire à gorge déployée, répétant son invention avec fierté.

— Patapouf ! Patapouf !

Nounours soupira, puis secoua la tête avec indulgence.

— Bon, on va éviter de dire ça devant lui, d’accord ?

— D’accord, Patapouf !

Il leva les yeux au ciel. Ça promettait…



Dans sa grotte froide et austère, Gargamel fixait les flammes vacillantes de l’âtre d’un air morose. Il serra les poings, secoua la tête, puis se tourna vers son bras droit, Danger, qui était occupé à affûter un petit canif d’un air distrait.

— Personne ne m’aime, Danger…

L’autre ne leva même pas les yeux.

— Hmm…

— Je fais pourtant des efforts. J’essaie d’être quelqu’un de bien. Mais quoi que je fasse, ils me rejettent tous…

Danger hocha la tête machinalement, feignant l’écoute.

— Tu comprends ça, toi ?!

— Évidemment, Gargamel…

Mais en réalité, Danger n’en avait rien à faire. Il était déjà en train de cogiter, son esprit tournant à plein régime sur un tout autre sujet : comment s’emparer du pouvoir. Un plan vicieux, retors, digne des plus grands stratèges. Tandis que Gargamel se lamentait, Danger calculait. Et bientôt, très bientôt, il frapperait…


La Poilue sortait à peine de son bain lorsqu’on frappa à sa porte. Elle resserra son peignoir, jeta un œil suspicieux par l’entrebâillement, puis ouvrit lentement.

— Madame ! Laissez-moi vous présenter une méthode infaillible pour gagner une élection !

Elle plissa les yeux. Face à elle, un homme à l’air satisfait lui tendait une brochure.

— Chaque jour, vous dépensez 18 millions et 59 crédits, et vous perdez 5 % dans les sondages !

Un silence. Puis un long regard méprisant.

— … Pardon ?

— Une stratégie éprouvée ! Vous voyez, moi-même, à chaque élection, je finis dernier ! Preuve que ça fonctionne parfaitement !

La Poilue cligna des yeux, l’observant comme s’il venait de lui réciter la table de multiplication de -3. Puis, lentement, elle referma la porte.

— Dégage.

Il y eut un silence. Puis un raclement de gorge de l’autre côté.

— Donc… c’est un non ?

La porte resta close.


Dans les rues de VPM, Olivia marchait tranquillement. Puis, en passant devant la fenêtre du Marquis de St Étienne, elle s’arrêta net.

Elle jeta un coup d’œil à l’intérieur… et ce qu’elle vit la fit sourire.

Le Marquis était là, en slip, s’admirant dans un miroir, ajustant sa coiffure avec un soin presque religieux. Il faisait des pauses, prenait des poses, testait des sourires… On aurait dit qu’il se préparait à un rendez-vous amoureux.

— Tiens, tiens… Voilà qui est intéressant.

Elle plissa les yeux, observant la scène.

— Une conquête, le Marquis ? Voilà qui mérite une enquête…

Elle nota mentalement cette nouvelle piste.



La nuit s’étendait sur VPM, silencieuse et trompeusement paisible. Tout semblait normal. Bien trop normal.
avatar rahlalaaa
De rahlalaaa
Le 06/02/25 à 20:26:30

Ca se présente bien, je sent que je vais passer de bons moments ^^
avatar rsk
De rsk
Le 06/02/25 à 20:41:29

Sur le fond c’est très sympa mais faut éviter ce genre de mots insultant : Un vaurien, canaille, scélérat, verrue.

Ce sont des mots méprisants et très insultants.
avatar gerayme
De gerayme
Le 06/02/25 à 21:49:56

Hâte de voir la suite :)
avatar raseedepres
De raseedepres
Le 07/02/25 à 09:08:40

Sur le fond c’est très sympa mais faut éviter ce genre de mots insultant : Un vaurien, canaille, scélérat, verrue.

Ce sont des mots méprisants et très insultants.

———————

Ce sont ses ennemis qui parlent. Pas l’auteur. Ils vont pas le traiter de rose des vents ;)
avatar jessicaparker
De jessicaparker
Le 07/02/25 à 09:32:53



Mon cher @Arno,

Je suis sincèrement désolée d’apprendre que la lecture de mon roman vous a causé tant de tracas. Mais permettez-moi de vous rassurer : c’est une œuvre de fiction. Oui, vous avez bien lu, une fiction. Ce qui signifie que tout y est inventé, caricaturé et à prendre avec une bonne dose de second degré (voire de troisième, si vous êtes joueur).

Cela fait maintenant trois romans (quatre si on compte celui de Noël) que mes personnages évoluent dans un univers humoristique et satirique, où personne n’est épargné. Ils ont tous leurs qualités, leurs défauts, leurs exagérations. D’ailleurs, si vous aviez pris le temps de lire mon roman de Noël, vous auriez découvert que ce même “Gargamel”, si terriblement offensé à vos yeux, distribuait des cadeaux aux enfants avec une générosité digne d’un téléfilm de fin d’année. Pas si méchant que ça, non ?

