De
roycoLe 27/03/26 à 13:25:03
Ce topic mérite de remonter dans les topics en vu. J'en profite donc pour vous raconter une petite histoire à méditer :
"Il était une fois, dans la petite boulangerie de VPM, nichée entre une plage où l'on se réunit tard le soir, et un petit salon aux allures de restaurant, une sujet qui créa une étrange tension.
Depuis quelques jours en effet, un nouveau venu avait fait son apparition dans la vitrine. Doré, séduisant, à la prononciation chantante, il se présentait fièrement : "Je suis la chocolatine".
Les Vpmiens, d’abord intrigués, avaient pour certains vite succombé à son charme. D'eux d'entre eux, et pas des moindre, avaient même lancer un parti politique portant son nom... Il faut dire que la chocolatine parlait avec assurance, évoquait des traditions anciennes, prétendait incarner l’authenticité du terroir.
À côté, plus discret, reposait une autre viennoiserie. Moins bavarde, moins flamboyante peut-être. En tout cas, installée en vitrine depuis suffisament longtemps pour ne pas avoir besoin d'en faire des tonnes. Cette viennoiserie se présentait simplement en murmurant : "Je suis le pain au chocolat".
Mais l'obscur lobbying de la chocolatine fit qu'on le regardait à peine. Certains murmuraient même qu’il était fade, trop classique, sans personnalité. La chocolatine, elle, ne manquait jamais une occasion de le tourner en ridicule : "Voyez comme il est terne ! Sans histoire, sans caractère… un nom banal pour un produit banal". Heureusement, quelques sages conservèrent leur attachement au pain au chocolat. Ils étaient souvent décriés, pointés du doigts, moqués. Mais ils avaient la foi, ils savaient au fond d'eux que leur combat en valaient la peine. Leur parti n'avait-il pas été créé avant même que le mot chocolatine surgisse des enfers ?
Mais les jours passaient, et la foule vpmienne semblait pencher de plus en plus du côté de la chocolatine. Par conviction ? Par crainte des répercussions ? Par esprit de contradiction ? Qu'importe, le doute était semé dans les esprits, et il était même question d'envisager un référendum national pour enfin trancher... Le vote populaire peut-il remplacer la vérité ?
Mais un matin, une auguste personne entra dans la boulangerie. Elle observa longuement la vitrine, puis demanda au boulanger : "-Dites-moi, depuis quand faites-vous des chocolatines ?"
Le boulanger hésita. "Eh bien… depuis peu, madame. Elles ont beaucoup de succès."
La femme, tout de blanc vêtue, plissa les yeux. Elle s’approcha de la vitre, regarda attentivement la fameuse chocolatine, puis le pain au chocolat à côté. Son regard semblait sonder ce qui se trouve au coeur même des viennoiseries. Puis, en un sourire, elle souffla : "Curieux.Très curieux'.
La chocolatine, piquée, s’exclama : "Qu’y a-t-il de curieux ? Je suis ce qu’il y a de plus authentique ici !"
La belle dame se redressa, leva son voile et un silence soudain se fit. Le peuple Vpmien attiré par l'aura chaleureuse qui émanait de la boulangerie s'attroupa et, découvrant l'hôte qui se tenait dans la boulangerie, n'osa dire mot.
"Tu es une imposture". Un murmure parcourut la boutique et la rue.
"Tu n’es qu’un nom emprunté, un masque, un objet marketing. On t’a donné une histoire que tu n’as pas vécue. Tu séduis, oui… mais tu ne dis pas la vérité de ce que tu es". Elle se tourna alors vers le pain au chocolat et déclara : "Lui, en revanche, il n’a jamais cherché à paraître autre chose. Il porte un nom simple, transparent. Il ne prétend pas séduire, il est fidèle à lui-même. Et c’est cela, la véritable légitimité".
Un silence profond suivit ses paroles. Aletheia, fille de Cronos et mère de la vertu, déesse de la Vérité avait parlé.
Vpmien, Vpmienne,
Toi qui a lu jusqu'au bout cette fable, souviens-toi qu'Ésope remarquait déjà que beaucoup préférèrent les beaux discours à la simple vérité. Or, comme il l'écrivait de sa plume : "Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute".
Ne vous laissez plus berner par les partisans de la chocolatine et suivez l'exemple avisé d'Aletheia : "La vérité ne se décide pas, elle se dévoile".