Quant à votre analyse, cher Arno, permettez-moi une question : peut-on vraiment juger un livre entier en isolant un seul paragraphe ? C’est un peu comme critiquer un film après avoir vu trois secondes d’une bande-annonce. Je ne vous en veux pas, bien sûr, mais avouez que c’est un poil léger.

Et parlons maintenant de ces “insultes” qui vous préoccupent tant.
J’ai utilisé vaurien, canaille, scélérat, verrue… Que de violence ! À ce rythme, il faudra bientôt censurer Le Malade Imaginaire sous prétexte que Molière traitait ses personnages de “faquin” et de “maroufle”. Soyons sérieux deux minutes.

Si j’avais voulu être véritablement insultante, croyez-moi, mon vocabulaire me l’aurait largement permis. Mais ici, nous sommes dans un dialogue de fiction, avec un langage adapté au personnage qui le prononce. Ce ne sont ni des attaques personnelles, ni des règlements de comptes déguisés, simplement une histoire avec des personnages hauts en couleur.

Mais je ne suis pas cruelle, cher Arno. Si ce petit passage vous a émotionnellement éprouvé, j’en suis presque désolée. Mais comme le disait fort justement un certain Ourson, je n’oblige personne à lire mes romans, encore moins à les apprécier. Ils sont là pour divertir. Si ce n’est pas votre tasse de thé, buvez autre chose.

Sur ce, excellente journée à vous et bonne lecture (ou non, au choix).
avatar dens
De dens
Le 07/02/25 à 10:06:46

Sur le fond c’est très sympa mais faut éviter ce genre de mots insultant : Un vaurien, canaille, scélérat, verrue.

Ce sont des mots méprisants et très insultants.

@Rsk, comme tu sembles t'y connaître en mots méprisants et très insultants, je voudrais ton avis sur "lâche", "menteur" et "pauvre tâche" dont tu es l'auteur sur la tchat local de Toulouse et en mp.

D'avance merci.
Bisous.
avatar arnoindaplace
De arnoindaplace
Le 07/02/25 à 11:26:01

Je dis juste que les mots on un sens. Si à la moindre critique de forme et non de fond, l’autrice se met en position défensive….

Faut savoir accepter la critique positive ma chère.

avatar ashjunior
De ashjunior
Le 07/02/25 à 11:32:51

Les mots ont un sens oui effectivement. C est bien ce qu on essayes de vous expliquer mon cher .

Je suis ravie de voir que c’est enfin arrivé à vos neurones.

Il reste de l’espoir
avatar ashjunior
De ashjunior
Le 07/02/25 à 11:34:42


“Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! … Ahhh !

“Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! … Ahhh ! … Ah !”

“Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! … Ahhh ! … Ah !”

Forcément ça marche moins bien
avatar arnoindaplace
De arnoindaplace
Le 07/02/25 à 11:38:14

Ta pas autres a faire gamin ? Et reste a ta place. Laisse les adultes discuter.
avatar ashjunior
De ashjunior
Le 07/02/25 à 11:56:09

* Pouce

Mais euh tu vois pas que je joue à une animation hein . Tsssss

*fin du pouce

Ah ah ah ah ah
avatar arnoindaplace
De arnoindaplace
Le 07/02/25 à 11:58:48

Ok super. Mais n’oublie pas que l’école c’est le plus important gamin.
avatar rsk
De rsk
Le 09/02/25 à 15:11:31

Petit partage d'une poésie en l'honneur de Toulouse. Une bonne note s'impose :

Ô Toulouse, perle du Midi,
Ville d’orgueil, sans bigoudi,
Tes rues chantent en mille langues,
Polyglotte, vive, jamais exsangue.

Princesse fière de la Garonne,
Dans ton cœur, la flamme résonne,
L'agriculture nourrit ta plaine,
Tandis qu’au ciel, l’Airbus règne.

Mais voici segalle, triste destin,
À force de mensonges, il parle en vain,
Un épouvantail aux discours fanés,
Sans graine, sans fruit, sans passé.

Et que dire de vpmvotezpourmoi ?
Un pantin sans âme, en quête de voix,
Il promet tout, il n’a rien,
Toulouse le rira bien loin demain !

Car toi, cité rose, pleine d’éclat,
Tu ne plies pas pour ces faux rois,
Ton peuple fier choisira bien,
Et ce soir, c'est moi qui tends la main !
avatar ashjunior
De ashjunior
Le 09/02/25 à 22:27:09

Dis le monsieur qui parle bien

Evenement du jour (Toulouse)
arnoindaplace est accusé de tentative de corruption sur 8 personnalités
Impact : -8 %

tu peux en faire tous les jours des poèmes sur Toulouse hein.
t as des choses a te faire pardonner ....
avatar arnoindaplace
De arnoindaplace
Le 09/02/25 à 22:42:30

Juju,

Je voulais t'envoyer 10 crédits pour ton anniversaire ...
avatar ashjunior
De ashjunior
Le 09/02/25 à 23:51:47

Junior il a dit pas de cadeau hein seulement des messages pour ceux qui veulent
avatar vinicius
De vinicius
Le 27/03/25 à 20:14:32

Jess ayant abandonné l'écriture de son livre, je me suis permise une petite suite... ^^


Chapitre 5 – Un calme inquiétant

Dans la cabane de Nono, le silence était presque palpable. Seul le bruit du bois qui crépitait dans le poêle venait troubler cette étrange quiétude. Mémère, bien emmitouflée dans son châle élimé, fixait le vide, les sourcils froncés, la tasse de thé suspendue à mi-chemin entre la table et sa bouche.

Nono, accoudé à la table, la regarda du coin de l’œil et soupira.

— Bon, accouche, Mémère. Qu’est-ce qui te chiffonne encore ?

Elle tapota la table du bout des doigts, l’air soucieux.

— C’est trop calme, mon garçon. Beaucoup trop calme.

— C’est pas plus mal, non ? rétorqua Nono en haussant les épaules.

Mais Mémère n’était pas dupe. Elle savait que sur VPM, quand tout était calme, c’est qu’un coup tordu se préparait. Un de ces coups en douce qui vous tombe dessus au moment où vous vous y attendez le moins.

— J’te le dis, ça sent l’embrouille. Y’a plus de clashs, plus de magouilles, plus de pleurnicheries sur les reports… Même les râleurs habituels ont disparu !

Elle plissa les yeux, comme si elle analysait un complot invisible.

— Ils mijotent un truc, c’est sûr. Et moi, Mémère, j’suis pas née de la dernière pluie.

Sans attendre, elle se leva d’un bond, attrapa son vieux manteau râpé et se dirigea vers la porte.

— Tu vas où ? s’étonna Nono.

— En mission.

— Une mission… ?

— Ouais. J’vais mener l’enquête.

Nono roula des yeux mais ne chercha pas à l’arrêter. Rien ni personne ne pouvait dissuader Mémère quand elle avait une idée en tête.


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Dans les rues de VPM, le silence régnait en maître. Un silence si pesant qu’on aurait pu entendre un bulletin de vote tomber dans une urne truquée.

Mémère marchait d’un pas décidé, ses bottines claquant sur les pavés. Elle jetait des regards soupçonneux autour d’elle.

Rien.

Pas un débat houleux devant la mairie. Pas de réunions secrètes dans les ruelles sombres. Pas de cris indignés de candidats outragés.

Elle plissa les yeux.

— C’est louche… très louche…

Elle tourna au coin de la rue et tomba nez à nez avec BébéAsh, occupé à tracer des dessins maladroits à la craie sur le trottoir.

— Toi, le mioche, t’as pas remarqué un truc bizarre ?

BébéAsh releva la tête, une tache de miel sur le menton.

— C’est calme, hein, Mémère ?

— Trop calme, marmonna-t-elle en scrutant les alentours.

BébéAsh haussa les épaules et retourna à son gribouillage.

Mémère, elle, continua son chemin. Elle passa devant la permanence électorale de Defaitus. Fermée.

— Bah voyons…

Puis devant le QG de Pathou. Fermé aussi.

— Ah, non, c’est pas normal ça…

Elle accéléra le pas, traversa la place principale, et arriva devant la taverne du Marquis de St Étienne.

Elle poussa la porte, s’attendant à y trouver un semblant d’animation. Mais non.

Le Marquis était seul, en train de faire briller une coupe vide.

— Mais qu’est-ce que tu fabriques, le noble ? grogna-t-elle.

Il haussa un sourcil et lui fit un sourire éclatant.

— J’attends que la vie revienne, chère Mémère. Mais elle tarde…

Mémère sentit un frisson lui parcourir l’échine. Elle s’installa à une table, posa les coudes dessus et fixa le Marquis droit dans les yeux.

— Écoute-moi bien, fils de l’aristocratie. Un silence pareil, c’est jamais bon signe. Quelqu’un tire les ficelles.

Le Marquis haussa les épaules.

— Ou alors… personne ne les tire plus.

Mémère resta figée.

— … Tu veux dire que VPM est devenu trop calme parce que tout le monde s’en fout ?

— Exactement.

Un frisson glacé lui parcourut l’échine.

— Oh non, c’est pire que ce que je croyais…

Elle se leva d’un bond.

— Y’a qu’une seule solution !

Le Marquis sourit, déjà devinant la suite.

— Remettre un peu de bazar ?

Mémère frappa du poing sur la table.

— Exactement !

Et sur ces mots, elle sortit en trombe.

La nuit était tombée sur VPM, et dans l’ombre, Mémère était déjà prête à rallumer la flamme.

Il était temps de secouer tout ce petit monde…